Ne confondez pas stratégie et tactique

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Une partie d’échecs nécessite des dons pour la stratégie au même titre que la guerre, la politique ou n’importe quelle conduite de négociation.

Les raisons profondes du rapprochement échecs/politique et échecs/guerre est que la science des échecs comprend la stratégie qui définit les objectifs à atteindre et la tactique qui cherche les moyens d’y parvenir. Dans la vie, il ne faut jamais confondre stratégie et tactique. Si l’objectif final est bien de gagner la partie, la stratégie se doit de définir des objectifs intermédiaires.

Le jeu d’échec est aussi un art qui a une certaine parenté avec le théâtre, surtout dans son exigence d’accélération. Comme dans nos interactions avec les autres (travail, amitié, amour), la façon de conduire une partie d’échec révèle la personnalité de celui qui joue et sa capacité à percer les intentions de l’adversaire, à réfléchir sur une réalité donnée pour sélectionner la meilleur ligne de jeu possible pour conduire à la victoire. Elle révèle aussi un furieux désir de vaincre.

Le jeu d’échec n’est pas une distraction reposante, il nécessite une extrême tension mentale pour contrôler son imagination créatrice et déterminer les buts intermédiaires à atteindre et les moyens de les atteindre.

Parmi les joueurs d’échecs célèbres, des hommes politiques (Charles Quint, Catherine de Médicie, Robespierre, Talleyrand, Napoléon Ie, Lénine, Staline, Fidel Castro…), des scientifiques (Galilée, Leibnitz, Monge, Gauss…) un peintre de classe internationale: Marcel Duchamp, des musiciens (Chopin, Serge Prokofiev…), des écrivains (Rabelais, Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Alfred de Musset, Tolstoï, Queneau, Borgès…).

légende de la gravure : une partie d’échecs au XVe siècle

Mieux vaut ne pas promettre quelque chose que l’on ne sait pas évaluer!
Tout le monde connaît la légende du brahmane indien Sissa qui cherchait à amuser son roi atteint de neurasthénie et que tout ennuyait. Il lui invente le jeu d’échecs, le roi se passionne et offre au brahmane de choisir sa récompense.
Le brahmane, pour instruire son maître, dui dit:
« fais mettre, un grain de blé sur la première case d’un échiquier, deux sur la seconde case, quatre sur la troisième et ainsi de suite en doublant le nombre de grains de blés jusqu’à la 64e case. »
Le souverain lui fait donner un sac de blé pensant s’être largement acquitté, mais le sage refuse, demandant son dû. C’est alors que le prince s’aperçut que toutes les richesses du royaume n’y suffiraient pas puisque le décompte exact est 2 puissance 63 soit 18 quintillions, 446 quadrillions, 744 trillions, 073 billions, 709 millions, 551 mille 615 grains de blé.
Dans le musée rétrospectif de l’Exposition Universelle de 1900 à Paris, il est dit que la composition des pièces, leur manière de se mouvoir, le nom qu’elles ont porté à l’origine décèle à coup sûr une origine indienne. D’après l’auteur arabe Al Sephadi, les échecs auraient été inventés au Ve siècle :
“Schéram, roi d’une partie de l’Inde, gouvernait ses peuples d’une manière si folle, qu’en quelques années, il réduisit son royaume à l’état le plus malheureux. Les Brahmines et les Rayas, lui ayant fait d’humbles remontrances, furent disgraciés en masse. Alors Sessa, fils de Daher, de la caste des Brahmines, plus prudent que les autres, chercha un moyen de donner au roi une leçon qui ne put le fâcher. Il faut assez heureux pour imaginer l’ingénieux jeu des échecs, où le roi, quoique la plus importante pièce, ne peut faire un pas sans le secours de ses sujets, les pions.”
Le souverain, profondément impressionné, accorda à l’ingénieux inventeur le choix de sa récompense. Sessa voulut donner à son souverain une leçon de prudence:
« fais mettre, un grain de blé sur la première case d’un échiquier, deux sur la seconde case, quatre sur la troisième et ainsi de suite en doublant le nombre de grains de blés jusqu’à la 64e case. »
Le souverain lui fait donner un sac de blé pensant s’être largement acquitté, mais le sage refuse, demandant son dû.
Le prince demande alors à ses trésoriers de faire le calcul : 2 puissance 63 soit 18 quintillions, 446 quadrillions, 744 trillions, 073 billions, 709 millions, 551 mille 615 grains de blé.
Le prince s’aperçoit, dépité, que toutes les richesses du royaume n’y suffiraient pas.
L’histoire ne dit pas quel présent le roi fit à Sessa en remplacement de cet impossible cadeau!
Morale : il ne faut jamais promettre quelque chose que l’on ne comprend pas
Le mot échec viendrait dont du sanscrit schthrantsch qui désigne les principales partie d’une ancienne armée indienne; on trouve aussi la désignation de schatrengi qui veut dire jeu du Shah ou du Schek.

Première partie d’échec contre une machine : Napoléon contre l’automate
echecdullinLe joueur d’échec, film de Raymond Bernard de 1924, d’après le roman de Dupuy-Mazuel, met en scène Charles Dullin dans le rôle du baron de Kempelen. Je passerai sous silence l’intrigue mélodramatico-historique de ce film situé en 1776, qui raconte un épisode réel de la lutte de la Pologne démembrée contre l’autocratisme de Catherine II.
L’énigmatique baron de Kempelen est hongrois, la rumeur l’accuse de sorcellerie. Enfermé dans sa demeure de Vilna, il fabrique des automates qui n’ont pas seulement l’apparence humaine, mais se meuvent comme des êtres véritables…doués d’intelligence. Parmi ses androïdes, un joueur d’échecs à tête de grand turc, qui connaît très vite une immense réputation : “ce soir, le baron de Kempelen exhibera la merveille du siècle, l’automate joueur d’échecs, qui battre tous les adversaires qui se présentent, quels qu’ils soient!”. Et l’automate tenait sa promesse. Catherine II de Russie, qui se pique d’être la meilleure joueuse d’échecs de tout l’empire, demande à ce qu’on lui envoie l’automate. Et celui-ci commence à gagner. Dépitée Catherine II essaie de tricher, c’est alors que l’automate balaie d’un revers de main toutes les pièces de l’échiquier. Catherine II ordonne alors de fusiller l’automate qui a commis un crime de lèse majesté en gagnant : “ce sera un spectacle des plus divertissants”.
Le peloton est commandé, les fusils partent et soudain un cri monte de la foule : “l’automate saigne”. C’est le baron lui-même qui est mortellement blessé (en fait il avait pris la place du chef de la révolte polonaise qu’il faisait évader en le cachant dans l’automate et c’était ce champion d’échec polonais qui gagnait toutes les parties). Mais, tout fusillé qu’il était, si le baron était mort, l’automate, lui n’en continua pas moins sa carrière. En 1809, il se trouve à Schönbrunn et on propose à Napoléon de jouer contre lui. Un compère était évidemment placé dans l’automate comme lors de la partie contre Catherine II. L’histoire ne dit pas si Napoléon gagna, peut-être le compère était-il moins fort aux échecs que le chef de la révolte polonaise.

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