Les poubelles, c’est pas fait pour les chiens!

recyclage des ordures ménagères (borne pour la cité des sciences)

recyclage des ordures ménagères (borne pour la cité des sciences)

La dégradation d’un détritus jeté dans la nature peut être d’une part physique (transformation en tous petits débris de ce même détritus, à force d’être piétiné, écrasé, etc.) ou chimique, c’est à dire que le détritus est attaqué par des organismes vivants, bactéries, champignons ou algues, et transformé en en éléments divers dépourvus d’effets dommageable sur le milieu naturel (c’est la définition d’une substance biodégradable par le Journal Officiel du 12 avril 2009)….Mais personne ne dit en combien de temps!

Lorsque vous jetez quelque chose dans la rue, vous pensez qu’il y a un service de nettoyage qui va faire le travail pour vous, et que vous avez déjà assez donné avec le tri sélectif.

Lorsque vous jetez quelque chose dans la nature, vous pensez que la nature va se charger de l’éliminer.

Pas très citoyen, cette attitude, pas très agréable pour ceux qui marchent derrière vous!

Biodégradabilité des déchets

La peau de banane que vous avez jetée sur le trottoir en espérant que votre ennemi glisse dessus va mettre 3 à 4 semaines à se dégrader.

Le mouchoir en papier que vous avez abondamment mouillé de votre morve pleine de virus et de bactéries : 3 mois.

Le tract publicitaire qu’on vient de vous donner et qui ne vous intéresse pas : 3 à 12 mois.

Le papier de bonbon, « c’est si petit, il disparaîtra vite » : 5 ans.

Vous fumez sur le pas du porche de votre bureau, une allumette, c’est du bois, c’est biodégradable, oui mais en 6 mois.

La barquette d’ alu dans laquelle vous venez de manger sur le pouce et que vous abandonnez là parce que n’avez pas le temps de trouver une poubelle avant de retourner au boulot  : 200 à 500 ans.

La bouteille en plastique et le gobelet que vous avez acheté pour aller voir le foot et que vous abandonnez négligemment sur le trajet retour : 100 à 1000 ans

Vous avez cassé une bouteille en verre dans la rue : 4000 ans

Piles, batteries : temps infini.

Les motivations qui poussent les citoyens à participer au tri sélectif des ordures

le civisme-citoyenneté est la motivation la plus répandue, bien plus présente que la motivation écologique. Le tri des ordures s’appuie sur un courant ancien et diffus de la société française : le besoin de citoyenneté qui prend deux formes:

le civisme traditionnel d’obéissance : on trie car « c’est obligatoire, il faut le faire »

le civisme moderne, plus actif. On trie car c’est utile, on a l’impression de participer activement à un effort collectif.

– L’insertion/désinsertion dans un tissus social

Trier, c’est faire partie d’un tissu social valorisé et valorisant pour eux.

Fierté d’appartenir à un tissu social reconnu, mode d’insertion pour les  populations « à problèmes », génération de solidarité, pression du contrôle social, risque de stigmatisation des « mauvais jeteurs ».

– Écologie de proximité, cadre de vie

Propreté, esthétisme et cadre de vie : les gens lient le fait de trier les ordures à la volonté de conserver un cadre de vie agréable, propre, non souillé. Parfois une pointe d’écologie bio-affective avec l’idée de transmission d’une planète préservée aux générations futures.

– Compensation de certains excès de la société de consommation

Lutter contre le gaspillage…mais peu de personnes ont une perception claire de ce que deviennent leurs déchets triés.

– L’emploi, une motivation à facettes ambigües et contradictoires

Le tri sélectif, créateur ou destructeur d’emplois

– La convénience, le facilitation de la vie, la practicité

L’acceptation du tri est d’autant plus facile qu’il y a un gain de convénience. Il y a un seuil de perturbation des habitudes et des représentations mentales à ne pas franchir.

On observe cinq typologie des motivations

1- les militants écologistes

2 – les gens de bonne volonté active

3 – les gens à motivations molles et diluées

4 – l’adhésion passive

5 – les opposants très minoritaire

Les types 3 et 4 forment la majorité

(source Eco-Emballage)

La complexité du problème de la gestion des ordures ménagères

– les collectivités locales sont prises dans un casse-tête pour arriver à « mobiliser » le gisement de matériaux que représentent les ordures ménagères. Elles doivent prendre en compte les nouvelles lois, tenir compte de leurs administrés, choisir les bons investissements (la commune doit avoir un volume suffisant de déchets pour justifier la construction d’un incinérateur qui permette de produire de l’électricité ou de la vapeur), choisir les bons flux (1 flux: toutes ordures mélangées – 2 flux: verre et tout le reste mélangé – 3 flux : verre, papier et autres- 4 flux: verre, papier, plastiques, autres)

– Les administrés doivent apprendre à « jeter responsable » et on comprend parfois leur réticence à l’effort lorsqu’on sait que dans ne nombreux cas, les très grandes villes en particulier, ce qu’on s’est donné la peine de trier est tout remixé pour être brûlé, le verre mis à part. Mais il paraît que ça n’est qu’une phase transitoire en attendant que les citoyens trient comme il faut et que cette pratique doit disparaître lorsqu’on saura enfin comment trier économiquement.

J’ai vu récemment une déchetterie où chacun, bien sagement, apportait des remorques pleines de déchets verts…et lorsque les montagnes de « vert » était assez hautes, on y mettait le feu, en plein air. Quelle aberration!

Flux  et récupération des ordures (données 1994 : à vous de voir ce qui a changé en 15 ans!)

– Répartition des différents types d’ordures ménagères : 66,5% d’ordures organiques et non recyclables tel que la porcelaine, 33,5% d’emballages en poids (et 50% en volume)

– Proportion, en poids, des emballages jetés par rapport au total des ordures ménagères : 12% verre, 6% acier-alu, 10% plastiques, 5,5% papier, cartons

– 10 emballages jetés par jour et par ménage…comparez avec aujourd’hui, les capsules Nespresso ont augmenté sensiblement ce chiffre!

– Taux de récupération : 44% du verre et 35% de l’acier (déjà récupéré en sortie d’incinérateur)

– Destination des ordures : 50%  déchetterie, 40% incinérées, 5% compostage, 5% recyclées

– Si les communes bénéficiaient d’un soutien, elles devaient payer l’enlèvement, et même avec la garantie de reprise, le budget est nettement déficitaire:

Verre : soutien 50F/tonne – enlèvement 150 F/tonne

Plastiques : soutien 1500F/tonne – enlèvement gratuit

Papier-carton : soutien 750F/tonne – enlèvement gratuit

Acier : soutien 300F/tonne non incinérée – enlèvement: 50 à 200f/tonne

Misères et grandeurs du tri

– Qu’est ce qui n’est pas recyclable : les déchets organiques (sauf lorsqu’on est obligé de faire les poubelles pour manger!), les vieilles chaussures (les neuves non plus), le textile, la porcelaine et les emballages souillés.

– Les alcooliques mettent leurs bouteilles avec les déchets organiques pour que le voisinage ne puisse pas contrôler leur consommation!

– Eco-emballage de veut pas payer plein pot la tonne de plastique s’il y a 20% de liquide dedans. Pensez  à leurs profits : videz vos bouteilles!

– Quel est le plus grand cauchemar des déchetteries rurales: le gazon qui arrive le lundi (on ne parle pas du cauchemar du citadin qui a décidé de se reposer et qui entend les tondeuses pendant tout le week-end!)

– Au centre de tri, les ordures proviennent en vrac de la benne tasseuse, le pauvre opérateur est souvent obligé d’essayer d’extirper une bouteille de plastique qui s’est « enquillée » dans une boite de conserve!

– Autre vicissitude de l’opérateur de centre de tri : enlever à la pince à épiler, le verre cassé qui s’est malencontreusement faufilé dans des papiers, sinon les industriels ne veulent pas prendre le lot.

– La nouvelle forme de drague, la drague-poubelle : le tri est prétexte d’entrée en matière entre voisins.

– le tri des ordures, le meilleur exercice physique pour le troisième âge : faire un km pour déposer sa bouteille dans le container, ça maintient en forme!

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