Les rituels

Le 22 février 1972, à Beijing, le président Nixon rencontrait le ''grand timonier'' Mao Zedong. L'alliance américano-chinoise se crée contre l'URSS.

Le 22 février 1972, à Beijing, le président Nixon rencontrait le ''grand timonier'' Mao Zedong. L'alliance américano-chinoise se crée contre l'URSS.

« Pas comme ça, comme ça! »

En société, on ne fait pas toujours ce qu’on veut, comme on veut. Où irait le monde si chacun n’agissait qu’en suivant ses émotions? Plus souvent qu’on ne croit, la spontanéité n’est pas la règle première de notre comportement. Nous réagissons selon des codes, des lois, propres à notre culture et notre société.

Il n’y a pas de société sans rituels, cachés ou présents, ils nous accompagnent quotidiennement, inconsciemment. Tout le monde les pratique. Le plus élémentaire et le plus courant étant le « bonjour ».

Ne pas dire bonjour est aussi significatif que de se plier naturellement à ce rituel. Une société sans rituels est vouée à la disparition. On ne peut y échapper, qu’on le veuille ou non.

Qu’est-ce qu’un rituel?

Le rituel est un ensemble de codes, signes de politesse, échange de messages, stratégie de communication, signes de reconnaissance (tatouages, vêtements, pearcings, etc.), obligations collective en lieu et temps donnés. Il est souvent porteur de symboles plus ou moins vidés de leur sens primitif, il conserve un rapport avec le sacré.

Le rituel est le garant de la pensée collective, il n’est pas qu’un simple code, un simple usage ou une simple mode.

A quoi sert le rituel?

Un rituel, ça s’apprend, ça se respecte et ça se transgresse.

Il permet une aptitude à vivre en société. Si le comportement rituel n’aboutit pas, les hommes ne se reconnaissent pas et l’angoisse monte.

Un rituel, ça se crie, ça se pratique ensemble, ça peut se refuser (concert rock, manifestation, etc.). Il permet un resserrement du lien social en se se répétant toujours et partout.

Par le rituel, on marque que l’on adhère au même système de valeur au même moment. La conscience du comportement rituel passe par la compréhension de ce qui unit ou sépare notre société d’un autre groupe humain.

Les trois grandes fonctions du rituel sont:

– communiquer par l’attestation et le renforcement du lien social

– se réassurer contre l’angoisse, les conduites rituelles expriment et libèrent l’angoisse humaine devant le corps, les autres, les changements et la mort, elles canalisent des émotions puissantes comme la haine, la peur, le chagrin mais aussi l’espérance

– entrer en contact avec le divin, le sacré ou certaines valeurs occultes (prières, formules magiques ou superstitions les plus triviales).

Typologie des rituels

Le rituel étant un phénomène universel, il est impossible de concevoir une société sans rituels. Ce simple constat nous laisse face à une difficulté importante: en tant que pratique sociale, le rituel accumule tant de fonctions et de significations variables d’un pays à l’autre, d’une société à l’autre, d’un groupe de population à l’autre, qu’il est impossible d’en faire une typologie générale.

Anthropologie du rituel

Le rituel peut se définir comme une pratique symbolique impliquant des transformations de l’espace et un réglage du temps (on dit bonjour, bon après-midi, bonsoir, bonne nuit, bon week-end, bon dimanche).

Les groupes sociaux formulent ainsi des messages, souvent implicites, en utilisant divers canaux de communication (gestuelle, symboles, signaux sonores ou visuels). Ces messages établissent des liens entre l’individu et le groupe et représentent des émotions individuelles ou collectives.
Le rituel est à la fois stratégie de communication et élaboration de certaines frontières dans l’espace et dans le temps, selon la manière dont ils sont appréhendés par les différents groupes sociaux.

Exemples de rituels

Les rituels sur les chemins de la vie : rites de naissance, initiations, mariage, rites funéraires.

Rituels du quotidien : politesse, hospitalité, maquillage et soins du corps, vêtements.

Ordre et désordre : rituels de guerre et de paix, rituels d’inversion, rituels de l’ordre naturel, les jeux du stade.

Le rapport à l’au-delà : divination et oracles, sacrifice, prière.

Le carnaval et les rituels d’inversion

Sous l’apparence d’une fête, le carnaval met en oeuvre une inversion systématique des règles de conduite quotidiennes de notre société. La représentation de ces inversions de comportement n’est pas limitée à notre culture. Dans beaucoup de sociétés africaines, la dérision publique du roi et la représentation rituelle d’une révolte collective jouent un rôle important dans la stabilité même du pouvoir.

Certains rituels d’inversion dans les société océaniennes sont spectaculaires : les femmes se convertissent en fiers guerriers et les hommes dans la plus pauvre des veuves.

Le mariage

Le rituel du mariage est présent dans toutes les sociétés car la fondation d’un foyer est un acte social qui concerne la collectivité et les groupes divers dont sont membres les futurs époux. Les cérémonies et les fêtes sont plus ou moins importantes, mais toujours très ritualisées. Elles donnent souvent lieu (la littérature et les films ne se sont pas privés de le montrer) à des scènes dont la violence est heureusement canalisée par le rituel.

1 – Premier round : on se jauge

– Tiens Jacques! Content de te voir, je ne savais pas que tu étais parent de la mariée.

– C’est un beau mariage…

– Qui arrange bien les familles

– Ah! l’amour.

– Ils ont mis leur belles soquettes! »

2 – Deuxième round : on tâte le terrain

– Lui, il a le nom…

– Elle a le fric…tu as vu les beaux-parents, un peu parvenus…

– Qu’est ce qui te prends, c’est ma famille

– Comment se comportent-ils au sujet de…

– Pas facile d’étaler le beurre sur une biscotte

3- Troisième round : jeu égal, les ligues et les partis se répartissent la lutte pour le pouvoir.

– Alors, cette femme, qui va la diriger?

– C’est le gendre rêvé

– Vous plaisantez!

4 – Quatrième round: on attaque. Derrière l’aventure des mariés, l’histoire des deux familles, des conflits mal résorbés conduisent à une stratégie parfois sournoise de conquête du terrain.

– Un peu ordinaire, tu as vu comment ils sont habillés.

– C’est pas étonnant, mais les autres sont « m’as-tu vu »

– Un mariage de raison réussi!

– L’avenir le dira…non je ne suis pas pessimiste…Vous ne savez pas tout!

5 – Cinquième round : l’étendue des dégâts. Les familles s’entremêlent mais gardent leur distance, le sourire est figé…le photographe l’immortalise.

6 – Sixième round : la défaite ou la victoire. La belle mère à la bru (pense ou dit, comme en Italie)

– tu seras ma peine, et je serai la tienne

La belle mère au gendre, pleure et dit

– Mais non, je suis heureuse, elle est pour vous, elle ne m’appartient pas, je ne veux que son bonheur.

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