Au gui…l’an dix, l’an neuf est fini

Gui © Secrets de plantes

Gui © Secrets de plantes

Le gui ou gillon ou verguet, viscum album de la famille des Loranthaceae, est une bien curieuse plante. De forme arborescente toute ronde, ne semblant pas soumis à la pesanteur, il forme, sur des arbres dont il suce la sève, des « boules de gui » de 10 à 50 cm de rayon, selon son âge.

Ses rameaux sont généralement dichotomes, chaque nouvelle division indiquant une année de vie. Les feuilles sont vertes, épaisses, coriaces, oblongues, entières, persistantes, à nervures parallèles. Les fleurs, de mars à mai, sont en petites têtes sessiles au sommet des rameaux et à l’aisselle des feuilles : elles sont dioïques et jaunâtres. Le fruit est une baie§ globuleuse blanche, veinée, à pulpe translucide. Il ne contient qu’une seule graine qui ne pourra germer qu’après avoir été digérée et rejetée par un oiseau, grive musicienne, fauvette, mésange ou ramier.

Usages

L’emploi du gui remonte au début des temps.

De la boule de gui du Jour de l’An, aux traitements par les feuilles du gui, en passant par la chasse au gluau, le gui fait partie de notre culture et plus particulièrement de notre culture celte.

Feuilles et jeunes tiges sont ramassées en fin d’automne, séchées, grossièrement pulvérisées et gardées dans des récipients hermétiquement clos. Sa teneur en principes actifs varie considérablement avec l’époque de récolte mais aussi avec la nature de son hôte. Ainsi en est-il du gui de chêne, panacée des druides, mais aussi du gui de l’aubépine pour l’élimination de l’urée ou de celui du poirier. La macération des feuilles dans l’eau ou le vin ou l’ingestion directe de poudre étaient préférées aux autres méthodes.

Le gui était réputé contre les « coups de sang » auxquels sont sujets les hypertendus. Utilisées en médecine populaire, seules ou mélangées à d’autres plantes, les feuilles de gui sont réputées pour faire baisser la tension. Il aurait arrêté les saignements des plaies, ceux des tuberculeux ainsi que les saignements intestinaux lors de la typhoïde, ou ceux de nez, prolongés. Il était employé pour calmer les spasmes de l’asthme, des hoquets tenaces, des toux rebelles, de la coqueluche, de l’épilepsie. Il était considéré comme un tonique utérin et recommandé lors des accouchements, en cas de rétention du placenta et dans les troubles de la ménopause.
C’est un diurétique énergique ; on l’employait, en cataplasmes chauds, pour soulager la goutte et les rhumatismes.

Le gui aurait été utilisé avec succès pour soigner des cancers selon la méthode dite de la « viscumthérapie » inventée en Suisse par Rudolf Steiner et actuellement appliquée dans de nombreux pays européens.

L’absorbtion de boules de gui est dangereuse et peut être mortelle. La baie du gui est un poison pour l’homme.

Folklore

boules de gui dans les arbres © Secrets de plantes

boules de gui dans les arbres © Secrets de plantes

« Viscum » décrit en latin la « viscosité » – ce mot ayant d’ailleurs la même racine – de la pulpe du gui et « album » sa blancheur.
Certains arbres, tels le chêne et le châtaignier, ne laisseront pas cette graine pénétrer facilement leurs branches, s’en défendant de tous leurs tanins ; c’est pourquoi leur gui était considéré comme un cadeau des dieux et possédaient des vertus spéciales.

Le gui est un protecteur et on le célèbre depuis la nuit des temps en chantant « au gui l’an neuf », en s’embrassant sous le gui. « Cela porte bonheur » dit-on, ayant oublié comme il rendait le guerrier germain invincible, protégeait le berceau du nouveau-né des fées substitutrices d’enfant et faisait voir en rêve leur futur mari aux jeunes filles qui le glissaient sous leur oreiller la nuit de la Saint Jean.
Les druides récoltaient le gui du chêne, rare entre tous, en un jour bien précis, avec une faucille recouverte d’or, sur de grands draps blancs tenus par de jeunes vierges vêtues de blanc et pieds nus, le gui ne devant jamais toucher terre pour garder son efficacité. Il était alors distribué à chacun en brindilles pour être porté en talisman, autour du cou.

Recettes

Peau flétries
Stimulants des fonctions cutanées, riches en magnésium et en vitamine C, les extraits du gui sont utilisés dans les cas de peaux prématurément vieillies, dévitalisées, fatiguées par les veilles ou le surmenage. On les emploiera également sur les peaux flétries après chaque grossesse.

Cheveux fatigués
Ingrédients
1 litre d’alcool à 90°
1 poignée de feuilles de gui
1 poignée de racines d’ortie
1 poignée de feuilles de capucine
1 poignée de persil

Faites macérer les feuilles broyées dans l’alcool près d’une source de chaleur pendant 8 à 10 jours. Passez.

Conservez en petites bouteilles étiquetées. Cet alcoolature donne de très bons résultats dans les soins capillaires.

Vin de gui
40g de feuilles de gui fraîches
1 litre de vin blanc

Faire macérer 10 jours. Filtrer. Prendre un verre à bordeau par jour, en deux fois avant les repas.

Cures de 15 jours par mois.
Consulter son médecin auparavant.
Contre l’hypertension des gros mangeurs.

Chasse au gluau
Enduire de pulpe de gui des petites branches légères, les installer en équilibre dans un arbre.
Les oiseaux accourent, attirés par un appelant, se perchent sur ces bâtons, tombent et ne peuvent s’en dépêtrer : il n’y a plus qu’à les ramasser vivants pour les mettre en cage.

N’était-ce pas cela le métier du Papageno de Mozart ?
Infusion contre la sciatique
10 à 20g de feuilles de gui
par litre d’eau

à boire dans la journée

Consulter son médecin auparavant.
Cataplasmes
de feuilles et de fruits de gui, pilés, à appliquer sur les endroits atteints de goutte ou de sciatique.

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