Essayez la méthode Coué

La leçon clinique du docteur Charcot,1886 par André Brouillet.

La leçon clinique du docteur Charcot,1886 par André Brouillet.

J’ai exhumé (entre des bouquins de psy et des livres d’astrologie que je n’arrive pas à jeter car périodiquement je les regarde pour essayer de comprendre pourquoi tant de gens croient à ces foutaises) le livre de Monsieur Coué, de la célèbre méthode Coué:  « la maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente », un petit fascicule de 128 pages, datant de 1928.

Pratiquez sa méthode, pendant une semaine. C’est simple, elle se réduit à

« Tous les matins au réveil, et tous les soirs, aussitôt au lit, fermer les yeux et, sans chercher à fixer son attention sur ce qu’on dit, prononcer avec les lèvres, assez haut pour entendre ses propres paroles et en comptant sur une ficelle munie de 20 noeuds, la phrase suivante:

« Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux ».

L’important est d’être complètement décontracté et de dire la phrase sans chercher à fixer son attention sur ce qu’on dit.

J’ai essayé la méthode…et je me suis toujours endormie avant d’arriver à 20!


Toute la méthode d’Émile Coué, pharmacien à Nancy, repose sur 4 lois:

– Quand la volonté et l’imagination sont en lutte, c’est toujours l’imagination qui l’emporte, sans aucune exception;

– Dans le conflit entre la volonté et l’imagination, la force de l’imagination est en raison directe du carré de la volonté;

– Quand la volonté et l’imagination sont d’accord, l’une ne s’ajoute pas à l’autre, mais l’une se multiplie par l’autre;

– L’imagination peut être conduite.

Coué pratiquait l’autosuggestion consciente, à l’aide de méthodes de décontraction et d’un peu d’hypnose. Son idée maîtresse est que notre inconscient est la source de beaucoup de nos maux, mais qu’il peut aussi apporter la guérison si « l’inconscient fait sienne l’idée qu’on lui offre » par autosuggestion, ce qui n’est possible que  si l’on évite à la volonté d’intervenir!

Coué cite un exemple intéressant pour illustrer la pouvoir de l’imagination:

« supposons que nous placions sur le sol une planche de 10 mètres de long sur 0,25 cm de large, il est évident que tout le monde sera capable l’aller d’un bout à l’autre de cette planche sans mettre le pied à côté. Changeons les conditions de l’expérience et supposons cette planche placée entre les deux tours d’une cathédrale, quelle est donc la personne qui sera capable de s’avancer, seulement d’un mètre, sur cet étroit chemin? Vous n’auriez pas fait deux pas que vous vous mettriez à trembler, et que, malgré tous vos efforts de volonté, vous tomberiez infailliblement sur le sol.

Pourquoi donc ne tomberez-vous pas si la planche est à terre et pourquoi tomberez-vous si elle est élevée? Tout simplement parce que, dans le premier cas, vous imaginez qu’il vous est facile d’aller jusqu’au bout de cette planche, tandis que, dans le second, vous vous imaginez que vous ne le pouvez pas….Le vertige n’a pas d’autre cause que l’image que nous nous faisons que nous allons tomber; cette image se transforme immédiatement en acte, malgré tous nos efforts de volonté, d’autant plus vite même que ces efforts sont plus violents. Considérons une personne atteinte d’insomnie. Si elle ne fait pas d’efforts pour dormir, elle restera tranquille dans son lite. Si au contraire elle VEUT dormir, plus elle fait d’efforts, plus elle est agitée. »

J’ai lu ce livre par curiosité, n’espérant pas y trouver grand chose d’intéressant, et j’ai trouvé que la grille d’analyse des problèmes qu’utilise Coué, n’est pas complètement étrangère à celle des psychiatres. Et les litanies que conseillent les religions (chapelets en tous genres) n’ont-elles pas pour seul but de relaxer et de pratiquer l’autosuggestion : si je suis sûre que le ciel va m’aider… »tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux » !!! Le cerveau est décidément plein de ressources.

1 comment for “Essayez la méthode Coué

  1. Monique
    30 mai 2010 at 14:07

    Tout à fait d’accord avec cette analyse , et l’exemple est excellent .
    Ceci dit , et là , mon imagination me joue un de ses tours , si je me mets au lit avec l’intention de dire « la » phrase de Coué , je ne suis pas sûre de ne pas être morte de rire avant l’échéance , et je suis sûre de ne pas arriver à garder mon sang froid en raison de la présence critique de celui qui partage mon lit !
    Nobody’s perfect ….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-Spam Quiz: