Cours d’art dramatique, un peu de technique

Jeudi, 24 juin 2010

Le comédien est capable de réagir à un stimulant de l’imagination et de traduire ses sensation pour le public.

D’après René Simon, les qualités humaines sont:

santé, audace, mémoire – voir, entendre, sentir.

Les qualités de l’artiste sont:

Observation, assimilation, transmission – dons, travail, relations.

Le comédien doit cumuler qualités humaines et artistique s’il veut nous émouvoir…et maîtriser son instrument : son corps et sa voix.

Petit cours d’art dramatique chapitre 1: exercices techniques

Exercices respiratoires

- Jambes écartées pour être physiologiquement à l’aise, debout contre un mur, fixant un point lointain.

- Appuyer le gros orteil sur le sol, les autres orteils se contractent, appuyer un peu plus le gros orteils puis tous les autres, la cheville se contracte.

- Appuyer tous les orteils en poussant vers l’avant comme pour s’accrocher à la terre, le mollet se contracte.

- Contracter le genou légèrement en le soulevant puis en le tendant jusqu’à ce que la cuisse se contracte, puis jusqu’à ce que les muscles du bas-ventre se contractent.

- Serrer les fesses et cambrer, baisser les épaules et les tirer en arrière pour les faire toucher le mur.

- Expirer à fond.

- Inspirer avec le diaphragme (ça n’est pas la poitrine qui doit se gonfler mais vous devez sentir votre taille s’élargir sur les côtés), en trois fois en prenant trois couches d’air successives.

- Faites monter l’air en rentrant et remontant le ventre.

- Poussez l’air vers le bas avec le diaphragme (ne sortez pas le ventre, c’est vers le bas qu’il faut pousser l’air, pas en avant!).  Lorsque vous le sentez bine en bas, donnez un dernière impulsion vers le bas avec le diaphragme.

- Expirez en rentrant le ventre au maximum et en projetant l’air (aussi brutalement que lorsque vous toussez).

Pendant tout l’exercice (à répéter de 10 à 20 fois), concentrez-vous sur le muscle qui travaille (l’épaule), le diaphragme (contrôle respiratoire), le point fixe au loin.

Vous aurez peut-être la tête qui tourne un peu et vous réaliserez à quel point nous respirons mal, la plupart du temps.

Apprendre à vider tout son air

Après l’exercice précédent, choisissez une chanson et filez chaque syllabe en tenant la note le plus longtemps possible jusqu’à total épuisement de l’air.

La première couche d’air que l’on prend est celle de la survie, la seconde est nécessaire à tous les actes normaux et la troisième est nécessaire au dépassement de soi-même.

Plus on économise l’air au repos, plus le dépassement peut être intense. En effet, lorsqu’on prend trop d’air en permanence dans la vie courante (ceux qui ont peur prennent toujours trop d’air), on n’a plus de réserve pour le dépassement. En contrôlant votre respiration et en vidant toujours au maximum vos poumons pour n’inspirer, de façon contrôlée avec le diaphragme, que la couche d’air strictement suffisante à l’activité que vous allez faire, vous vous décontractez et vous améliorez vos performances dans le dépassement.

Travail de la voix

Commencez par chauffer votre voix (ceci est valable pour toutes les personnes parlant en public).

Puis, sur un vers de tragédie comportant des dentales qui vous donneront de bons appuis, monter et descendre la gamme: dire le vers sur toutes les notes de la gamme en commençant par la note la plus grave que vous pouvez atteindre, puis en montant, puis en redescendant de plus en plus bas. Cet exercice enrichira vos graves (les o renforcent les graves, les a renforcent le médium et les é renforcent les aigus)

Sur ce même vers, en prenant trois couches d’air, monter un octave entier sans s’arrêter.

Sur 7 vers de tragédie, en prenant trois couches d’air, changer de rythme en disant 2 vers à vitesse moyenne, 1 vers lentement et 4 vers rapidement.

Projection

Un son pour être vraiment efficace, doit être projeté exactement à la distance de la personne qu’il doit atteindre, ni plus loin, ni plus près, avec la même intensité quelle que soit la distance et avec la même hauteur de voix (ne projetez pas votre voix dans les aigus en la projetant plus loin).

Commencer à projeter votre son à distance moyenne (6 m), puis à faible distance (1 m). La faible distance exige plus de précision dans l’articulation pour que le son n’éclate pas trop loin.

Puis projetez à grande distance (15m): visez plus haut que le point à atteindre.

Articulation

La mémoire n’est pas que cérébrale, elle est aussi musculaire. Apprendre un texte en l’articulant est une assurance contre le trou de mémoire et pour certaines personnes c’est le seul moyen efficace.

Prenez le texte que vous avez à apprendre dans la main.

Première vitesse:

- Regarder la première syllabe

- Regarder un point fixe au loin, expirer pour se relaxer et rendre son esprit vacant

- Inspirer un minimum d’air et penser à la syllabe

- Expirer

- Inspirer : la syllabe vient automatiquement à l’esprit: contracter le muscles, baisser le diaphragme et projeter la syllabe en expulsant l’air avec le diaphragme.

- Recommencer avec la syllabe suivante.

Seconde vitesse:

- Prenez votre texte sur lequel vous aurez indiqué les endroits où vous aller prendre vos respirations (la découpe de texte fera l’objet d’un autre cours)

- Expirer

- Inspirer un minimum d’air

-  Regarder le premier extrait entre deux marques de respiration que vous aurez indiquées

- Regarder un point fixe au loin, expirer

- Inspirer, bloquer le diaphragme et articuler tout l’extrait, pratiquement bouche fermée mais en formant très nettement les syllabes.

- Faites cet exercice avec votre voix médium et répétez-le dans la voix du personnage (si pour le personnage vous devez utiliser une voix plus grave ou plus haute).

Troisième vitesse:

A ce stade, vous devez savoir votre texte.

- Expirer et regarder un point au loin

- Prendre trois couches d’air (voir respiration, plus haut)

- Articuler le texte le plus vite possible, sans respecter les marques de respiration mais en vous arrêtant lorsque vous n’avez plus d’air

L’articulation en troisième vitesse sert à se remémorer le texte, mais tant qu’on travaille sur le texte, il faut la faire quotidiennement en seconde vitesse.

Voix, projection, rythme, les trois grands!

Pas de bon comédien sans bon fonctionnement de la voix, qualité de la projection et capacité a changer de rythme. La capacité à varier le rythme (vie, composition), la projection (bonne accroche avec l’autre et avec le public) et la voix (vérité : parler juste) permet au comédien de composer son personnage.

Le bon fonctionnement de la voix est conditionné par le physique, mais la qualité de la voix dépend de l’état d’esprit. Une bonne maîtrise de la voix dans le médium est essentielle pour pouvoir « parler vrai ».

La projection dépend de l’état physiologique, du contrôle de la respiration…et de toutes les fonctions situées sous la ceinture! Toutes les femmes pourront constater à quel point la distance de projection de la voix diminue pendant les règles.

La capacité à changer de rythme dépend du contrôle respiratoire et du psychisme. Le rythme, c’est la vie, la capacité à changer d’idée, d’émotion.

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