Cours de théâtre : l’imagination créatrice

bourse de Louis d'or © Le psy c'est vous

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Il existe trois façons de jouer la comédie :

– observer et imiter des gens qui se comportent comme le personnage dans la même situation.

– vivre soi-même (ou revivre) la situation dramatique donnée (mémoire émotionnelle).

– Imaginer.

L’imagination créatrice est l’une des principales qualités psychologiques de l’acteur, elle seule permet la création, le jeu, la composition et la transmission au public.

Le travail de l’imagination exige la capacité d’isolement, la concentration et la décontraction.

Le comédien doit être capable de réagir à un stimulant de l’imagination qui permet à la mémoire sensorielle de s’exprimer. Le stimulant donne l’impulsion et la mémoire réagit à cette impulsion puis s’exprime. Il faut bien choisir son stimulant pour donner la bonne impulsion qui correspond à la situation dramatique.

La mémoire émotionnelle permet de changer de costume et de décor intérieur.

La mémoire instinctive est efficace dans l’action.

Les objets, stimulants de l’imagination

« S’il n’y avait pas de mouchoir, Othello c’existerait pas ».

– En s’accrochant à des objets (réels ou imaginaires – le partenaire peut être un objet), on peut exprimer un sentiment indirectement et changer une idée en sentiment. Ce jeu avec les objets est indispensable dans le théâtre d’idées, car les idées ne peuvent pas s’exprimer directement au théâtre (sinon, c’est une conférence!), elles ne peuvent s’exprimer que si on les transforme en sentiments par le jeu.

– Dans une scène, changer d’objet au bon moment pour maintenir la tension.

– Bien choisir l’objet. En principe l’objet ne doit pas être un objet familier (sinon, on risque de faire ressortir trop d’émotions que l’on ne peut plus contrôler). On doit pouvoir, avec son aide, donner une impulsion à l’un quelconque des cinq sens: les émotions passées (de plus de 7 ans) ressortent grâce à la mémoire émotionnelle.

– Pour accrocher un objet, le dépasser puis revenir dessus : en tragédie, sans rupture et en comédie avec des ruptures simples ou doubles (exemple du pavé sur lequel on bute, si merveilleusement joué par le Belge Jos Houben dans l’art du rire, tellement bien joué que nous voyons le pavé, sans qu’il ait besoin d’être là). L’acteur doit arriver à immatérialiser…ou à matérialiser un objet par la réaction qu’il a à cet objet.

La mémoire sensorielle

Les sens doivent être réceptifs et ne pas ressembler à des relais bloqués. La réaction de la mémoire ne peut s’exprimer que si l’on n’est pas tourné vers soi. Travailler sur un seul sens à la fois pour commencer.

Faire travailler les ses dans l’ordre de développement décroissant, puis en sens inverse (chacun doit donc identifier quels sont ses sens les plus et les moins développés).

En l’absence d’objets ou d’accessoires, faire travailler l’imagination du souvenir : l’autre devient objet.

Exercices

1 – Fixer un point lointain et se donner un sujet ou un point de départ précis et un temps donné (n’importe quoi peut faire l’affaire : mon voisin vient d’acheter un chien!). Exercez-vous jusqu’à voir la couleur et la race du chien, à entendre ses jappements, à voir les modifications dans l’emploi du temps de votre voisin, etc.

2 – Pour travailler la mémoire émotionnelle visuelle : voir successivement tous les éléments de la scène imaginée en décrivant chaque élément et en recommençant la description jusqu’à pouvoir y croire. Dire Visualiser l’objet de la scène avant de dire le texte, lentement. L’émotion va naître à partir de l’objet.

3 – Passage de la mémoire émotionnelle d’un sens à l’autre. La mémoire d’odeurs par exemple peut entraîner des sensations sur la peau ou les muqueuses. On peut même exalter tous les sens à partir de la mémoire émotionnelle travaillée sur un sens inhibé. Par exemple, travailler la mémoire visuelle la nuit exalte les autres sens (je me souviens de « la goutte », cette pièce jouée au petit Montparnasse il y a quelques années: plus d’une heure de spectacle dans le noir total: l’effort fait pour essayer d’imaginer quelle était cette scène improbable qui se déroulait exaltait les autres sens et l’émotion).

4 – « …… » Imaginer ce que votre personnage aurait dit après ces points de suspensions de façon à ce que, lorsque votre partenaire vous coupe la parole, la coupure paraisse naturelle… Ou pour pouvoir sauver la pièce si votre partenaire oublie de vous couper.

5 – Pour bien s’isoler (en particulier dans un monologue), s’imaginer qu’on est environné de personnes auxquelles on pense.

6 – Méditation théâtrale : refaire le même geste comme un enfant qui apprend, mais avec conscience.

La semaine prochaine : comment jouer avec un objet

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