Cours de théâtre : l’interprétation

Le psy c'est vous- cas N°1

Le psy c'est vous- cas N°1

Dans l’interprétation finale, il faut donner au personnage sa dimension humaine, tout le travail technique qui a précédé (et qui était nécessaire), doit disparaître. Le comédien retrouve la sensation et la mémoire émotionnelle qu’il a travaillé et la transmet sous forme dramatique, tragique ou comique selon la pièce.

C’est un travail de toucher et de contrepoint (analogie avec l’interprétation au piano)

Le comédien doit être capable d’exprimer plusieurs sentiments simultanément dont les « voix » se superposent et ressortent alternativement. Après avoir fait un travail sur chaque sentiment que l’on veut exprimer, le cacher après l’avoir créé pour qu’il prenne de la puissance.

Le toucher est la capacité du comédien à se servir au mieux de son instrument (son corps) pour trouver l’expression juste, la sublimation de la pensée du geste et de la parole. Le toucher exige la précision du geste et la concentration de l’expression: ne rien laisser d’inutile, ne rien faire sans intention.

On reconnait vite un mauvais comédien à tout ce qu’il fait d’inutile sur scène et au fait qu’il fait tout à la fois.

Pensée – Geste – Parole

A part si on souhaite faire des effets en décalant rapidement cet ordre, ce qui demande une grande maîtrise, l’ordre pensée, geste, parole est la règle et surtout ne pas tout faire en même temps.

ex: je viens de penser que j’ai oublié quelque chose, je fais demi-tour pour aller le chercher, je dis « m…j’ai oublié mes clef ».

Sincérité – réalité

La sincérité doit entraîner la réalité. Le comédien a besoin d’être réel. Il faut 10 ans de métier pour pouvoir être réel sans être sincère. Ne pas confondre vérité et naturalisme!

Dans une pièce, on prête sa personnalité à un personnage imaginé par un autre et placé dans une situation, un lieu et un temps donnés. L’interaction entre le comédien et le personnage doit devenir la réalité du personnage.

Pour trouver la sincérité, chercher le geste par lequel on peut ressentir qu’une parcelle de soi-même est sincère dans le personnage. S’accrocher alors à un objet (voir travail sur l’objet) pendant ce temps de sincérité et prolonger ce moment.

Le dépassement nuit souvent à la sincérité s’il est basé sur la voix, il faut y arriver par le sentiment (ça n’est pas en criant que l’on souffre que l’on fait passer le sentiment de la souffrance). Étirer les sentiments pour pouvoir les exprimer. En pleine sensibilité, on ne phrase pas.

Quelques conseils

– Ne jamais faire pléonasme, c’est à dire ne pas appuyer sur les mots qui expriment déjà l’importance. Par exemple ne pas dire de façon emphatique un texte qui exprime l’emphase, sauf si on veut être ridicule ou jouer comme les « mentons bleus » (Courteline).

– Quand vous rencontrez un mot répété deux fois, l’auteur l’a voulu: il faut rattacher le premier à l’idée précédente et le second à l’idée suivante. Les pièces de théâtre regorgent de ces répétitions : vous n’aurez aucun mal à vous exercer.

ex: – Tu veux me quitter?    – Oui, oui, j’en ai assez de te voir passer tes soirées devant la télé.

Le premier « oui » est lancé rapidement, du fond du coeur en réponse à la question, le second est un oui qui est la conséquence d’une longue réflexion sur les raisons pour lesquelles elle va le quitter.

– Vous rencontrez des points de suspension : deux possibilités : soit c’est le partenaire qui vous coupe la parole, soit vous souhaitez prendre un temps pour réfléchir et le partenaire en profite pour parler.

– Dans la tragédie, mettre en valeur les mots : sorts, oracles, yeux, âme coeur…

– Ne pas mélanger quelque chose de concret, réel (yeux par exemple) avec une notion de valeur donnée par le personnage (si beaux par exemple): prenez un temps entre les deux, changez de ton.

– Il est souvent utile de se répéter intérieurement la phrase de l’autre avant d’y répondre, le jeu gagne en sincérité.

– Si vous rencontrez des problèmes d’interprétation dans une scène à deux personnages: inversez les rôles, en ressentant mieux l’autre personnage, votre jeu sera plus vrai.

– L’écueil de toute scène d’amour est de jouer triste.

– Chercher le pittoresque tout en restant sobre.

– Lorsqu’on ne sait pas comment garder un temps fort, meubler en prolongeant l’idée ou le geste précédent, c’est toujours mieux que rien.

– Pour placer un effet, parler plus large et plus fort.

– Seul sur scène, c’est impossible de dégager des pensées. Dans un monologue, ce sont des sentiments que l’on exprime.

– Pour donner l’impression que le jeu est très rapide: démultiplier la gestuelle, jouer lentement et parler très vite.

– Les trois choses les plus difficiles à faire sur scène : rire, manger, embrasser sur la bouche.

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