L’aunée

Aunée © Secrets de plantes

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L’aunée ou oeil de cheval ou aromate germanique ou héllénine, Inula helenium L. de la famille des Asteraceae est une belle grande plante herbacée, originaire d’Europe de l’Est et du Caucase. Elle existe, spontanée ou naturalisée, dans presque toute l’Europe, au Japon, en Amérique du Nord.

Botanique

La plus belle espèce du genre Inula, présente sur une tige ferme, pubescente et peu rameuse de 1 à 2 mètres, des fleurs jaunes en capitule de 6 à 8 cm de larges. L’involucre de cette fleur est formé de nombreuses bractées disposées sur plusieurs rangs. Les feuilles sont entières et alternes. Sa racine est fusiforme et importante, fauve à l’extérieur et blanche à l’intérieur.

Usage

Aunée © Secrets de plantes

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Les Romains connaissaient déjà cette racine charnue, âcre et amère et ils en faisaient grand cas. Ils l’utilisaient vraisemblablement en tant que plante médicinale et condiment, la préparant de diverses façons pour en atténuer l’âcreté. Dioscoride la recommande pour calmer la toux et débarrasser le poumon des « humeurs » qui pouvaient l’encombrer.
Au moyen Age, Sainte Hildegarde, Albert le Grand et l’École de Salerne s’en servent pour traiter la coqueluche, la bronchite, l’asthme et toutes sortes d’autres maladies.
Plus tard la phytothérapie reprendra ces indications en la prescrivant contre la bronchite catarrhale accompagnée de toux quinteuse et la tuberculose pulmonaire.
En fait, la racine d’aunée « divise les matières épaissies et emporte les obstructions » dit un ancien traité.
En application externe, en décoction, à doses fortes, l’aunée calme les démangeaisons de l’herpès et des dartres et était employée dans les affections cutanées en général.
On fabrique un excellent « vin d’aunée » apéritif et remontant.

Folklore

« Inula » viendrait du grec « inaein », purger, propriété de certaines espèces d’aunée et « helenium » du grec « helénê » qui signifie « petite corbeille » à cause de la forme de ses fleurs ou d' »Elenê » qui pourrait être le pays d’origine de la plante ou plus tardivement des pleurs de « la belle Hélène », héroïne homérique de la guerre de Troie.
On porte sur soi la racine d’aunée, en général cousu à son vêtement, comme talisman, pour attirer l’amour. Ainsi, en Pologne, les jeunes filles vont-elles aux fêtes avec un vêtement rose tout cousu de racines d’aunée coupée en fines rondelles.
On brûle sur des charbons la racine d’aunée moulue, pour en respirer les vapeurs entêtantes, ce qui favorise la transe et provoque les rêves prémonitoires. Des sectes ukrainiennes utilisaient ce procédé.
L’aunée est une plante protectrice : on l’arrache entière et on la suspend au milieu de la maison, la tête en bas.

Recettes

Infusion de fraîcheur

Laissez macérer quarante-huit heures :
• 30 g de racine fraîche d’aunée,
• 1 litre de vin doux

Filtrez avant de mettre en flacons. Il faut en boire un petit verre à jeun pour acquérir une fraîcheur merveilleuse.
Recette du XVIIIe siècle.

Vin d’aunée

Ingrédients
60g de racines concassées
1 litre de bon vin blanc ou rouge

Laissez macérer une dizaine de jours
3 verres à bordeau par jour comme béchique et tonique
Le goût est celui du quinquina.

Infusion contre l’asthme

Ingrédients
15 à 30g de racines d’aunée
1 litre d’eau
infuser et boire dans la journée.

Décoction contre les démangeaisons

Ingrédients
100g de racines d’aunée
1 litre d’eau
en décoction à utiliser en lotions ou en compresses contre les démangeaisons de l’herpès et les dartres.

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