Monologue sans queue ni tête sur la communication

le secret du bonheur

le secret du bonheur

Chaque fois que je parle à quelqu’un, je ne communique en fait qu’avec moi-même, j’évoque mes souvenirs, prenant l’autre pour une mémoire passive,  sinon je me sens agressée. Mon cerveau s’auto-défend contre le trop plein d’informations. Parfois je réussis à amener les autres sur mon propre terrain, parfois je m’en sers de miroirs, je prends leurs phrases. Je fais de la rétention d’information aussi, j’ai tellement peur qu’on s’en serve contre moi et ça me permet de garder mon petit pouvoir!

Tous mes essais pour remédier à l’échec d’une relation sont des tentatives vouées à l’échec. Les bonnes intentions sont catastrophiques. L’humour? oui mais lequel: l’humour des Anglais ou l’esprit des Français? Je sens que l’humour m’aide à communiquer, il me permet de créer une distance affective avec le sujet abordé et non avec l’interlocuteur, à condition que cet interlocuteur soit mon égal sinon je sais que je vais le blesser, il ne pourra pas réagir Pourquoi les signes extérieurs de hiérarchie sont ils aussi importants? Il m’arrive aussi de fournir des prémisses fausses pour voir l’autre s’enliser dans leurs conséquences au point de perdre la vision de la réalité. Lorsque la communication privilégie la forme et non le contenu, l’imprévisible disparaît au profit du rituel, sédatif de l’angoisse, confortable, pratique. Cet imprévisible porteur d’information réapparaît avec le moindre écart au protocole. Je me demande alors quelle est la signification de cet écart. J’ai souvent besoin d’un tiers pour communiquer avec mes proches, en face à face, c’est trop dur.

Silence. Quoi se dire? Je ne suis pas d’accord avec ses objectifs. Bonjour, bonsoir, ça va? Je ne sais rien de l’image que l’autre a de moi. J’essaie de revêtir les insignes du groupe avec lequel je veux communiquer, ça facilite… au début, puis il faut aborder les différences qui surprennent pour augmenter la part de relation par rapport à la part d’information. J’aime aussi emporter des décisions en mettant beaucoup d’affectif, ça permet de manipuler l’autre. Plus le consensus est apparent, plus le conflit sera violent. J’approche, j’explore l’autre, ses codes en acceptant de nombreuses conversations sans risques, mondaines, j’use les mots avant de passer aux choses qui me tiennent à coeur. Parler vrai tout le temps est insupportable. Le mensonge stratégique est parfois capital, ne pas écouter aussi. Dès que je me sens dans l’obligation de communiquer, surtout dans un endroit clos, j’échoue lamentablement, j’essaie de couper l’interaction le plus vite possible. Je ne sais plus dire « je t’aime »,  je veux juste aimer et être aimée. Je ne peux pas négocier avec le toucher, les odeurs, le passé, la souffrance de l’autre, porteurs de trop de charge affective. Mon langage est modifié par mon image modifiée par le regard de l’autre, lui-même muré dans un système globaliste que je ne sais pas percer. Je suis armée pour ne pas entendre ce qu’on me dit, à force de présupposés, de blocage affectif, de mauvaise écoute. La séduction? mais oui. L’excès de rituel tue la communication, l’absence de rituel engendre la méfiance et crée une surprise intolérable. Je ne peux pas communiquer tout le temps, je veux être reconnue telle que je suis, je veux me déclarer telle que je suis. Je dois transgresser le rituel, j’aimerais payer des gens pour m’écouter pour arrêter de subir la communication comme une agression.

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