Les modèles pour l’enseignement du Musée des arts et métiers

Machine à découper les pignons, par Vaucanson © L'Album du musée des arts et métiers

Machine à découper les pignons, par Vaucanson © L'Album du musée des arts et métiers

Vaucanson « représente l’aboutissement le plus parfait de ce courant modéliste fait tout autant de démonstration que de recherche, de diffusion et de progrès technique ». Pour lui, la transmission du savoir-faire passe avant tout par la démonstration.

En 1794, l’Abbé Grégoire propose à la Convention la création d’un établissement où, progressivement, un véritable enseignement en s’appuyant sur la démonstration des modèles et machines en fonctionnement pourra se mettre en place ; c’est le Conservatoire des arts et métiers .

Au XVIIIe siècle, les progrès de la science expérimentale conduisent à la création de cabinets de physique qui rassemblent des appareils conçus pour répéter des expériences pour les besoins de démonstrations le plus souvent publiques.

L’une des plus importantes collections françaises de ce genre est celle constituée par l’Abbé Nollet qui donne avec beaucoup de succès des cours publics de physique.

Toujours au XVIIIe siècle, pour l’éducation scientifique et technique, Madame de Genlis recommande d’abord de s’exercer à l’observation.

Elle fait réaliser différentes pièces d’anatomie installées dans une vitrine qu’elle place dans un couloir traversé par les enfants, des tableaux transparents pour lanterne magique afin de leur enseigner histoire et géographie, des jouets éducatifs démontables pour leur apprendre l’architecture, des maquettes de laboratoire de chimie et d’ateliers complets pour éduquer leur sens de l’observation.

Ces maquettes sont souvent réalisées à partir des planches de l’Encyclopédie ou de la Description des arts et métiers de l’Académe des Sciences : atelier du menuisier, celui de la fabrication de l’eau-forte,  atelier de la serrurerie, laboratoire de chimie, atelier de potier de terre et de fabricant de carreaux, faïencerie, fabrique de porcelaine , atelier de plombier, laminage de plomb et clouterie, figurent dans les collections de l’actuel musée.

Leur pouvoir d’émerveillement est aujourd’hui intact. Ils le doivent à leur grande qualité d’exécution et à la richesse des informations qu’ils nous transmettent.

Quelques fabricants de modèles

Fou à verre Boëtius, modèle réalisé par Digeon © L'Album du musée des arts et métiers

Fou à verre Boëtius, modèle réalisé par Digeon © L'Album du musée des arts et métiers

J.Digeon, ingénieur constructeur de la fin du XIXe siècle.

Spécialiste des modèles pour l’enseignement. Bureaux: 56, rue de Lancry à Paris. Atelier et galerie d’exposition: 17, rue du Terrage à Paris.

Il a réalisé pour le Conservatoire des arts et métiers, de nombreux modèles de démonstration,  présentés aux Expositions universelles et reproduits dans ses catalogues de modèles d’enseignement.

Eugène Philippe

1803 – ?, mécanicien et fabricant de modèles.

Les multiples brevets qu’il a déposés témoignent d’une activité foisonnante,   non spécialisée et ouverte à tout.

Contemporain des grands noms de la mécanique française de la première moitié du XIXe siècle, dont Eugène Bourdon, il est un représentant typique de cette première génération de mécaniciens parisiens qui fondent leur atelier avant 1830 et prospèrent sous la Monarchie de Juillet.

Il suit les cours de l’Ecole de dessin au CNAM, et établit des liens solides avec Leblanc, professeur de l’Ecole et conservateur des collections des arts et métiers.

Dès ses débuts, en 1828, Philippe ne se contente pas de travailler le bois, mais construit des machines métalliques avec bâtis de fonte.

Deux années plus tard, il participe au concours lancé par la Société d’encouragement pour l’industrie nationale en vue de perfectionner les scies à bois. Il obtient la médaille d’or de seconde classe pour sa grande scie mue par la vapeur et à chariot mobile.

1829 : 5 grands carrossiers fondent une entreprise de fabrication mécanique de roues de voitures, pour lesquels Philippe fabrique une série de dix machines-outils, scies et tours qui débitent les éléments des roues, et crée un atelier de cerclage.

Le succès de cette réalisation lui amène de nombreuses commandes.

1832 : il prend un brevet pour une machine à faire les clous et monte une société pour l’exploiter. Il installe son atelier rue Chateau-Landon et possède dès cette date, une machine à vapeur pour actionner les scies et les tours. L’année suivante, il confectionne pour le Conservatoire national des arts et métiers une locomotive de Stephenson avec son tender.

L’Exposition des produits de l’industrie de 1834 consacre sa réussite en lui donnant une médaille d’or.

Entre 1831 et 1848, Philippe construit plus de 60 modèles, dont certains de grandes dimensions.

modèle de locomotive Stephenson © l'Album du musée des arts et métiers

modèle de locomotive Stephenson © l'Album du musée des arts et métiers

Dont le modèle au 1/5 de la locomotive Stephenson type 020 de 1828, exécuté en 1833. C’est la première locomotive construite en France sous licence anglaise. Elle constitue le prototype de toutes les locomotives européennes et étrangères construites à cette époque.
Locomotive à deux essieux moteurs avec tender et chaudière tubulaire de Marc Seguin.
Chaudière : diamètre = 1,01 m. Longueur = 1,83 m.
Surface de chauffe de la chaudière tubulaire = 12,8 m2.
Diamètre des roues = 1,42 m.
Poids de la machine en état de marche = 4,3 tonnes.
La crise économique, les spéculations hasardeuses, de mauvais débiteurs, provoqueront la faillite de Philippe en 1848.

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