Les artisans de l’abolition de l’esclavage

Victor Schoelcher

Victor Schoelcher

Déléguer n’est pas esclavagiser, l’esclavage et le servage sont abolis depuis longtemps.

Schoelcher Victor, homme politique français

1804 (Paris) – 1893 (Houilles)

Sensibilisé très tôt aux problèmes de l’esclavage – on dit qu’Homère suscite sa première émotion sur ce grand problème -, Victor Schoelcher s’inscrit a la Société des amis des noirs, créée pendant la Révolution française pour lutter contre les méfaits de l’esclavage.

Ses prises de position pour l’abolitionnisme sont confortées par toutes les expériences qu’il vit au cours de ses voyages au Mexique, à Cuba, en Louisiane. Il en rapporte une étude dans laquelle il montre que l’esclavage avilit autant le maître que l’esclave, qu’il faut éduquer les noirs pour qu’ils puissent assurer leur destinée. Il veut convaincre les Français de l’égalité des races.

Il entre, en 1832, au Comité de libération des Noirs dont Larmartine assure la présidence.

Sous-secrétaire d’État aux colonies dans le gouvernement provisoire de la République en 1848, il rédige le rapport qui condamne l’esclavage et qui conduit au décret d’abolition du 27 avril. Partisan ardent de la République, il combat la politique de Louis Napoléon Bonaparte ; il le paie d’un exil de vingt ans après le coup d’État du 2 décembre, refusant de bénéficier de l’amnistie.

Il est aux côtés de Gambetta lorsque la République est proclamée le 4 septembre 1870. Député de la Martinique, puis sénateur inamovible, il se bat pour le développement de l’enseignement dans les Antilles françaises. Il engage un dernier combat, contre la peine de mort, qui ne sera pas couronné de succès.

1832 : Comité pour la libération des noirs

1848 : abolition de l’esclavage

1848-51 : député en Martinique et à la Guadeloupe

1853 : « Histoire des crimes du 2 décembre »

1871 : réélu député de la Martinique

1873 : sénateur inamovible

Après le partage le l’Afrique, après l’abolition de l’esclavage, la morale.

La Conférence internationale de Berlin (1884-85) qui entérine le partage de l’Afrique et la souveraineté de Léopold II sur le « Congo indépendant » engage les puissances signataires à la suppression complète de l’esclavage et de la traite des noirs (en forte diminution déjà) dans les territoires annexés. Au nom de la pacification, on va lutter contre les sultans arabes, responsables du trafic.

L’action du cardinal Lavigerie, les pressions du ministre britannique Salisbury amènent Léopold II à convoquer une conférence à Bruxelles résolument antiesclavagiste extérieurement, mais qui dans la réalité, vise surtout à faire cesser les rébellions .

On y édicte : la nécessité de protéger les esclaves fugitifs, le droit de visite sur mer pour les navires de moins de 500 tonneaux, l’obligation des pays destinataires(Turquie, Prusse) d’exercer un contrôle.

Ainsi, un bureau permanent de contrôle est-il installé à Zanzibar.

Lincoln Abraham, homme politique américain

1809 (Hodgenville, Kentucky) – 1865 (Washington)

En pleine guerre civile, Lincoln affiche la motivation de son action : « Mon but essentiel dans ce combat est de sauver l’union, et non de sauver ou de détruire l’institution de l’esclavage. » – New York Tribune, août 1862 -. Du jeune autodidacte au président des Etats-Unis, élu grâce à la division des démocrates qui présentent deux candidats contre lui, il y a un long parcours de refus :

– refus de se laisser enfermer dans un rôle subalterne à cause de son manque d’instruction ;

– refus de l’esclavage quand il visite le Mississipi à vingt trois ans ;

– refus de la guerre contre le Mexique ;

– refus du compromis Kansas-Nebraska qui permet aux nouveaux Etats entrant dans l’Union de choisir s’ils seront esclavagistes ou non ;

– refus enfin comme candidat du parti républicain d’être considéré comme un « tocard ».

Le « tocard » est élu avec 25% des voix, mais avant sa prise de fonction le 4 mars 1861, les Etats du Sud font sécession. Lincoln, homme de l’Ouest et de la frontière, fait tout pour éviter la guerre, mais quand il y est contraint, il la gagne pour préserver l’Union.

Réélu en 1864, il veut une paix sans vengeance, s’opposant ainsi au Congrès : « Que ces morts ne soient pas morts en vain, que cette nation avec l’aide de Dieu connaisse un renouveau de liberté, et que le gouvernement du peuple, pour le peuple, par le peuple ne disparaisse pas de notre planète ! ».

Le 8 avril 1865, le général Lee, sudiste, se rend. Le 14, Lincoln est assassiné lors d’une représentation théâtrale. Il meurt le lendemain.

Le « grand émancipateur » est mort faute d’avoir été compris ; c’est une perte pour les sudistes, paradoxalement ; le programme de reconstruction de Lincoln est en effet profondément modifié sous l’administration Grant : le Congrès fera occuper les Etats vaincus par des troupes fédérales et y établira des gouvernements imposés par le Nord.

1837 : avocat à Springfeld

1847 : Lincoln entre au Congrès comme délégué de l’Illinois

1858 : Lincoln est battu à l’élection au Sénat

1860 : Lincoln est élu avec 25% des voix

1er janvier 1863 : Lincoln proclame l’affranchissement des esclaves des Etats rebelles.

1864 : Lincoln est réélu président des Etats-Unis

1865 : Lincoln est assassiné par un acteur partisan sudiste, John Wilkes Booth.

Les Noirs sous les drapeaux fédéraux

L’abolition de l’esclavage est le prétexte humanitaire de la lutte économique que les Nordistes livrent aux Sudistes.

S’il est vrai que la victoire à l’élection de 1860 du démocrate abolitionniste Abraham Lincoln déclenche la guerre, il n’est pas moins sûr que les conflits sur les tarifs et les intérêts industriels contradictoires nourrissent les tensions entre le Nord et le Sud.

Plus de cent mille Noirs combattent sous le drapeau des fédéraux (Nordistes) ; cette liberté conquise au prix du sang versé, ils ne la perdront pas.

Les lois du 16 avril et 9 juin 1862 abolissent l’esclavage dans le District de Columbia et Lincoln propose une indemnité contre l’émancipation des Noirs dans les états ralliés à l’Union.

Dès 1863 il proclame la liberté des esclaves dans les états révoltés et les Noirs transfuges sont incorporés sous les drapeaux fédéraux.

L’amendement constitutionnel qui abolit définitivement l’esclavage aux Etats-Unis, voté par le Sénat et la Chambre, entre en vigueur le 18 décembre 1865.

1906 : Une dénonciation du remplacement de l’esclavage par l’esclavage du salariat, un grand roman d’information

« Le voici, enfin ! Le livre que nous attendions depuis tant d’années ! La Case de l’oncle Tom de l’esclavage du salariat : l’ouvrage du camarade Sinclair. La jungle ! C’est essentiellement un livre actuel … Il est vivant, plein de chaleur. Plein de vie, jusqu’à la brutalité. Il est écrit de la sueur, du sang, des gémissements et des larmes.

Il décrit notre pays, non pas tel qu’il devait être, tel qu’il semble être dans l’imagination des orateurs éloquents célébrant l’anniversaire du 4 juillet, c’est-à-dire la patrie de la liberté et de l’égalité des chances ; mais il le dépeint tel qu’il est en réalité, la patrie de l’oppression et de l’injustice, un cauchemar de misères, une géhenne de souffrances, un enfer pour l’homme, une jungle de bêtes féroces. » -Jack London-

Le capitalisme sauvage est sans pitié. Upton Sinclair publie son cri dans l’hebdomadaire socialiste L’appel à la raison. Le livre paraîtra en 1906. Il y démystifie le paradis américain et crée un nouveau genre littéraire : le grand roman d’information.

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