Les champignons hallucinogènes

Les champignons hallucinogènes provoquent deux types de syndromes:

Amanites tue-mouche © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Amanites tue-mouche © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Le syndrome panthérinien ou atropinique, caractérisé par:
– Incubation : 1/2h à 3h ;
–  signes : dilatation de la pupille, nausées, vomissements, malaise général, jambes molles, confusions délirantes;
– espèces : Amanita muscaria, Amanita pantherina et autres champignons hallucinogènes ;
– conduite : sédatif, vomissement, charbon végétal, hospitalisation;
– toxine : muscarine.

 

Psilocybe semilanceata, pholiote écailleuse © Encyclopédie pratique des champignons

Le syndrome narcotinien

caractérisé par :
– incubation : 1/2h à 2 h;
– signes : troubles psychiques, anxiété, euphorie, hallucinations, vertiges, mydriase, durée 12h à 24h;
– espèces responsables : Psilocybe semilanceata, Gymnopilus spectabilis et Stropharia aeruginosa
– conduite : sédatif (valium), conduite rassurante, évolution favorable en 6 à 12h, mais risque de pulsions dangereuses;
– toxine : psilocybine, substance apparentée à l’acide lysergique (LSD).

L’ingestion de champignons hallucinogènes, surtout involontaire, peut être très traumatisante, elle peut causer la mort des enfants et pousser au suicide.

Dans la plupart des cas, elle rend très désagréablement malade.

Amanita muscaria ou Amanite tue-mouche

Amanites tue-mouche © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Amanites tue-mouche © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Homobasidiomycètes, Amanitales, Amanitaceae.

L’amanite tue-mouche pousse sous les conifères et sous les feuillus, particulièrement près des bouleaux, en  terrains acides. On la retrouve en été et en automne, plus souvent dans le nord de la France que dans le midi.

C’est un champignon vénéneux toxique.
Les toxines sont concentrées sous la cuticule. Il s’agit :
– de la muscarine (en petite quantité), qui provoque la dilatation des pupilles, et une baisse des battements du pouls.
– la butoténine, hallucinogène, qui provoque des excitations hilares et hystériques.

Le chapeau (quelquefois jusqu’à 25 cm de diamètre) est globuleux, puis plan.
La cuticule est d’un rouge éclatant, ou jaune orangé quand le champignon a été délavé par les pluies. La surface est brillante, et parsemée de grosses plaques blanches, puis jaunâtres, d’aspect irrégulier et cotonneux, qui peuvent disparaître après la pluie.
La marge est épaisse, régulière, et courtement striée.

La chair est blanche, jaune orangée sous la cuticule, et toxique.
Elle n’a ni odeur, ni saveur caractéristique.

Les lames sont blanches ou blanc-jaunâtre, libres et inégales.

Les spores sont blanches et non amyloïdes.

Le pied (25 cm), élancé mais solide, blanc, pelucheux jusque sous l’anneau, se termine par un bulbe blanchâtre recouvert par 3 ou 4 bourrelets concentriques squameux, constituant la volve.

L’anneau est ample, pendant, membraneux, blanc, souvent bordé de jaune.

La toxicité de ce champignon se caractérise par des symptômes nerveux. 2 heures après l’ingestion apparaissent des brûlures d’estomac, des vomissements, des diahrées. Ensuite, peuvent survenir des délires, une sorte d’ivresse, des hallucinations auditives ou visuelles, des colères, des sueurs et enfin une prostration.

Attention à la confusion avec Amanita caesarea, regarder les lamelles, celles de l’amanite des César sont jaunes.

 Gymnopilus spectabilis ou Gymnopile remarquable

 Gymnopilus spectabilis, pholiote remarquable © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Pholiota spectabilis, Pholiota aurea, Homobasidiomycètes, Cortinariales, Crepidotaceae.

Voilà bien un champignon remarquable par ses couleurs, son jaune doré ou fauve orangé vif et par sa taille !

L’espèce est assez commune.  En été et en automne, on trouve ce champignon en touffes, sur des souches et à  la base des troncs de feuillus âgés, chênes, ormes ou saules.

Non comestible.
Considéré comme suspect du fait de son amertume et d’éventuelles propriétés hallucinogènes.

Le chapeau (de 8 à 15 cm) est très charnu, lisse, puis constitué de fibrilles soyeuses, bistres. Il est quelquefois bossu, et d’un fauve orangé splendide.
Il n’est ni visqueux, ni hygrophane, et n’a pas de grosses écailles à pointes.

La chair est épaisse, ferme, très amère, jaune pâle. Elle devient bistre au frottement.

Les lames sont serrées, échancrées, décurrentes en filet, jaune safrané, puis de couleur rouille.

Les spores sont ocre orange (10µ), en amande, verruqueuses.

Le pied est robuste (de 8 à 15 cm), épais en bas, avec un prolongement radicant jaune vif. Les fibrilles sont rougeâtres sous l’anneau.

L’anneau est ample, membraneux, jaune, rouillé par les spores..

Mycena pura, Mycène pur

Mycena pura après 18 heures de sporulation © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Homobasidiomycètes, Tricholomatales, Marasmiaceae.

Voilà bien un champignon petit par la taille, mais grand pour le genre. Il existe une espèce voisine Mycena pelianthina, dont les lames sont bordées de brun pourpre foncé.

Champignon très commun, on le trouve dans tous les types de forêts de feuillus et de conifères, en été et en automne.

La comestibilité est incertaine, et peut apparaître toxique voire hallucinogène pour certains.

Le chapeau (6 cm) est lilas, conique, convexe, étalé, avec un mamelon central. Hygrophane, le chapeau possède une marge striée.

La chair est blanc rosé, avec une odeur typique de radis. Elle est très mince, et la trace des lames se voit pas transparence sur la cuticule, ce qui lui donne son aspect strié.

Les lames sont espacées, adnées, échancrées, et blanches rosâtres.

Les spores sont blanches et amyloïdes.

Le pied (6cm) est long et grêle. Il est concolore au chapeau, creux et fragile.

Il existe comme espèce voisine Mycena pelianthina, dont les lames sont bordées de brun pourpre foncé.

Attention au risque de confusion avec Laccaria amethystina qui est un excellent comestible et se différencie par :
– son absence d’odeur
– ses lames très violettes
– ses spores importantes, blanchâtres, bien visibles sur les lames espacées.
– son pied tenace.

Psilocybe semilanceata, Psilocybe lancéolé

Homobasidiomycètes, Cortinariales, Strophariaceae.

Autre noms : Psilo, Liberty Cap, Champignon magique, pholiote écailleuse.

Ce petit champignon est un hallucinogène puissant.

De la fin de l’été à l’automne, sur les pelouses, les pâturages, les bords de route. Il pousse souvent sur les excréments comme les bouses de vaches.

Puissant hallucinogène. Le ramassage et le transport en sont interdits. Ses effets peuvent entraîner des comportements dangereux. Les deux principes actifs sont la psilocine et la psilocybine.

Chapeau conique à sommet pointu en bonnet de lutin, à marge un peu plissée, visqueux, brun-jaunâtre nuancé d’olivâtre, chamois ocre en séchant. La marge peut parfois être nuancée de bleu.

La chair est crème pâle. Son odeur est faible et herbacée. Sa saveur est douce.

Les lamelles sont beiges puis virent au brun.

Les spores sont brun pourpre foncées, elliptiques (15µ).

Le pied est blanc à crème parfois nuancé de bleuâtre à la base.

Panaeolus sphinctrinus, Panéole à marge dentée ou Panéole à gaine.

panaeolus sphinctrinus, panéole à marque dentée © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Homobasidiomycète, Cortinariales, Bolbitiaceae§.

Tous les Panéoles viennent sur milieux riches en matières organiques.

Ce champignon de taille moyenne pousse dans les prairies et les pelouses riches en matières organiques, fumier et excréments.

Attention : le Panaeolus Sphinctrinus contient, comme d’autres panéoles et psilocybes, de la psilocybine qui est une toxine hallucinogène (hallucinations, vision déformée des objets, couleurs erratiques, etc..).

Le chapeau est campanulé (de 2 à 4 cm).
Il est gris verdâtre, plus ou moins foncé selon l’humidité.
La marge débordante laisse voir une multitude de petites dents blanches.

La chair est mince et peu importante, comme chez tous les panéoles.

Les lames sont adnées, grises, liserées de blanc sur l’arête, nuageuses.
Elles présentent des taches noirâtres, dues à des mûrissements des spores décalés dans le temps, qui contrastent avec le fond clair des lames.

Les spores sont noires (15µ x 9µ).

Le pied est élancé (6 à 12cm), grisâtre, recouvert d’une pruine également grisâtre.

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