La musique – 1

Le tango, Buenos-Aires

Le tango, Buenos-Aires

La musique est rythme (la vie), mélodie (les héros), harmonie (le décor), elle est la maîtrise par l’esprit du monde sonore.

Pour Platon, la musique est une loi morale, elle donne une âme à l’univers, des ailes à la pensée, un essor à l’imagination, un charme à la tristesse, la gaîté et la vie à toutes choses. Elle est l’essence de l’ordre et élève vers tout ce qui est juste, beau dont elle est la forme invisible et cependant éblouissante, passionnée, éternelle. Elle est l’art éducateur par excellence.

Pour Aristote, la composition musicale reproduit les états d’âme. Rien n’est plus puissant que le chant et la musique pour exprimer, aussi réellement que possible, le courage, la sagesse et tous les sentiments de l’âme. C’est pourquoi elle doit nécessairement faire partie de l’éducation de la jeunesse.

Pour Confucius, l’étude de la musique est la seule façon d’être instruit de science certaine.

Quelques rappels historiques

Au commencement était le chant qui servait à louer les Dieux. Les Grecs organisaient des cérémonies avec des choeurs de plusieurs milliers de voix accompagnées d’instruments et chantant à l’unisson. L’harmonie n’apparaît pas avant le XIIe siècle, et encore de façon très simpliste.

Puis la musique sert les pompes de la nouvelle église catholique. Les papes créent des écoles de chant pour enseigner le plain chant puis en 590, le chant grégorien.

Les bases du plain chant fixent les modes d’exécution des hymnes. Psaumes et antiennes sont calqués sur les modes grecs, c’est à dire une musique sur quatre notes.

Il existe quatre modes grecs (aujourd’hui, nous n’avons plus que deux modes: majeur et mineur)

– mode Dorien sur les quatre notes : ré-fa-sol-la (1,5 – 1 -1)

– mode phrygien : fa-sol-la-si (1-1-1)

– mode éolien : fa-sol-la-do ( 1-1-1,5)

– mode mixolydien : fa-sol-do-ré (1 – 1,5-1)

Comme on le voit, un mode est caractérisé par la succession des intervalles musicaux et non par la note de départ (qui peut être différente selon l’accord de l’instrument. Dans notre gamme diatonique majeure la succession des intervalles est : 1 -1-0,5-1-1-1-0,5 soit 2 tons – un demi ton – trois tons – un demi ton)

La notation musicale n’existait pas. On se servait de « neumes », sorte de sténo qui indiquait s’il fallait monter ou descendre. Le neumes se compliquant avec l’évolution de la musique et devenaient incompréhensibles. Les papes publiaient des bulles pour réprimer les abus.

La notation musicale

Inventée par le Français Guy d’Arezzo au XIe siècle, elle permet des progrès rapides de la musique. Parallèlement à la musique religieuse, trouvères et troubadours en France, trovatori en Italie et Minnesinger en Allemagne s’organisent en corporations qui ont l’exclusivité de la musique de fête.

L’harmonie

en 1322, le pape Jean XXII autorise, pour les grandes fêtes, les chantres à utiliser des accords pour donner plus d’éclat. L’harmonie se limitera, jusqu’au XIVe siècle,  à la diaphonie par quintes et parfois par tierces.

Dans les drames liturgiques (les mystères), les strophes changent de mélodie en changeant de personnage.

Sous François Ier, la musique est devenue familière à tout le monde et fait partie de la vie.

Ce premier chapitre et ceux qui suivront sont une synthèse des cinq ans de cours d’esthétique musicale suivis avec Raphaël E. Genin, un élève de Busoni

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