Le myrte, garant d’éternelle jeunesse

myrte © Secrets de plantes

myrte © Secrets de plantes

Le myrte ou myrte juif ou nerte, Myrtus communis de la famille des Myrtaceae,  est un habitant des bois, de la garrigue, du maquis méditerranéen.
On le trouve, jusqu’à 800 m, en  France dans le Roussillon, le Languedoc, la Provence, la Corse et dans toute l’Europe méditerranéenne, en Asie occidentale et méridionale, en Afrique septentrionale.
Il est cultivé sur le littoral méditerranéen et jusqu’à Cherbourg.

C’est un arbrisseau aromatique, vivace toujours vert, de 1 à 3 m de haut.
Sa tige est irrégulière, dressée, à écorce rousse presque lisse. Les feuilles opposées, sont très rapprochées, glabres, ovales-lancéolées aiguës, entières, coriaces, luisantes, vert foncé, parsemées de ponctuations glanduleuses translucides. Il fleurit de mai à juillet avec des fleurs axillaires solitaires longuement pédonculées et odorantes.
Le fruit est une baie à peine charnue, ovoïde, d’un noir bleuâtre, couronnée par le calice ; elle est âpre et résineuse.

Usages

On se sert des feuilles et des fruits.
Le myrte est un antiseptique reconnu quatre siècles avant notre ère. Matthiole le conseille contre l’érysipèle et l’herpès.
Ses baies arrosées de vin (le myrtadum) étaient considérées comme un fortifiant de l’estomac et du coeur. Les fruits verts ou desséchés étaient utilisés comme hémostatiques. Le suc des baies était considéré comme stomachique et diurétique et, bouilli dans du vin, comme vulnéraire et astringent externe. Les feuilles servaient, écrasées sur les ulcères, en poudre, contre les panaris et les maladies des ongles, contre les pertes séminales et les sueurs des cardiaques.
Dioscoride insiste sur l’effet plus astringent encore de la galle.

Matthiole le recommande comme condiment fortifiant l’estomac et luttant contre l’entérite et la dysenterie.

En usage externe, on utilise ses feuilles en gargarismes désinfectants et aromatiques.
On utilise son huile essentielle comme antiseptique, désinfectant,  antiparasitaire. Elle est stimulante, digestive, hémostatique et agit sur les maladies de peau squameuses, en particulier le psoriasis. Attention, elle peut être irritante.

L’eau de myrte distillée entre dans les soins du visage sous le nom d' »Eau d’ange » qui fait partie de nos anciennes eaux de toilette et est actuellement réputée tant en Italie qu’en Grèce.

En homéopathie, on l’utilise contre les douleurs intercostales et la tuberculose.

Les fruits sont mangés par les arabes ; les corses en font une liqueur, le « myrtéi ». Le myrte est un condiment en Sardaigne, en Corse, en Crète : feuilles ou boutons floraux aromatisent la soupe de poissons, le ragoût de sanglier ou l’agneau au four alors que les baies sont plutôt consacrées à la charcuterie ou utilisées en ragoût, en farce.

Son bois est très estimé : on en fait localement des cannes, des outils, des meubles. Les feuilles ont servi au tannage du cuir.

Sous forme de fumigation ou d’essence, il servait pour aseptiser les pièces en hiver.

C’est un bel arbrisseau d’orangerie dont on a fait des variétés plus petites ou panachées.

Composition chimique et usages actuels

Les feuilles renferment :

– une faible quantité de lipides

– des acides organiques tels que l’acide ascorbique (vitamine C)

– des composés phénoliques parmi lesquels :

. des flavonoïdes de type flavonols (myricétine et son glycoside : la myricitrine)

. 14 % de tanins

– des résines

– 0,5 % d’huile essentielle contenant des terpénoïdes dont :

. des monoterpènes : acétate d’alpha-terpinyle, acétate de terpényle, acétate de linalyle, acétate de myrtényle, acétate de néryle, acétate de géranyle, acétate de bornyle, acétate de trans-carvyle, myrténate de méthyle, dl-camphène, 1,8-cinéole, géraniol, d-limonène, linalol, alpha et beta-pinène, terpinéol, dipentène, myrténol, nérol, terpinène-1-ol-4

. des sesquiterpènes : beta-caryophyllène, oxyde de caryophyllène, alpha-humulène, dihydroazulène

. des aldéhydes

. des lactones : myrtucommulones A et B

L’action phytothérapique du myrte est essentiellement due à la présence de l’huile essentielle et des tanins.

Utilisations alimentaires

L’essence est employée dans l’industrie alimentaire pour aromatiser les viandes et les charcuteries.

Utilisations pharmaceutiques

Les feuilles sont utilisées pour leurs propriétés astringentes, antiseptiques et stimulantes, tant en usage externe qu’interne (gencives, peaux et muqueuses irritées).

Connu dès l’Antiquité, le myrte est un remède populaire utilisé en infusé et parfois en teinture contre les diarrhées, les hémorroïdes, les hémorragies internes et les affections pulmonaires chroniques. Il est également conseillé lors d’infections génitales (leucorrhées).

L’huile essentielle de myrte est un excellent antiseptique. Par ailleurs, elle est aussi utilisée en frictions pour soulager les rhumatismes.

Utilisations cosmétiques

L’huile essentielle possède des activités antiseptiques, détergentes et déodorantes. Elle est aussi régénérante et tonifiante.

La fraction hydrosoluble est réputée astringente.

Les extraits ainsi que l’huile essentielle entrent dans la composition de shampooings pour cheveux gras à tendance pelliculaire, d’huiles de massage corporelles tonifiantes, de crèmes destinées aux peaux grasses et acnéiques, mixtes et matures. Ils trouvent encore une utilisation dans des crèmes de massage et des produits déodorants pour les pieds.

Folklore

Myrtus, de « myrtos », nom grec de la plante et « communis », du latin commun.

En langage des fleurs, offrir du myrte signifie amour, tendre retour mais s’il est fleuri, amour trahi.

Le myrte est un arbre sacré que ce soit chez les perses, les égyptiens, dans divers rites juifs où il était un arbre fécondant ou dans les mythologies grecque et latine.
Dans l’ovation ou petit triomphe, la couronne n’était pas de laurier mais de myrte et c’était aussi celle des jeunes épousées. Les Anglais en glissent un brin dans le bouquet des mariées pour leur souhaiter un amour achevé.
Aphrodite, au sortir de l’onde, se serait vêtue de feuilles de myrte et depuis la plante symbolise la déesse et l’arbuste lui est consacré.
C’est un garant d’éternelle jeunesse s’il est planté au jardin par une femme.
On ne doit pas passer près du myrte sans en cueillir une touffe parfumée, sinon c’est un présage d’impuissance et de mort.
Les piétons romains en voyage se procuraient un anneau de myrte comme viatique.

On le retrouve aussi chez les poètes, André Chenier écrit  :

« Ses blonds cheveux flottants par lui furent pressés

D’hyacinthe ou de myrte en couronnes tressés. »

Recettes

Infusion

Posologie
1 cuillerée à soupe de feuilles de myrte
1/4 d’eau bouillante

Faites infuser 10 minutes

Boire 2 tasses par jour chaudes, sucrées au miel

Sirop de myrte

Ingrédients
70g de feuilles de myrte
1 litre d’eau bouillante
1, 800 kg de sucre

Infuser puis macérer les feuilles dans l’eau durant 6 heures.
Passez, ajoutez le sucre, faites cuire jusqu’à consistance de sirop

Bain de myrte

Contre contusions, entorses, ecchymoses.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-Spam Quiz: