La verveine officinale

Fleur de verveine officinale © Secrets de plantes

Fleur de verveine officinale © Secrets de plantes

La verveine officinale ou verveine des champs ou « guérit tout » ou herbe aux sorciers, Verbena officinalis de la famille des Verbenaceae est une plante herbacée des terrains incultes. Elle n’a pas d’odeur particulière.

Discrète, cette petite plante vivace de 40 à 80 cm de hauteur, porte sur des tiges quadrangulaires rameuses et grêles, des feuilles rudes, opposées, oblongues à lancéolées, entières et sessiles au sommet, pétiolées à la base. De longs épis grêles terminaux portent de très petites fleurs d’un bleu lilas pâle, dont la corolle s’évase en 5 lobes arrondis et des feuilles allongées, médiocres, plus ou moins divisées. Son fruit est une capsule. Commune dans les friches ou sur les bords de chemin de toute la France, elle habite l’Europe, l’Asie, l’Amérique, et l’Afrique.

Usages

On utilise la plante entière cueillie en début de floraison.
Cette herbe si discrète avait jadis une réputation de panacée; les recettes médicales, alchimiques et astrologiques du XVe siècle la préconisaient contre la lèpre.
Dénigrée au siècle dernier, elle se vit reconnaître pourtant une action sur les fièvres intermittentes, les atonies utérines et les troubles du système parasympathique.
Elle agit sur le foie, la rate, les reins (diurétique), en cas de gravelle, faiblesse générale, règles douloureuses et irrégulières, a une action antinévralgique, fébrifuge, tonique, digestive (diarrhée, gaz).
Elle est utile en usage externe pour les plaies, ecchymoses, foulures, névralgies faciales, en lotion contre les migraines, en gargarisme contre les maux de gorge et la mauvaise haleine, en bain relaxant.
Elle est encore utilisée dans les campagnes, en cataplasme de plante fraîche souvent additionnée de blanc d’oeuf, pour résoudre les « bleus » ou encore en cataplasme de feuilles chaudes cuites dans du vinaigre contre les lumbagos et les points de côté.

Composition chimique et utilisations actuelles

Les parties aériennes contiennent :

– des glucides, notamment des osides (mucilages)

– 12 à 15 % de matières minérales

– des composés phénoliques, particulièrement des acides phénoliques dont le verbascoside

– des terpénoïdes : 0,2 à 0,5 % d’iridoïdes tels que verbénaloside, verbénine, hastatoside et des triterpènes dont des saponines

– des traces d’huile essentielle constituée de  terpénoïdes, principalement des monoterpènes comme le cinéole, le limonène, le linalol, le terpinéol, une quantité appréciable de citral et des sesquiterpènes tels que le caryophyllène

On reconnaît à la verveine des vertus dépuratives (notamment du foie et des reins), diurétiques, laxatives et vermifuges, vulnéraires, anti-rhumatismales et légèrement analgésiques.

Par ailleurs, elle possède des propriétés antipyrétiques, cholérétiques, emménagogues, galactagogues, sudorifiques et stomachiques.

Elle est aussi sédative, vasodilatatrice et cardiotonique.

Utilisations pharmaceutiques

La verveine est traditionnellement employée pour faciliter l’élimination rénale de l’eau.

Elle est utilisée en usage local comme traitement d’appoint adoucissant pour calmer les démangeaisons des affections de la peau (crevasses, écorchures, gerçures) et contre les piqûres d’insecte.

La verveine est également utilisée contre les coups de soleil, les brûlures superficielles et peu étendues, les érythèmes fessiers.

Utilisations cosmétiques

On conseille les extraits de verveine pour leurs propriétés adoucissantes, astringentes et purifiantes. Par ailleurs on les préconise aussi pour leurs vertus régénérantes et rafraîchissantes. On recommande leur utilisation dans les préparations suivantes :

– des shampooings pour cheveux gras

– des produits d’hygiène bucco-dentaire

– des crèmes régénérantes pour les mains et les peaux gercées

– des laits corporels apaisants

– des crèmes pour le contour des yeux

– des produits de soin de visage destinés aux peaux mixtes et grasses, aux peaux sensibles et fragiles

Folklore

Son nom viendrait de « Veneris », « Vénus » et de « herba », l' »herbe » par excellence.

La verveine était une plante sacrée pour les druides. Elle était, de la même façon, portée en couronne par les prêtres de Germanie et les ambassadeurs. Les romains en aspergeaient les salles de banquets pour que leurs convives se réjouissent et en purifiaient l’autel de Jupiter. Ils l’offraient en bouquet porte-bonheur.
Ayant perdu son statut de plante sacrée, elle devînt plante magique.
Entre autres vertus miraculeuses, les magiciens disaient qu’elle excellait dans la guérison des plaies causées par les armes en fer. On en aspergeait les maisons contre les mauvais esprits et les devins la buvaient avant de prédire l’avenir. Utile pour lever les sorts, le chasseur, par exemple, en frottait son arme pour annihiler le « mauvais oeil ». Tout en préservant des maléfices, elle entrait souvent dans la préparation de philtres magiques ou rituels : par exemple, pour se rendre vite et sans fatigue au sabbat, il suffisait de porter une jarretière  de verveine tressée avec ses tiges.
Aujourd’hui encore, un enfant qui portera sur lui de la verveine sera « bien élevé, éveillé, de bonne humeur et aimera les sciences ».
Et pour ranimer les amours mortes, ils suffit de se frotter les mains avec la verveine et de tendre et serrer la main de la personne dont on veux être aimé.

Recettes

bain défatiguant

200g de plante entière fleurie sèche pour 2 litres d’eau
Faire bouillir 1 à 2 minutes.
Verser dans l’eau du bain.

Garder les feuilles bouillies pour les appliquer en cataplasmes sur les placards de cellulite.

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