Le capitalisme, la bourse et la banque, les débuts

THE090_1Capitalisme : synonyme au départ de « richesse », le mot ne date que de 1842. Caractérisé par la propriété privée des grands moyens de production et d’échange, et par le fait que la force de travail est une marchandise vendue par le travailleur contre un salaire, le système capitaliste s’étend au XIXe siècle.

Soutenu par le crédit, le système capitalise se développe par nécessité : les transformations industrielles et commerciales demandent de gros capitaux. Mais il suscite des conflits entre capitalistes, et provoque des contestations politiques de la part des socialistes et des anarchistes. Les salaires versés sont insuffisants afin de dégager des plus-values qui enrichissent les fortunes privées ou les fonds des grandes sociétés.

Enfin, le capitalisme devient international : des liens multinationaux se tissent dans une même société, anglaise, allemande, française, hollandaise ou américaine. C’est l’impérialisme économique!

Le capitalisme porte-t-il en lui la guerre « comme la nuée porte l’orage », s’interroge alors Jaurès? Ou au contraire la solidarité capitaliste mondiale peut-elle faire surgir en enjambant les frontières, un espoir de paix ? C’est aux hommes de trancher. Mais en 1914, c’est la guerre qui prévaut.

La Bourse

La Bourse, installée au Palais Brongniart depuis 1826, vit des jours heureux jusqu’en 1846. Peu à peu, la cote s’étoffe, passant de 30 valeurs en 1830 à 154 en 1841.

L’État autoritaire mais non totalitaire de Napoléon Bonaparte favorise le développement du capitalisme libéral. L’Empereur peut être intransigeant en politique, mais il se garde d’intervenir en matière d’économie et de finances. La création de richesse se fait, comme on dit, naturellement ; l’enchaînement épargne-capital-investissement permet à la Bourse de rayonner d’un éclat sans précédent. La création de banques comme le Crédit Industriel et Commercial, le Crédit Lyonnais et la Société Générale, la vivacité de Rothschild et du Crédit mobilier stimulent le marché. Le champ d’action de la Bourse s’étend, en particulier aux grandes valeurs industrielles.

Après la guerre de 1870, l’activité reprend, sensible d’abord aux vicissitudes de la politique intérieure, puis influencée par les données extérieures, enfin carrément prospère.

La décennie suivante est animée par la spéculation sur les métaux ; nouvelle crise en 1889. Jusqu’à la fin du siècle, les poussées et les baisses sont moins fortes.

On s’installe dans la gestion quotidienne. Sur un fonds solide et riche, les ondulations du capitalisme qui se construit, mûrit et s’épanouit. Les périodes de dépression coïncident avec les troubles internationaux.

A la veille de la guerre de 1914, le nombre de valeurs cotées apparaît chaque jour plus infime. La Bourse est fermée le 3 septembre et ne sera rouverte que le 7 décembre.

La banque, partenaire économique

Deux créations capitales en cette année 1852, inspirées par les réflexions des frères Pereire, de l’économiste Wolowski, du haut fonctionnaire Jousseau et de Louis Napoléon Bonaparte : le Crédit mobilier et le Crédit foncier de France. La propriété mobilière ne cesse de croître, l’industrie a besoin d’investir.

Les frères Pereire, avec le concours d’Achille Fould, mettent à profit un voyage à Paris du célèbre James de Rothschild pour créer la banque saint-simonienne de leur rêve : la première banque d’affaires véritable.

Mais la propriété immobilière reste prédominante et Wolowski veut que les propriétaires puissent se procurer des disponibilités : la création de la Banque foncière de Paris qui devient le 10 décembre 1852 le Crédit foncier de France, fournit aux propriétaires désireux d’emprunter sur hypothèque le moyen de se libérer par annuités à long terme.

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