Le commerce international et le capitalisme au XIXe siècle

THE073jLes progrès du droit commercial.
Les interminables discussions et les multiples renvois à la commission montrent que les esprits sont très divisés sur ces matières trop peu étudiées en France. Deux principes opposés : la liberté pour l’action des sociétés et la réglementation pour la sauvegarde des intérêts des tiers, viennent à tout instant se heurter dans l’examen des articles sur la réglementation des sociétés.
Enfin la loi a été adoptée le 24 juillet 1867 ; elle apporte une liberté plus grande dans la création des sociétés commerciales et dans le développement du mouvement coopératif en pleine impulsion. Son importance pour la bourse sera capitale.

Plus vite et moins cher, beaucoup plus, partout. Les échanges commerciaux explosent, la liberté des échanges l’emporte partout sur le protectionnisme. Mais la concurrence coince les rouages à la fin du siècle et le protectionnisme regagne du terrain : Allemagne en 1878, France en 1892. Les tarifs douaniers opposent les pays d’Europe, France, Italie, Suisse, Allemagne, Russie. En effet, le commerce suit la demande de matières premières, la vente des produits agricoles et industriels courants, la recherche de nouveaux produits comme le pétrole. Un marché mondial se crée, bien différent de celui qui échangeait les produits rares et précieux, dominé par l’Europe et surtout l’Angleterre. Il invente et se sert de nouvelles structures : bourse, infrastructures portuaires, moyens de communication (télégraphe).
Parallèlement, tout un système de protection s’installe dans lequel les États ont une grande part ; il faut contrôler les voies commerciales et les points stratégiques. Chacun découvre la concurrence, parfois avec déconvenue. Le fair-play anglais se plaît à dénoncer le dumping allemand qu’il juge malhonnête. Ce n’est que l’expression de son inquiétude devant l’efficacité allemande qui progresse de plus en plus vite. Les États-Unis enfin apparaissent, dès le début du XXe siècle, comme le premier producteur mondial même si les capitaux de l’Europe affluent encore vers eux et qu’ils exportent surtout des produits agricoles. Toutes ces tensions économiques et commerciales favoriseront la progression vers la guerre de 1914. La suprématie du nouveau monde sur l’Europe s’annonce, dès cette période cruciale que le vieux continent n’a pu surmonter sans conflits.

Trust et monopole
Qu’est ce qu’un trust ? Une combinaison d’intérêts financiers formée dans l’intention de créer un monopole et de pouvoir fixer ainsi les prix du marché.
Comment fabrique-t-on un trust ? On crée et on développe une société comme par exemple Rockefeller avec la Standard Oil of Ohio, capital 1 million de dollars, activité principale : la vente de pétrole et de ce qui s’y rapporte (pipelines, forage etc.)
Et pour conquérir le monopole ? Rockefeller, pour poursuivre l’exemple, crée en janvier 1872 une société fictive, la South improvment Company, chargée d’obtenir des contrats secrets de rabais avec les chemins de fer pour le transport des barils de pétrole. Les producteurs indépendants ne peuvent plus faire de bénéfices.
En 1899, la Standard Oil possède les neuf dixièmes des pipelines, contrôle les raffineries, soit 90% du pétrole produit et décide des prix pour l’ensemble du marché. On peut considérer que ce type d’organisation est une menace sérieuse pour le consommateur.
Le « trust » représente le capitalisme à l’américaine alors que le capitalisme allemand prend plutôt des allures de « cartel » à concentration verticale.

Le bimétallisme

« Vous ne crucifierez pas l’humanité sur une croix d’or! » s’exclame Bryan, condidat démocrate en 1896.

La bataille du bimétallisme est un épisode du long conflit qui dans les années 1880-90 oppose les petits fermiers de l’Ouest aux banquiers et aux industriels des villes et de l’État.
Endettés, les premiers souhaitent une monnaie abondante une pratique inflationniste qui amortirait le poids de leurs dettes. Ils comptent pour cela sur l’argent, produit en abondance dans les mines de l’ouest. Le gouvernement fédéral les suit longtemps et maintient la double frappe d’or et d’argent.
Pendant la campagne électorale de 1896 les Démocrates et les Républicains s’opposent essentiellement sur cette question. La victoire de McKinley sur Bryan sonne le glas du bimétallisme et marque la victoire du capitalisme bancaire.

Religion et démocratie ne font pas encore bon ménage
Un petit groupe d’intellectuels qui se réunit dans la crypte du collège Stanislas souhaite réconcilier les catholiques avec leur république : »Concilier le spiritualisme chrétien et les revendications populaires pour la justice sociale », et prend position contre le capitalisme et le patronat.
C’est un brûlant foyer d’engagement intérieur, car Sangnier ne croit qu’à l’éducation de l’âme : fondateur de la revue Le Sillon et du mouvement du même nom, il en canalise ainsi les enthousiasmes, mystiques et moraux.
Les autorités religieuses, d’abord favorables, s’inquiètent de l’amalgame dangereux entre religion et politique. Sangnier, en proie aussi à des contradictions internes dans la définition de son engagement politique, se soumet et dissout Le Sillon, en 1910, à la suite de sa condamnation par le Saint-Siège.

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