Le télégraphe avant la TSF

Télégraphe à cadran de Louis Bréguet - 1844 © Musée des arts et métiers, l'Album

Télégraphe à cadran de Louis Bréguet - 1844 © Musée des arts et métiers, l'Album

Le 13 décembre 1863, il est décidé en France la Mise à exécution du grand système d’organisation télégraphique.

Le télégraphe a pour objet le transport rapide de la pensée à toute distance. Le télégraphe a été le premier outil de télécommunications lorsqu’on ne savait pas transmettre à distance des signaux complexes comme la voix ou l’image. On se contentait de transmettre des signaux simples codés sous forme visuelle comme dans le télégraphe optique (positions des bras dans le télégraphe  Chappe ), ou sous forme électrique (signaux brefs ou longs du morse).

Le télégraphe est inventé par Ignace Chappe en 1793. Réservé à la Défense nationale, il n’est d’abord qu’un dérivé mécanique, mais limité des signaux par feux ou drapeaux des anciens. Il faudra attendre la découverte des ondes électromagnétiques par Hertz pour que la transmission à distance d’informations puisse se faire autrement que par signaux visuels. En 1838, le peintre Samuel Finley Morse est le premier à utiliser un « code série », base de toute transmission à distance simple, n’utilisant qu’une seule ligne. En France, si la loi du 29 novembre 1850 met le télégraphe à la disposition du public, il reste principalement utilisé par l’armée et les chemins de fer, puis par les agences de nouvelles et la presse.

Le premier récepteur téléphonique émerge en France quelque vingt ans plus tard, mis au point par Clément Ader (1879). En 1881, on compte 1 802 abonnés dont 1 421 à Paris, 102 à Lyon, 96 à Marseille. Alors qu’à Londres, on n’enregistre que 20 mille communications par semaine pour 1 500 abonnés, Paris atteint une moyenne de 50 mille appels. Mais la résistance sociale à l’innovation cherche, principalement dans la morale ou la santé, les prétextes pour freiner la diffusion de la nouvelle technique. L’imperfection du téléphone à ses débuts, la peur d’indiscrétions dues aux demoiselles du téléphone, facilitent la tâche des détracteurs.

Le mot télécommunication est inventé par Édouard Estaunié en 1901, l’année même où Marconi fait franchir l’Atlantique au premier message de télégraphie sans fil. La T.S.F. est très vite utilisée pour les communications avec les navires. Mais il faudra attendre 1920 pour assister aux premiers développements commerciaux de la radiodiffusion.

Le télégraphe Chappe

Télégraphe Chappe

Télégraphe Chappe

Télégraphe optique de Chappe, sur le modèle des sémaphores, 1792.

Chaque position des bras mobiles du sémaphore, monté au sommet d’une tour, correspond à un message codé.
La première ligne est installée en 1794, entre Paris et Lille.
Grâce aux nombreuses stations intermédiaires installées tous les 20 kilomètres, la communication s’établit rapidement.
Premier réseau de communication organisé, plus rapide et plus sûr qu’un messager à cheval, le télégraphe optique est cependant largement tributaire des conditions atmosphériques et du coucher du soleil…

Le télégraphe de Chappe reste inégalé jusqu’à l’arrivée du télégraphe électrique en 1840.
Dans la France révolutionnaire menacée à ses frontières, cet appareil suscite des polémiques puis est finalement apprécié des autorités politiques.
Une dépêche de 150 signaux, soit une demi-page d’écriture, passe de Bayonne à Bordeaux en une heure, et de Bayonne à Paris en une heure et demie. En 1830, la malle poste parcourt le kilomètre en 5 minutes 45 secondes. Bayonne-Paris lui demande au minimum quatre jours.

Le télégraphe électrique

Télégraphe à deux aiguilles aimantées, de Wheatstone et Cooke de 1842 est le premier type effectif de télégraphe électrique à longue distance. Le courant électrique actionne les aiguilles qui indiquent les lettres et sont ensuite décodées.
Ce premier télégraphe commercial est acheté en 1837 par une compagnie de chemin de fer qui l’installe sur une vingtaine de kilomètres.
Vers la fin de 1844, Louis Clément Bréguet construit un appareil dans lequel l’armature actionne un échappement analogue à celui qu’il a adopté pour ses appareils « français ».
Dans le but de régulariser la transmission, Froment remplace, en 1845, le manipulateur de Breguet par un clavier qui transmet automatiquement les émissions.
Le télégraphe électrique apporte aux chemins de fer une assistance sans laquelle ce nouveau moyen de communication ne se serait pas développé.
Les appareils à cadran alphabétique, malgré la simplicité de manoeuvre furent abandonnés à cause de leur lenteur et supplantés par les appareils à code Morse et les systèmes imprimeurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-Spam Quiz: