Le théâtre des Champs-Élysées a 100 ans

L'inauguration du théâtre des Champs-Élysées en 1913

L’inauguration du théâtre des Champs-Élysées en 1913

Il y a 100 ans, en 1913, avait lieu l’inauguration du théâtre des Champs-Élysées d’Auguste Perret.

Le triomphe du béton armé !
« De ces quatre groupes de deux points symétriques pesant sur deux grandes poutres et soutenant deux ponts, découle l’architecture de tout l’édifice : quatre pylônes, quatre escaliers, quatre entrées, l’ensemble surmonté d’une coupole ou couronné en quatre parties. C’est de ces quatre pylônes que vient tout l’aspect de la salle ».-Auguste et Gustave Perret, entrepreneurs- Le terrain glaiseux, la nappe aquifère en communication avec la Seine ont imposé aux frères Perret la solution rationnelle du béton armé.
Les travaux du Théâtre des Champs-Elysées débutent en 1911. En 1913, les premiers spectateurs reçoivent le choc de ce « brutalisme » en architecture ; il apprécient assez peu les fresques de Maurice Denis (L’histoire de la musique en quatre tableaux) et les sculptures de Bourdelle (Apollon et les Muses). Ils sortent de cette première soirée où le théâtre jouait le Sacre du printemps de Stravinski tout bruissants d’agression et d’incompréhension. EVT531BSans se justifier, Auguste Perret explique ainsi ce « brutalisme » (les colonnes, la façade, les sculptures intégrées dans la structure) : « celui qui dissimule une partie quelconque de la charpente se prive du seul légitime et plus bel ornement de l’architecture. Celui qui dissimule un poteau commet une faute. Celui qui fait un faux poteau commet un crime. » Déclaration qui aujourd’hui semble beaucoup moins brutale !

Perret Auguste, architecte français
1874 (Ixelles) – 1954 (Paris)

« L’architecture n’est plus affaire de palais, ni de marbre, ni de colonnes,  elle doit descendre dans la rue : c’est la construction qui l’exprime. »
L’apparition des nouveaux matériaux incite Perret à ne rien cacher. « C’est  par la splendeur du vrai que l’édifice atteint sa  beauté…celui qui dissimule une partie quelconque de la charpente se prive du seul légitime et du plus bel ornement de l’architecture. »
C’est ainsi que Perret réussit la première tentative de béton armé esthétique : le garage Marbeuf, rue de Ponthieu, aujourd’hui démoli. Grand utilisateur de ce nouveau matériau, il l’impose dans son architecture en prônant la prééminence de la structure : immeuble avenue Franklin, théâtre des Champs-Elysées.
Il voit tout de suite, étant lui-même entrepreneur, le possible développement de la préfabrication et construit l’immeuble de la rue Raynouard à l’aide de panneaux préfabriqués de la hauteur d’un étage. Il reste un architecte classique, dans la ligne rationaliste de la fin du XIXe siècle. Très admiré, il aura une grande influence sur les générations futures d’architectes.

1903 : immeuble de la rue Franklin
1906 : garage de la rue de Ponthieu
1913 : théâtre des Champs-Elysées
1915 : entrepôt de Casablanca
1922-23 : Notre-Dame du Raincy
1929 : Ecole normale de musique
1930 : Mobilier national
1937 : musée des Travaux publics
1940 : professeur aux Beaux-Arts

1942 : la Tour Perret à Amiens, véritable repère dans la ville
1945 : Centre de Saclay
1949-56 : centre ville du Havre

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