L’enseignement de la musique au XIXe siècle

THE183bÀ côté du Conservatoire, bien peu de choses existent jusqu’à la fin du XIXe siècle. Pas de chaires consacrées à la musique dans les universités, les premières conférences sur l’esthétique et la psychologie musicale datent de 1893.
Pas d’enseignement de la musique dans l’instruction primaire avant la loi du 23 juillet 1883 qui marque le passage de la musique « art d’agrément » à la musique « instrument subtil et puissant de culture morale ». Mais la musique se popularise par d’autres voies. Guillaume-Louis Bocquillon, dit Wilhelm, enseigne la musique au lycée. Il crée l’Orphéon, d’abord chorale d’enfants, puis des adultes s’y joignent. A partir de 1848 il est réservé au sexe masculin, ce qui en limitera le répertoire. En 1867, l’Orphéon compte 3 243 sociétés et 147 500 adhérents. Gounod et Berlioz écrivent pour l’Orphéon. Mais, après 1870, les inventions d’Adolphe Sax popularisent la pratique des instruments de cuivre et les chorales sont de plus en plus négligées. L’Orphéon évolue vers la fanfare municipale!
Il faudra attendre la fin du siècle et Charles Bordes pour que l’enseignement musical ne soit plus réservé au seul Conservatoire. Mais le chant choral se développe par ailleurs. En 1902, Gustave Charpentier ouvre les cours populaires, le Conservatoire populaire de Mimi Pinson. En 1904, Henri Marcel et Henri Radiguer fondent l’Ecole de chant choral. On compte à cette époque en France 9 000 sociétés chorales ou instrumentales.
Après avoir fondé la Société des chanteurs de Saint-Gervais pour révéler les chefs-d’oeuvre de la polyphonie, Charles Bordes fonde la Schola cantorum. Aucune limite d’âge n’est imposée, ce qui permet les vocations tardives comme celle d’Albert Roussel. En 1900, c’est le succès. Ses adversaires l’appellent « la citadelle du formalisme ». Pourtant, Roussel y aura Satie comme élève.

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