La saponaire

Saponaire © Secrets de plantes

Saponaire © Secrets de plantes

La saponaire, ou savonnière ou herbe à foulon, Saponaria Officinalis de la famille des Caryophyllaceae, apprécie les endroit frais : on la rencontre sur les bords des chemins, le long des talus de chemins de fer jusqu’à 1600 mètres d’altitude.
Elle est commune dans presque toute l’Europe et en Asie occidentale.
On la trouve en l’Europe et en Asie tempérée où elle manque sur de vastes espaces.
Sa multiplication végétative, par son rhizome, en fait une plante qui peut être envahissante.

Cette herbacée est haute de 80 cm , sa tige est simple ou rameuse d’un vert rougeâtre, elle est renflée aux noeuds. Les feuilles sont grandes, verte, de forme ovales lancéolées, elles sont attachées au niveau des noeuds de la tige, opposées les unes aux autres.
Les fleurs en cymes pédonculées sont très odorantes, les sépales sont en forme de tube, ils sont striés et possèdent 5 dents courtes et pointues. Les pétales sont libres de couleur rose pâle ou liliacé, ils sont rétrécis à la base en un long onglet très élargi dans sa partie supérieure. La floraison a lieu de juin à octobre.

Usages

On en utilise les feuilles et le rhizome.
Le rhizome a des propriétés expectorante, diurétique et dépurative. Sa poudre est sternutatoire et vermifuge.
Les feuilles sont dépuratives en tisane, et servent à soigner toux, bronchite et maladies de peau.
§Dioscoride§ énumère les applications de la racine : accroître la sécrétion  urinaire, agir contre la toux avec du miel, les maladies du foie, expulser les calculs urinaires. On en fait des emplâtres avec de la farine et du vinaigre contre les maladies de peau, les tumeurs, on l’ajoute au collyre.
Sainte Hildegarde la préconise contre les troubles oculaires, les bourdonnements d’oreille, les maladies de poitrine et les ulcères internes. Au siècle suivant, on l’utilise contre la goutte, le rhumatisme, les accidents syphilitiques.
Mais pour Cazin, la saponaire n’est plus que tonique, encore faut-il  l’employer à grande dose pour qu’il y ait un effet.
Pourtant en dose excessive, des tremblements, une sécheresse de la bouche avec paralysie de la langue et mêmes des hallucinations peuvent apparaître.
Les animaux ne broutent d’ailleurs pas la saponaire car elle provoque des toux et une hypersécrétion du mucus bronchique.
Pour Pline, c’est une “herbe à lait” car elle fait venir le lait quand elle est donnée à jeun aux brebis, mais elle fait vomir celui qui la goûte.
Longtemps utilisée pour laver le linge à la place des savons, elle a la propriété de mousser dans l’eau. Les Anciens s’en servaient pour débarrasser du suint la laine surge plutôt que pour blanchir le linge.
Elle servait au blanchiment des fils et des dentelles et à émulsionner les graisses.

Composition chimique et usages actuels

La feuille contient
– des protides : acides aminés (glutamine)
– des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C)
– des composés phénoliques, notamment des flavonoïdes : flavones (saponarine)
– des triterpènes (saponines)
La feuille et la racine de saponaire possèdent des propriétés anti-asthéniques, antipyrétiques, cholérétiques et sudorifiques. Elles sont encore dépuratives, diurétiques et purgatives. Elles ont par ailleurs des vertus expectorantes et veinoprotectrices.
Les propriétés de la feuille sont cependant moins prononcées que celles de la racine.
On attribue à la feuille des activités anti-inflammatoires.

Utilisations pharmaceutiques
La feuille et la racine de saponaire combattent les insuffisances hépatiques et biliaires. On les recommande également contre les rhumatismes chroniques et la goutte.
La saponaire est surtout utilisée en usage externe contre les maladies cutanées telles que l’acné, l’eczéma, le psoriasis.

Utilisations cosmétiques
Les extraits de feuille et de racine de saponaire jouissent de propriétés détergentes et émulsionnantes grâce à leur teneur en saponines. Ils ont aussi une activité purifiante et tonifiante.
Les extraits de saponaire sont particulièrement recommandés dans :
– des shampooings pour cheveux normaux, des lotions capillaires pour cheveux gras
– des produits tonifiants pour le corps
– des laits démaquillants pour peaux mixtes ou grasses
– des crèmes destinées aux peaux normales

Folklore

D’après Pline, les gaulois avaient coutume de traiter leur chevelure pour la faire rougir par une préparation obtenue par action de cendres sur du suif. Dérivé d’un vocable germanique « saïpon », c’est le « sapo » dont la forme à l’accusatif « saponem » mène tout droit à « savon » dès le moyen âge. Tout ce qui mousse et déterge comme le savon recevra donc un nom dérivé : celui de la “saponaire” n’est qu’une codification du XVIe s. de l’appellation populaire d’“herbe à savonnière”.
Elle est symbole de purification en lien avec son utilisation pour nettoyer.
Pour Pline, elle serait la plante dite « militaris »qui appliquée dans l’huile guérirait toute blessure faite par le fer en moins de 5 jours.

Recettes

Laver à la saponaire

Ingrédients
saponaire sèche
eau

Faites bouillir des racines de saponaire dans l’eau. Laissez infuser. Passez.
Lavez alors, en machine, tous vos vêtements de couleur, ils n’en seront que plus beaux et ne se décoloreront pas. Les noirs en particulier ne pâlissent ni ne verdissent comme avec le savon.

Jadis tous les vêtements de couleur noire étaient lavés à la saponaire. On voit encore ceci dans les couvents méditerranéens.

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