La Confrérie préraphaélite

�William Holman Hunt, The Haunted Manor, 1849, Londres, Tate Gallery

William Holman Hunt, The Haunted Manor, 1849, Londres, Tate Gallery

Revenir à la simplicité de la peinture avant Raphaël

« Il faut adopter un style d’une indépendance absolue vis-à-vis tant des règles de l’art que de leurs conventions…Il faut en revenir à la simplicité des peintres italiens du XVe, ceux d’avant Raphaël…sans les imiter totalement toutefois, car il faut rendre la nature le plus fidèlement possible, la nature qui servira de cadre à des sujets d’un moralisme édifiant… » tels sont les principes qui conduisent huit jeunes étudiants de l’école de la Royal Academy, dont Holman Hunt, Millais et Dante Gabriel Rossetti, à fonder un groupe auquel ils donnent le nom de Confrérie préraphaélite (the Preraphaelite Brotherhood).

John Everett Millais, Le Christ dans la maison de ses parents, 1849, Londres, Tate Gallery

John Everett Millais, Le Christ dans la maison de ses parents, 1849, Londres, Tate Gallery

Ils réalisent, selon ces mêmes principes des toiles aussi brillantes que L’Enfance de la Vierge (Rossetti), Rienzi (Hunt), Laurent et Isabelle et Le Christ dans la maison de ses parents (Millais) ; cette dernière toile fait scandale parce que l’artiste a osé, dans un souci de réalisme minutieux, représenter saint Joseph sous les traits d’un charpentier de son village !
Le tollé général qui s’ensuit contribue à la dissolution rapide du groupe (« maintenant la table ronde est dissoute »), qui ressuscite en 1861, sous l’impulsion du critique d’art Ruskin, mais sans l’enthousiasme des débuts.

 

Burne-Jones

Burne-Jones

Burne-Jones, sir Edward Jones dit, peintre anglais
1833 (Birmingham) – 1898 (Londres)

Sir Edward Jones, né en 1833 dans la laide ville de Birmingham est l’ami et le disciple de William Morris, le théoricien du « socialisme esthétique ». La réforme de la société doit être, selon eux, aussi et même surtout une victoire de la beauté.
Mais où réside le beau, sinon dans le retour à la primitive ? Céramiste et peintre sur verre, Burne-Jones devient un vrai peintre, un des maîtres de l’école préraphaélite. L’art « vrai » est celui antérieur à Raphaël. Il faut bannir le pittoresque et l’anecdote, choisir des thèmes légendaires (Merlin l’enchanteur, les sept jours de la création) et en extraire la signification symbolique. Le grand inspirateur demeure incontestablement Botticelli. Dans la forme aussi : Jones aime les sinuosités et les rythmes linéaires ; il reste un décorateur. Par là, il annonce « L’Art nouveau », le style 1900.
Cependant sous les traits d’héroïnes médiévales, il dessine les silhouettes d’aristocratiques ladies victoriennes. C’est peut-être pourquoi, quand il meurt à Londres, en 1898, après avoir été longtemps boudé, il est couvert d’éloges par les critiques.

1874 : L’Enchantement de Merlin

 

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