La machine à coudre

La machine à coudre de Thimonnier - Musée des Arts et métiers, l'Album

La machine à coudre de Thimonnier – Musée des Arts et métiers, l’Album

Une machine qui fait fureur à la conquête du cousu main. Cet appareil historique, très rudimentaire, a servi de modèle à toutes les machines à coudre et à broder modernes.

La première machine à coudre inventée par le Français Thimonnier a servi de modèle à tous les modèles modernes. Thimonnier l’utilise dans son atelier de la rue de Sèvres pour son usage personnel, à la grande fureur des ouvriers tailleurs. Beaucoup d’ennuis pour avoir raison à posteriori ; même la faculté s’en mêle, prétendant qu’il faut bannir cette odieuse machine qui rend malades celles qui l’utilisent ; condamnation pour raison de santé!
Les Américains voient tout de suite le parti que l’on peut tirer de cette machine et lui apportent, dès 1844, de multiples perfectionnements, comme l’emploi de deux fils et de la navette.
La machine de Thimonnier arrive en retard à l’Exposition universelle de Londres qui consacre alors le modèle Singer ; le mouvement de la navette est passé de transversal à longitudinal, ce qui ajoute une grande douceur à la grande vitesse.

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En France la machine magique met longtemps à pénétrer malgré l’expérience de production de masse lancée par le fondateur de la Belle Jardinière. Le « cousu main » résiste bien.

Les différents types de machine à coudre
Les machines à coudre peuvent se classer selon la nature des coutures qu’elles peuvent exécuter :
– machines faisant le point de surjet : l’aiguille traverse totalement l’étoffe comme dans la couture à la main, revient en arrière par-dessus le bord et la traverse de nouveau. Ces machines ont très vite été abandonnées,
– trois catégories de machines dans lesquelles seul le chas de l’aiguille perce l’étoffe, travaillent avec un ou deux fils pour exécuter :
A- des points de chaînette
B- de navette
C- de double chaînette.

Les hommes

Barthélémy Thimonnier
1793 (L’Arbresle, Rhône) – 1857 (Amplepuis, Rhône),
inventeur français.

Inventeur de la machine  à  coudre au point de chaînette et du couso-brodeur, Thimonnier est l’initiateur de ce fabuleux outil que sera la machine à coudre individuelle, qui marque le début de la couture mécanique et facilitera la naissance de la grande confection.
Les Américains Singer et Howe s’en inspireront.

Descendant d’une famille de teinturiers de Lyon fixée à Amplepuis, Thimonnier abrège ses études, puis apprend le métier de tailleur.
1825 : il s’installe à Saint-Etienne dans un atelier, mais il passe plus de temps dans un pavillon isolé, se consacrant à la mise au point d’une machine qu’il garde secrète. Il néglige ses affaires et se retrouve ruiné.
1829 : il maîtrise enfin l’idée de sa future machine à coudre qui utilise le système du fil continu et du va-et-vient d’une aiguille simple piquant l’étoffe sans la traverser (le point de chaînette).
1830 : brevet d’invention pour un appareil à coudre mécaniquement au point de chaînette.
1831 : La maison Germain et Petit, rue de Sèvres à Paris, dans laquelle Thimonnier est directeur, installe un atelier de
80 machines à coudre pour la confection de vêtements militaires, chaque machine travaillant six fois plus vite qu’une ouvrière.
L’exploitation de cette première machine ne satisfait pas les ouvriers qui n’y voient qu’un dangereux concurrent. Thimonnier se voit obligé de fuir Paris, après la destruction de ses machines.
1834 : Thimonnier travaille alors à façon comme ouvrier tailleur et ne fait  plus fonctionner sa machine que comme objet de curiosité.
1845 : il la perfectionne en la simplifiant : le couso-brodeur pique à la vitesse de 200 points minute.  C’est le succès, qui lui assure une réputation de brodeur.
1848 : nouveau brevet de perfectionnement pour son
« couso-brodeur » : 300 points à la minute. La Révolution de 1848 arrête ses
projets d’exploitation.
1851 : dernière malchance, la machine de Thimonnier arrive à l’Exposition Universelle de Londres après l’examen du jury.
1857 : Thimonnier meurt d’épuisement et de misère à Amplepuis.

La machine à coudre Singer

La machine à coudre Singer

 

Isaac Meritt Singer
1811 (Pittstown, N.Y.) – 1875 (Torquay, Devon),
industriel américain.

Singer et Howe, en améliorant les performances des machines à coudre existantes et en rendant les coutures plus solides, parviennent à monter une usine de fabrication de ces machines, qui marque la naissance de la couture industrielle.

Manœuvre à Rochester, puis mécanicien à Boston.
1854 : deux ans après son compatriote Elias Howe, Isaac Singer ouvre une fabrique de machine  à  coudre .
Tous deux améliorent la machine  à  coudre  de  Thimonnier qui coud au point de chaînette, un inconvénient majeur, quand on sait qu’il suffit de tirer sur le fil pour défaire le point.
Les deux industriels remplacent le point de chaînette par le point de piqûre en ajoutant une seconde bobine de fil, la minuscule canette, sous le tissu. Cette adjonction d’un second fil modifie profondément la machine et la rend véritablement pratique. Ils y ajoutent un bâti de fonte et une manœuvre à pédales.
Jean-Pierre Clair
1804 (Les Vastres, arrondissement du Puy en Velay) – 1870,
mécanicien français.

L’un des fournisseurs de modèles privilégié du CNAM, comme Eugène Philippe, mécanicien reconnu et spécialiste de l’instrumentation scientifique.
A partir de 1840, sous l’impulsion de A. J. Morin, pour qui a été créé la chaire de mécanique appliquée, le Conservatoire royal des arts et métiers commande régulièrement des modèles à Clair.

1817 : apprenti serrurier à Lyon, puis conducteur d travaux chez l’entrepreneur de l’Ecole royale des mineurs.
A l’Ecole des mines de Saint-Etienne, Clair est amené à participer aux recherches qui aboutissent à l’invention de la première machine à coudre par Thimonnier et Ferrand.
1828 : le modèle de cette machine réalisée par Clair est conservé au musée du Puy.
1830 : il installe à Paris les premières machines de Thimonnier dans la manufacture Petit.
Il construit alors des tours à filer, des tarares, des modèles de magnanerie, et d’autres appareillages, construits pour le compte d’inventeurs, comme le calorifère de Darcet, le tarare de Combes, la turbine de Fourneyron.
1839 : il se tourne vers l’enseignement et montre pour la première fois ses modèles réduits à l’Exposition nationale.
1844 : Clair présente ses modèles dans toutes les Expositions nationales et internationales avec un grand succès.
La collaboration de Clair aux travaux de Morin le conduit à réaliser des instruments scientifiques : dynamomètre par exemple.

1 comment for “La machine à coudre

  1. johanne Belley
    30 juin 2016 at 1:27

    avec une machine a vapeur pour légume

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