Les câbles sous-marins et le début des télécommunications

Les différents câbles transatlantiques © Musée des arts et métiers, l'Album

Les différents câbles transatlantiques © Musée des arts et métiers, l’Album

« J’ai pêché un morceau d’algue marine dont la partie centrale est remplie d’or. »

La nouvelle fait sensation dans le port et l’heureux pêcheur montre ce que le chalut a pris dans ses filets. Après enquête, on découvre que ce n’est qu’un morceau du câble télégraphique sous-marin, posé en 1850 par le remorqueur Goliath entre le cap Gris-Nez en France et le cap Southerland en Grande-Bretagne.
En 1851, on pose un nouveau câble plus résistant cuirassé de fer et la liaison télégraphique France-Angleterre ne sera plus interrompue.
Les continents se parlent.

les investisseurs des câbles transatlantiques

les investisseurs des câbles transatlantiques

Depuis un an, on assiste à une frénésie autour du câble télégraphique :
« Quelle révolution ! Chaque journal servira à ses abonnés, comme premier article, le bulletin quotidien des nouvelles du monde entier. Bien mieux ; les marchés du monde vont trouver dans cette correspondance transatlantique, le moyen de centupler leur opérations. »
L’ère de la communication a commencé, non sans peine et non sans conséquences insoupçonnées.
Les débuts ont été difficiles ; certes la première liaison par câble sous-marin a été établie dès 1851 entre la France et l’Angleterre, mais il faut dix années d’effort pour réaliser la liaison avec le continent américain.
L’Agamemnon (l’Anglais) et le Niagara(l’Américain) doivent se rencontrer au milieu de l’Atlantique pour épisser les deux morceaux de câble, puis ils déroulent leurs câbles jusqu’à leur port d’attache.
Au premier essai en 1857, le câble se rompt. Un an plus tard, on recommence par deux fois : le premier message qui passe est accueilli avec enthousiasme. Après un mois et 400 messages, le câble se tait à la suite d’une erreur technique. En 1865, nouvel essai à bord du gigantesque Great Eastern dont la taille permet d’embarquer la totalité du câble, nouvel échec dû à un défaut électrique, une cassure, des sabotages. Et l’on recommence jusqu’au 27 juillet 1866 date à laquelle la liaison, définitivement établie, permet aux continents de se parler sans points de suspension.
La découverte des ondes Hertziennes et la télégraphie sans fil signeront à terme la fin des câbles transatlantiques

Le Great Eastern

Le Great Eastern

Le Great Eastern

C’est un monstre marin ! Non, seulement la dernière création d’un ingénieur anglais fort talentueux : Isambard Kingdom Brunel qui construit des ouvrages d’arts, transatlantiques et chemins de fer.
L’extraordinaire Great Eastern : fer, vapeur, roue à aube et hélices, longueur 210 mètres, jauge 23 800 tonneaux, 400 hommes d’équipage, 5 000 passagers… sauf pour son premier voyage où il n’en a transporté que 36 (dont Jules Verne).
Ce navire, tristement célèbre pour ses naufrages, a ruiné plusieurs compagnies. Le trafic international n’était pas à sa mesure ou peut-être était-il trop en avance dans sa conception ?
Le gigantesque volume de sa cale le sauve pour un temps de la casse ; il pose le premier câble transatlantique. Avec succès ; pour une fois il est le bien nommé : transatlantique.

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