L’effroyable complexité du cerveau

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collage de Maryvonne Pellay

On m’avait demandé d’écrire une pièce de théâtre sur le cerveau. L’expérience a débouché sur une pièce de politique fiction « les aiguilles de l’horloge n’indiquent pas la même heure »…Pour en arriver là, un neurophysiologiste, un psychiatre, un auteur et moi-même sommes partis pour un voyage dans le cerveau et dans nos cerveaux qui a duré un an. Les mots nous piégeaient; il faut nommer pour faire participer les autres, mais le mot est imparfait. Chacun de nos cerveaux, comme tout cerveau,  laissait des traces à l’extérieur et apprenait en modifiant ses circuits, en se créant des référents en fonction des situations que nous imaginions. Jamais je n’avais ressenti à ce point le fait que le cerveau est immature, entre la cire vierge et le bourgeon.

Voici quelques notes sur le cerveau …mais peuvent-elles être utiles? le cerveau peut-il s’introspecter lui-même? N’est-on pas dans le cas du serpent qui se mord la queue?

Le cerveau, environ 1500 g de matière molle dans laquelle officient 100 milliards de neurones, chaque neurone recevant les informations provenant d’environ 100 à 1000 milliers de neurones et les transmettant à autant d’autres. Cette propagation de l’influx nerveux n’est pas aléatoire, elle dépend du passé culturel de chacun. Ce que je suis est une résultante de ce que j’ai été.

Comment le monde, indifférencié pour le cerveau du nouveau-né, devient-il perceptible au sens de la connaissance?

Lors du développement de l’embryon, le cerveau résulte d’un enroulement qui ramène la partie la plus développée près de la partie la plus ancienne, c’est le rhinencéphale qui module la pensée!

Nous sommes aussi le produit de notre futur grâce à l’anticipation. Le langage qui permet de structurer la pensée, permet de recréer une situation passée pour anticiper une situation à venir.

Et pour que cette activité incessante n’aboutissent pas au chaos, des synapses inhibitrices interviennent en permanence pour maintenir une activité cohérente du cerveau.

Le cerveau est le parasite le plus important du corps, si le corps vient à manquer de quelque chose, c’est le cerveau qui en souffre le premier et le plus vite.

La barrière hémato-méningée le protège, sauf pour les molécules qui miment les molécules naturelles. C’est une des causes de la grande misère des drogués qui prennent des endorphines synthétiques qui font baisser le taux des endorphines naturelles entraînant un rétrocontrôle péjoratif.

Ceux qui demandent qu’on leur prescrive des psychotropes en disant: « donnez-moi quelque chose qui n’altère pas mon intégrité psychique »  n’ont rien compris aux mécanisme des psychotropes!

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