Émile Zola, reflet et acteur du XIXe siècle

Émile Zola par Manet - Musée d'Orsay

Émile Zola par Manet – Musée d’Orsay

Émile Zola met sa plume au service des luttes politiques et artistiques du XIXe siècle.

En 1898, la fondation de ligue des droits de l’homme marque l’avènement d’un nouveau pouvoir intellectuel
Au milieu des passions qui se déchaînent autour de l’affaire Dreyfus, émerge un »pouvoir »intellectuel.
« Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière » – Zola, J’accuse, L’Aurore, 13 janvier 1898 –
« Me faut le dire à leur honneur, les hommes de pensée se sont mis en mouvement, d’abord. » – Clemenceau dans L’Aurore, 18 janvier 1898 -.
Se dégage aussi la haine de certains intellectuels – Barrès, Mes cahiers – « Sous prétexte de nous faire citoyen de l’humanité, elle (l’université) nous déracine de notre sol, de notre idéal aussi. »
Le combat s’élargit aux forces susceptibles de transformer en profondeur la société. A long terme, l’Affaire Dreyfus va consolider la République, va permettre de républicaniser l’état-major, d’affaiblir le pouvoir des congrégations.
Pour ceux qui sont attachés aux droits de l’homme, la Ligue des droits de l’homme est née de l’Affaire et pendant l’Affaire.
Ludovic Trarieux, ancien ministre de la Justice est à l’origine de sa fondation. Seulement 4 à 5 mille en 1898, ses adeptes seront plus de 40 mille en 1906 et leur audience est grande.

Un atelier aux Batignolles de Fantin-Latour

Un atelier aux Batignolles de Fantin-Latour

Zola et les peintres au café Guerbois

Les discussions esthétiques au Café Guerbois (l’Avenir National 5 Mai 1873) auxquelles il participe aux côtés de Manet, inspirent à Fantin-Latour son tableau : Un atelier aux Batignolles, il y réunit tous ses amis. Outre Manet, on peut y voir de gauche à droite : Scholderer, Renoir, Astruc (assis) Emile Zola, Edmond Maître, Frédéric Bazille et Claude Monet. Groupement de personnages, groupement d’école autour d’un maître encore tant contesté que le tableau lui-même suscite plus d’ironie que de vrais hommages. Il est refusé au Salon de 1870.
Bertall l’épingle même du titre de « Jésus Peignant au milieu de ses disciples, ou la divine école de Manet, tableau religieux par Fantin-Latour ».

Zola, défenseur des Impressionnistes: devant l’Olympia de Manet, Zola est l’un des rares qui ait ressenti qu’il était devant un chef d’oeuvre, il interpelle Manet ainsi:

« Un tableau pour vous est un simple prétexte à analyse. Il vous fallait une femme nue, et vous avez choisie Olympia, la première venue ; il vous fallait des taches claires et lumineuses, et vous avez mis un bouquet ; il vous fallait des taches noires, et vous avez placé dans un coin une négresse et un chat. Qu’est-ce que tout ç a veut dire ? Vous ne le savez guère, ni moi non plus. Mais je sais, moi, que vous avez admirablement réussi à faire un œuvre de peintre, de grand peintre…à traduire énergiquement et dans un langage particulier les vérités de la lumière et de l’ombre, les réalités des objets et des créatures. »

Devant Femmes au jardin de Monet, il dit: »Il faut aimer singulièrement son temps pour oser un pareil tour de force, des étoffes coupées en deux par l’ombre et le soleil, des dames bien mises dans un parterre que le râteau d’un jardinier a soigneusement peigné. »Cézanne se dispute avec Zola, son ami d’enfance, qui l’a  pris pour le modèle d’un « peintre raté » dans L’Œuvre (1886)Zola et le théâtreAbonné au Théâtre libre (théâtre créé par Antoine en 1887),  Zola lui apporte aussi son soutien financier.

Émile Zola

Émile Zola

Zola Emile, écrivain français
1840 (Paris) – 1902 (Paris)

« Envions-le, sa destinée et son cœur lui feront le sort le plus grand. Il fut un moment de la conscience humaine. » – Anatole France –
La misère, Zola l’a connue, la bohème aussi, sous les toits de Paris : rien à manger – mais du rêve, de la poésie et les amis de Paul Cézanne. Une bougie de trois sous, c’était une nuit de littérature.
A vingt-deux ans, Zola est naturalisé français. Il entre chez Hachette, s’occupe de publicité et rencontre les grands écrivains de son temps. Il travaille beaucoup, se lance dans le journalisme et la critique. La lecture de L’Introduction à la méthode expérimentale de Claude Bernard est pour lui une révélation : il en tire la théorie du « roman expérimental ». « L’expérimentateur est le juge d’instruction de la nature.

Nous autres romanciers nous sommes les juges d’instruction des hommes et de leurs passions ».
Consacré dès 1867 auteur à succès avec Thérèse Raquin, qui fait scandale, il décide d’écrire, à l’égal de Balzac, une fresque, les Rougon Macquart : vingt volumes occuperont sa vie d’écrivain. Le triomphe est acquis avec L’Assomoir. Il accueille dans sa maison de Médan de jeunes romanciers à l’enseigne du naturalisme. Ses romans lui apportent une célébrité sans égale, la fortune et la haine de tous les bien-pensants. « La signification de son livre : faire de l’art en faisant du boudin… cela s’appelle le réalisme » -Barbey d’Aurevilly-
Zola aurait aimé entrer à l’Académie française, mais il sacrifie la respectabilité à sa soif de justice, et s’engage à l’occasion de l’Affaire Dreyfus. Son éditorial dans L’Aurore que dirige Clemenceau, J’accuse, est tiré à 300 000 exemplaires. Poursuivi, condamné, Zola s’exile. Un an plus tard, Dreyfus est libéré. « La vérité est en marche, rien ne l’arrêtera. » (1898)
Zola, l’abominable gueux, l’Italien vendu aux juifs, le souteneur de Nana, le Père la Trouille. Les haines qu’il a suscitées égalent celles qui conduiront à l’assassinat de Jaurès. Il meurt accidentellement chez lui en 1902 : ses cendres seront transférées au Panthéon en 1908.

1864 : Contes à Ninon
1867 : Edouard Manet, critique d’art
1867 : Thérèse Raquin
1877 : L’Assommoir
1879 : Nana
1880 : Le Roman expérimental
1883 : Au bonheur des dames  
1885 : Germinal

1890: La bête humaine immortalise les cheminots, mécaniciens et conducteurs du rail
1898 : J’accuse dans l’Aurore
1899-1903 : Les Quatre Évangiles

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