La belladone

Belladone © Secrets de plantes

Belladone © Secrets de plantes

La belladone, ou belle dame ou morelle furieuse ou herbe au diable, Atropa belladona de la famille des Solanaceae, est une grande plante vivace pouvant atteindre 2 m, aux fleurs violacées et aux baies noires de la taille d’une petite cerise. Elle est peu fréquente et, en général, pousse dans les clairières, dans les taillis, et au bord des chemins forestiers. On la trouve en Europe, dans le sud-ouest de l’Asie et en Afrique.
La plante est très toxique et les baies juteuses et sucrées ont été responsables de nombreux empoisonnements, notamment chez les enfants.

Les feuilles supérieures, de forme ovale, sont groupées par deux (une grande et une petite) et dégagent un parfum désagréable quand on les froisse. Les fleurs, de couleur brun violacé, naissent à la base des feuilles, seules ou par paire, entre les mois de mai et août. Le fruit, extrêmement toxique, est une baie noire et luisante de la taille d’une cerise. La pollinisation de la belladone s’effectue grâce aux insectes et ses graines sont dispersées par les oiseaux qui mangent ses baies.

Usages

Très rare en Grèce, la belladone a été quasiment ignorée des Anciens. Par contre, elle a acquis une grande importance au moyen âge et elle est aujourd’hui largement utilisée en médecine.
Elle a un très large spectre d’action sur le système nerveux, le cœur, la circulation, la respiration, la température et l’œil.
Elle entrait dans la composition du  “baume tranquille”, de “l’onguent populeum”. et aussi de  « l’onguent des sorcières ” utilisé pour entrer en transe et partir au Sabbat.
La belladone, considérée comme un puissant sédatif et un bon remède aux spasmes douloureux, était très utilisée dans la médecine du début du siècle sous diverses formes : infusions des feuilles, décoctions, fumigations à partir des vapeurs de poudre, emplâtres, etc…  Efficace aussi bien dans les cas de constipation que dans le traitement des troubles nerveux, elle pouvait aussi calmer la douleur par des applications externes.
Feuilles et racines ont été utilisées comme antispasmodique contre les coliques néphrétiques et dans le traitement de la maladie de Parkinson. C’est aussi un §antidote§ puissant dans bon nombre d’intoxications.
Toute la plante renferme plusieurs §alcaloïdes§ dont la scopolamine et l’hyoscyamine. En séchant l’hyoscyamine est transformée en atropine. La teneur en alcaloïdes varie beaucoup suivant les régions et les saisons, ce qui en rend l’utilisation inconstante et dangereuse.
C’est un poison très puissant : l’ingestion de 10 à 15 baies est mortelle pour l’adulte et deux ou trois baies suffisent pour tuer un enfant! On rapporte qu’en 1813 tout un régiment de soldats (plus de 150 hommes) périt entièrement après avoir consommé des baies de belladone. L’intoxication peut se résumer ainsi : une période d’excitation accompagnée d’hallucinations, suivie d’un coma pouvant se conclure avec la mort par arrêt du cœur ou de la respiration. Les symptômes peuvent s’étaler sur plusieurs jours.

Folklore

Les noms botaniques de la belladone illustrent très bien la dualité de cette plante. “Atropa” évoque sa toxicité, Atropos étant le nom de la Parque qui coupait avec des ciseaux d’or le fil des vies humaines ; belladona ( » belle dame « ) évoque sa beauté, en souvenir des italiennes de la Renaissance qui utilisaient ses propriétés mydriatiques pour donner de l’éclat à leur regard.
“Belladona” était aussi le nom d’une déesse romaine “ lunaire, guerrière et destructrice ”, dont le culte avait cours surtout en Cappadoce : ses prêtres (les “bellonaires”) entraînaient leur corps à supporter les effets de la plante et, les jours de fête de la déesse, parcouraient les rues en dansant et mangeant la “ cerise enragée ” par poignées. Puis, en proie au délire et aux hallucinations, ils se lacéraient le corps et le peuple venait boire leur sang pour se purifier.
La belladone disparaît complètement des écrits, jusqu’au moyen âge où de nombreux auteurs la recommandent, notamment sainte Hildegarde (sous le nom de “ dolo ”).
Dans le langage des fleurs, elle signifie “ je vous trouve jolie ”. Mais elle suscite en même temps une telle crainte qu’on dit traditionnellement dans la Vienne que “toute âme renaît après la mort, exceptée celle de la personne empoisonnée par la belladone”.

Recettes

Cigarettes anti-asthme

Les feuilles séchées, roulées, fumées sont un excellent remède contre l’asthme.

Cure bulgare contre le parkinson

Les bulgares utilisent avec succès un vin de racine de belladone contre les manifestations de la maladie de Parkinson (tremblements, paralysie agitante des vieillards).

Onguent populeum contre les hémorroïdes

Très employé surtout contre les hémorroïdes, l’ onguent populeum était composé de feuilles  sèches de belladone, jusquiame, morelle, pavot macérées dans l’alcool. On leur ajoutait de l’axonge (graisse de porc fondue) et des bourgeons de peuplier séchés de l’année (propolis).
Le tout était digéré plusieurs heures au bain-marie.

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