Mieux comprendre le fonctionnement du cerveau

cerveau1Le développement de l’imagerie IRM a fait faire d’énormes progrès en 20 ans dans la compréhension du fonctionnement du cerveau. Il existe de très bons livres sur le sujet comme Le cerveau de cristal de Denis Le Bihan.

Je ne parlerai donc que du plaisir de découvrir les infinies ressources de notre cerveau.

Notre cerveau reçoit à chaque instant des informations sur le monde extérieur par l’intermédiaire des sens qui lui envoient ces signaux d’entrée. Le cerveau les traite : ceux-ci deviennent perception, émotions, mémoire, pensées, etc. Après traitement le cerveau génère un signal de sortie qui va activer nos muscles, nos glandes, etc, et nous permettre d’agir sur le monde extérieur.

Lorsque ces signaux affectent les circuits réflexes, ils activent peu de synapses, mais lorsque ce n’est pas le cas, de nombreux étages de synapses entrent en jeu qui vont devoir intégrer des milliers d’ordres simultanés et parfois contraires.

Les récepteurs qui vont envoyer les signaux au cerveau sont surtout sensibles aux changements: notre cerveau ne nous rappelle pas mille fois par jour que nous avons des chaussures…sauf si elles nous font mal au pieds.

Il n’y a pas véritablement de centre de la mémoire, c’est la complexité des aiguillages qui font la mémoire. De plus, qu’est-ce qui est « rappelé » lorsqu’on se souvient? Nous n’avons même pas conscience de la complexité de ce qui se passe dans notre cerveau lorsqu’on « se souvient ».

Quant à l’apprentissage, plus on a engrangé d’expérience et de données, mieux et plus rapidement on trouve des solutions, mais le danger est que l’utilisation répétée des mêmes circuits neuroniques finit par favoriser un chemin plutôt qu’un autre: on devient efficace dans les tâches répétitives, mais pas si on a à faire face rapidement à l’imprévu. Le danger, de l’apprentissage au formatage, est de vouloir « programmer » le cerveau comme si c’était un ordinateur. Mais nous ne connaissons pas de langage du cerveau donc nous posons peut-être les questions de façon incorrecte. La perception, la conceptualisation, l’imagination, la volonté, l’émotion mettent en jeu un si grand nombre de neurones en interactions si complexes qu’il est extrêmement dangereux d’essayer de comprendre le cerveau comme si c’était une boîte noire: on entre des signaux et on regarde ce qui sort (c’est la grande erreur des comportementalistes). La boite est trop complexe: les différentes régions du cerveau accomplissent certes des tâches différentes, mais certaines opérations similaires, comme reconnaître des chiffres et des lettres ou des lettres et des des idéogrammes, n’affectent pas les mêmes aires cérébrales. On ne peut donc pas comprendre le cerveau pas l’étude des parties car son fonctionnement ne s’explique pas par la somme de ses parties.

Chez les organismes supérieurs, la complexité du câblage du cerveau est telle qu’aucun codage inné ne pourrait atteindre la précision voulue (par exemple pour la vision stéréoscopique). Le câblage se fait donc avec (et par) les contacts avec le monde extérieur.

Mais comment croit-on voir le monde? Si on imagine qu’on a un récepteur télé dans le cerveau, qui le regarde? Même si le « moi » peut être identifié au mécanisme de commande de l’ensemble du cerveau, quelle est la nature de cette commande?

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