Transports maritimes au XIXe

Compagnie générale maritime

Compagnie générale maritime

L’évolution des transports maritimes reflète les traits typiques de l’économie libérale : les armateurs font place aux grandes compagnies rivales (Peninsular, Cunard, Hambourg American, Messageries maritimes) qui savent, pour défendre leurs intérêts, conclure des ententes et solliciter l’aide des États. Les coûts baissent en cinquante ans dans le rapport de dix à un.
En 1807, Fulton, véritable père de la navigation à vapeur, construit le premier bateau à vapeur effectuant des services réguliers. En 1816, l’un d’entre eux traversera pour la première fois la Manche. Pendant encore vingt ans la navigation sera surtout mixte, voile et vapeur. A partir de 1845, l’hélice, idée pourtant ancienne, remplace de plus en plus fréquemment la roue à aube et dans les années 1850, le fer remplace le bois dans la fabrication des coques : la vapeur triomphe de la voile. La flotte française se trouve gravement handicapée, car l’armement maritime rapporte moins aux spéculateurs que les placements dans l’industrie et les recettes venant du transport des passagers, des marchandises et du courrier ne couvrent pas les frais d’investissement.
On construit des bateaux de plus en plus importants : 207 m de long pour le Great Eastern en 1858, 232 m en 1907 pour le Lusitania.
En 1835, la durée du trajet à la voile entre le Havre et New York est de trente cinq jours à l’aller, vingt cinq jours au retour. En 1860, les transatlantiques à vapeur traverseront l’Atlantique en neuf jours.

Dans les années 1850 où le fer remplace le bois dans la fabrication des coques et où la vapeur triomphe de la voile, la flotte française se trouve gravement handicapée : l’armement maritime rapporte moins aux spéculateurs que les placements dans l’industrie, et les recettes venant du transport des passagers, des marchandises (essentiellement manufacturées dont la valeur est grande pour un faible poids) et du courrier ne couvrent pas l’investissement.
Pour lutter contre l’hégémonie anglaise, l’Etat sait bien qu’il faut subventionner l’industrie maritime ; partisans de l’adjudication publique et partisans de la concession directe aux compagnies s’affrontent.
La concession directe à deux grandes compagnies l’emportera ; la compagnie des Messageries Impériales, issue de la première agence des Messageries maritimes créée en 1851 et la compagnie Générale Maritime, créée en 1855 sur l’instigation des frères Pereire. Outre le transport maritime, la compagnie s’intéresse aux pêcheries de morues à Terre-Neuve.
En 1857, l’Etat lui concède l’exploitation de trois lignes de correspondance entre la France et l’Amérique.
En 1861, la Compagnie devient la Compagnie Générale Transatlantique et organise les chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire.

Inauguration du canal de Suez

Inauguration du canal de Suez

Le canal de Suez: Les Anglais vont deux fois plus vite de Liverpool à Bombay

Port Saïd, 17 novembre 1869 :
à peine apprend-on qu’un premier convoi de marchandises a passé de la Méditerranée à la mer Rouge, le 15 août 1865, moitié par le canal d’eau douce, moitié par le canal maritime, que le commerce se hâte d’en profiter, les Anglais les premiers !
« Aucune nation n’en profitera autant que la nôtre » disent-ils. Leur commerce avec les Indes va deux fois plus vite en passant par Suez. Pendant 10 ans pourtant, les Anglais ont dénigré et entravé le projet, ont proclamé bien haut que cette folle tentative échouerait. Et c’est en présence du Prince de Galles que les eaux de la Méditerranée pénètrent dans les lacs amers le 14 mars 1869.
Solennellement, l’impératrice Eugénie, entourée de rois et d’ambassadeurs ouvre le canal à bord de l’Aigle. Le vice-roi d’Egypte, Saïd ne voit pas l’achèvement de cette œuvre qu’il a si ardemment voulue.
« Saluons tous ceux qui ont travaillé au canal, ce sont ces mêmes populations qui jadis élevaient les pyramides, et recevaient des oignons pour le prix de leurs travaux, mais aussi tous les ouvriers immigrés français, grecs, italiens, syriens, …enfin rendons hommage à Monsieur Ferdinand de Lesseps… »

Scandale de panama

Scandale de panama

Le canal de Panama: un scandale financier et politique

« Je prétends construire un canal sans écluse en sept ou huit ans, malgré les oppositions avancées par les techniciens, et fixe les dépenses totales à 600 millions » – Ferdinand de Lesseps –
« Les trafics de Panama, c’est tout un syndicat politique ; c’est la curée, au grand soleil de la fortune, des citoyens, des pauvres, des besogneux par des hommes ayant mission de le protéger et le défendre ». – Le député Delahaye –
Entre ces deux déclarations quatorze ans d’impérities de tous les côtés, aussi bien techniques qu’économiques et financiers. Une information. est ouverte, puis on crée une commission d’enquête qui joue son rôle de commission : être inefficace.
Des condamnations légères sont prononcées pour certains responsables, mais les sentences sont cassées pour vice de procédure et la prescription vient tout arranger, sauf que cet immense scandale financier et politique crée un fort courant anti-parlementariste dans l’opinion (qui en vient même à douter du régime), provoque une vague d’antisémitisme (les banquiers frauduleux sont d’origine israélite) et donne un coup d’arrêt aux investissements intérieurs. Delahaye et Clemenceau disparaissent de la vie politique pendant dix ans.

1879 : Congrès international pour décider du percement du Canal de Panama.
1880 : 1er emprunt
1889 : dépôt de bilan
1891 : une information est ouverte
1893 : condamnations
800 mille souscripteurs ruinés ; Ferdinand de Lesseps condamné à cinq ans de prison, Eiffel condamné à deux ans de prison.
1914 : inauguration du canal de Panama

Ferdinand de Lesseps

Ferdinand de Lesseps

Lesseps Ferdinand vicomte de, diplomate et administrateur français
1805 (Versailles) – 1894 (La Chesnaie, Indre)

C’est au cours de sa carrière de consul en Égypte que Ferdinand de Lesseps se lie avec l’héritier du sultan Saïd Pacha. Cette rencontre détermine l’avenir du vicomte: son itinéraire diplomatique le mène en Espagne, puis en Italie. Désavoué dans les négociations qu’il mène à Rome avec les républicains au moment de l’intervention française en Italie, il quitte le pays.
Son étoile le conduit de nouveau en Égypte où son ami Saïd Pacha est devenu sultan et c’est là que se fixe son destin ; il obtient une concession du sultan qui lui permettra de réaliser son grand projet : le percement du Canal de Suez.
La Compagnie universelle du canal maritime de Suez est fondée en 1858. Dès 1859, les travaux commencent. Ils vont durer dix ans. Soutenu avec constance par l’Empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie, Ferdinand de Lesseps voit arriver le jour de l’inauguration (son grand rêve réalisé) avec une vive satisfaction.
Il est populaire, reconnu par ses pairs -il entre à l’Académie des sciences en 1873 et par les autres – il entre à l’Académie française en 1884.
Il sera moins heureux avec le percement du canal de Panama. Président d’une nouvelle compagnie qui doit réaliser le projet, il sous-estime les difficultés techniques et l’importance de l’enjeu financier. La faillite le surprend en février 1889. Le scandale le brise ; lui et son fils sont condamnés à cinq ans de prison et 3 mille francs d’amende. Il sombre alors dans la folie et meurt peu après en 1894.

1831-38 : consul en Egypte
1848-49 : ministre plénipotentiaire à Madrid – ministre plénipotentiaire à Rome
1854 : retour en Egypte
1856 : il obtient de Saïd l’acte de concession
1858 : fondation de la « Compagnie universelle du canal maritime de Suez »
17 novembre 1869 : inauguration du canal de Suez

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