Tocqueville

L'Ancien régime et la révolution de Tocqueville

L’Ancien régime et la révolution de Tocqueville

 

Importance relative des faits réels
Il n’y a rien de plus propre à rappeler les philosophes et les hommes d’Etat à la modestie que l’histoire de notre Révolution : car il n’y eut jamais d’événements plus grands, conduits de plus loin, mieux préparés et moins prévus. -Alexis de Tocqueville-
Pour mieux comprendre la France de 1850, Tocqueville, hostile au coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte et à l’Empire, étudie le Premier Empire. Frappé par l’ampleur de la volonté centralisatrice de Napoléon Ier et curieux d’en retrouver les causes, il analyse les raisons de l’absolutisme royal. C’est ce tableau de la France politique et sociale au XVIIIe siècle qu’il publie en 1856 sous le titre L’Ancien Régime et la Révolution.
Parti d’une hypothèse et s’appuyant non seulement sur des sources imprimées, mais sur les archives de la généralité de Tours, il éclaire une question d’histoire comparée : pourquoi le passage de la société féodale à la société démocratique a-t-il pris une forme plus aiguë en France que dans les autres pays d’Europe ?
Tocqueville est un des premiers à avoir compris que l’histoire est faite de représentations plus ou moins imaginaires autant que de faits réels.

Tocqueville par Chassériau

Tocqueville par Chassériau

Tocqueville Charles Alexis Clérel de, historien et homme politique français
1805 (Paris) – 1859 (Cannes)

Rien ne prépare Alexis à incarner le libéralisme politique et même la démocratie. Fils d’aristocrates, il passe son enfance au château familial
de Verneuil dans l’Eure, à lire les philosophes des Lumières. Jeune magistrat, il part pour les Etats-Unis, en 1831, chargé d’une étude sur les prisons. Il en rapporte un maître ouvrage : De la démocratie en Amérique. Orléaniste, député de Valognes, il lance à la Chambre, en janvier 1848 son prophétique : « Messieurs, nous nous endormons sur un volcan ! » Un mois plus tard, le trône de Louis Philippe est balayé.
Ministre de la République, Tocqueville refuse d’être le complice de l’usurpateur Napoléon III. Arrêté, il est libéré quelques jours après ; il voyage alors en Allemagne, en Italie, tombe malade et meurt à Cannes en 1859. L’Ancien Régime et la Révolution, œuvre dont on ne cesse -quelquefois inconsidérément- de vanter l’actualité, mais aussi des écrits nuancés sur le libre-échange ou son lucide rapport sur l’Algérie dans lequel il s’inquiète de la haine des Européens contre les Arabes, considérés comme des « bêtes malfaisantes », jalonnent sa vie de réflexion constructive. Profondément antiraciste, il repousse avec fougue la théorie de Gobineau sur la supériorité des Germains nordiques : c’est une « philosophie de haras », indigne d’un chrétien.
Sainte-Beuve a défini Tocqueville comme un aristocrate plaidant sans joie la cause démocratique. Peut être. Mais, qui l’annexe au nom d’un libéralisme économique sans frein, l’a mal lu. Tocqueville constate simplement que la marche vers plus d’égalité est irréversible, tout en jugeant parfaitement possible de concilier la justice sociale et la liberté politique, bref de définir les mœurs et les institutions d’une libre démocratie décentralisée.

1835-40 : De la démocratie en Amérique
1839-48 : député de Valognes
1848 : il est réélu député de la Constituante
1849 : ministre des Affaires étrangères (pendant cinq mois)
1856 : L’Ancien Régime et la Révolution

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