Baudelaire et l’ivresse

Les fleurs du mal

Les fleurs du mal, illustration de Odilon Redon

Le secret de l’ivresse !
Les Lesbiennes, Les Limbes, Poésies, L’Echo des marchands de vin, Les Fleurs du mal, 1855.
Le titre : cette hésitation à le choisir, trahit les troubles de l’époque, l’état de révolution permanente ; comment exprimer l’aspiration à un monde de lumière et de joie alors que certains s’en savent exclus parce qu’ils sont en exil moral, social ou intellectuel.
« Mon livre de poésies ! Je sais qu’il y a quelques années il aurait suffi à la réputation d’un homme. Il eut fait un tapage de tous les diables. Mais aujourd’hui, les conditions, les circonstances, tout est changé. » – Baudelaire –Le procès fait vendre le livre et dès la fin de l’année, il est question d’une nouvelle édition. Et Baudelaire ajoute : « Nouvelles Fleurs du mal faites. A tout casser, comme une explosion de gaz chez un vitrier » « Un tas de vers » pour une nouvelle édition !
Plus qu’un tas de vers, c’est l’exaltation de l’esprit et des sens, des fleurs mystérieuses dont la couleur profonde entre dans l’œil despotiquement. Des fleurs sinistres qui ressemblent aux encensoirs d’une religion inconnue. »
Ni rationaliste, ni optimiste, sûrement pas religieux. « Plonger au fond du gouffre, enfer ou ciel, qu’importe ? Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau. » -Baudelaire-

Charles Baudelaire

Charles Baudelaire

Baudelaire Charles, poète et critique littéraire français
1821 (Paris) – 1867 (Paris)

« C’est le mysticisme qui a tué Baudelaire ». « Il fut le martyr de son âpre désir d’originalité », « son humeur narquoise avait raison de son romantisme malsain », relate L’Illustration, sept jours après la mort de Baudelaire.
« On a fait de lui un mauvais génie, un démon toujours grimaçant. Rien de tout cela n’est vrai, Dieu merci : Baudelaire fut une nature délicate et fine, ennemi du commun et du convenu. Notre poète était bon, il était doux », toujours L’Illustration, quatorze jours après la mort du poète.
« Ceux qui savent me devinent, et pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas comprendre j’amoncellerais en vain les explications », écrit Baudelaire dans son projet de préface pour la seconde édition des Fleurs du Mal.
Les Fleurs du mal toujours citées, toujours au centre des critiques les plus violentes en bien ou en mal, Les Fleurs du mal, source du symbolisme, ont souvent fait oublier le Baudelaire qui libère la poésie, qui révèle les possibilités du poème en prose avec le Spleen de Paris, Les Paradis artificiels, et Mon cœur mis à nu, le Baudelaire critique d’art et critique littéraire, dont la justesse de goût, l’originalité de style et l’indépendance d’esprit sont un régal.
Le Baudelaire traducteur d’Edgar Poe, seule influence profonde qu’il ait subie, le Baudelaire dont le père est un curé défroqué et le beau père chef de bataillon, le Baudelaire humilié par les décisions de sa mère de l’éloigner, puis de le pourvoir d’un conseil judiciaire, le Baudelaire dont les amours charnels sont durables et dont les amours purs sont éphémères dès qu’ils deviennent charnels.

1841 : embarquement sur un voilier en partance pour Calcutta
1845 : un conseil judiciaire est chargé de gérer en son nom l’héritage paternel – publication du Salon de 1845
1846 : Salon de 1846
1852-64 : traducteur d’Edgar Poe
Liaison avec la « Venus noire », Jeanne Duval, pendant vingt ans
1857 : liaison avec la présidente, Madame Sabatier, « l’ange plein de bonté », sitôt abandonnée
11 juillet 1857 : Les Fleurs du Mal sont saisies
1859 : Salon de 1859
1860 : Les Paradis artificiels
1862-64 : Mon cœur mis à nu
1868 : Curiosités esthétiques, recueil d’articles
1869 : Spleen de Paris – L’Art romantique, choix d’articles

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