Pasteur invente les biotechnologies

Pasteur et les microbes

Pasteur et les microbes

Comment faire travailler les microbes?

Monsieur Bigo est industriel à Lille, son fils est l’élève de ce jeune doyen auquel le Ministre de l’Education a confié la nouvelle Faculté des sciences de la ville pendant l’été 1886.
Monsieur Bigo, comme tant d’autres, cette année-là, a subi de grands mécomptes dans la fabrication de l’alcool de betteraves.
Il vient demander conseil au jeune doyen, Monsieur Pasteur. Pasteur se rend à l’usine, observe au microscope, note la forme des globules, observe encore : « En quoi consiste la fermentation. Caractère mystérieux du phénomène ».
Puis, le 3 août 1857, il communique quinze pages à la Société des sciences de Lille.« Pour obtenir de bonnes fermentations alcooliques industrielles, il suffit d’avoir un ferment pur, homogène, se développant librement, sans gêne, à l’aide d’une nourriture bien appropriée à sa nature individuelle.
La fermentation se montre ainsi corrélative de la vie, de l’organisation des globules, non de leur mort et de leur putréfaction. »

Lister et l'antisepsie

Lister et l’antisepsie

Lister et l’antisepsie

« Comment préserver de l’amputation par la pratique de l’antisepsie en chirurgie. » (Lister, article publié en 1865)

20 octobre 1846 : Ignace Semmelweis est révoqué d’une maternité hongroise pour avoir voulu obliger le personnel à se laver les mains avant d’accoucher les femmes « car les mains, par leur seul contact peuvent être infestantes »
1880 :
– Le médecin de campagne : « Quoi de nouveau en chirurgie ? »
. L’éminent chirurgien : « Nous nous lavons aujourd’hui les mains avant l’opération ! »
– « Et alors ? »
. « La mortalité en chirurgie chute de manière spectaculaire. Elle n’est plus que de 40%? »
Il aura fallu plus de dix ans pour que la doctrine et la pratique antiseptique de Joseph Lister transforme, dans le monde entier, la chirurgie en pratique scientifique. Avant de croire à l’antisepsie, il fallait croire aux microbes ; Lister proclame sa dette envers Pasteur.

Pasteur Louis, chimiste et biologiste français
1822 (Dôle) – 1895 (Villeneuve-l’Etang, Marnes-la-Coquette)

« Quand je lis dans mon bulletin, sur les questions dont je parle, l’exposé d’expériences faites à peu près, sans précision, quand je vois amonceler des résultats négatifs, solidaires de toutes sortes d’erreurs possibles, et qu’on tente de les opposer à des faits positifs démontrés, je me dis avec
douleur : voilà encore un représentant des méthodes et des dogmes qui finissent et je me sens encouragé à payer à votre science, que j’aime pour elle même et pour ses grandes et bienfaisantes applications, un nouveau tribut d’efforts. » – Pasteur –
Puis, s’adressant à Jean-Baptiste Dumas qu’il estime depuis 40 ans « Vous m’avez appris à aimer la science et la gloire « .
Pasteur, l’un des plus grands expérimentateurs de tous les temps ; qui fut combattu, honoré, raconté, glorifié, théâtralisé, statufié, médaillé, académifié, pasteurisé.
Il passe sa jeunesse « en attendant l’heureux jour où je serai admis à l’Ecole normale ». Une fois reçu il consacre son énergie aux « recherches sur les relations qui peuvent exister entre la forme cristalline, la composition chimique et le sens du pouvoir rotatoire »; elles le conduisent à comprendre la fermentation. Il montre que « certains ferments se nourrissent plus facilement des molécules droites que des molécules gauches ».
Pasteur travaille alors sur le vin, le vinaigre, la bière à Lille : « j’ai à mes leçons de 250 à 300 personnes et nous avons 21 élèves inscrits pour les manipulations et conférences ». « Travaillons tous, il n’y a que cela qui amuse, c’est le mot de Monsieur Biot ».
Devant les problèmes des industriels dans la fabrication de l’alcool de betterave : « en quoi consiste la fermentation, caractère mystérieux du phénomène », devant l’Académie : « j’ai présenté mes recherches sur les générations spontanées. Elles ont paru produire une grande sensation » « choses connues ou choses occultes, il n’y a quoi que ce soit dans l’air, hormis les germes qu’il charrie, qui soit une condition de la vie ».
Pasteur ouvre la voie à l’antisepsie, à la stérilisation.
En 1867, il plaide pour la recherche : « laboratoires et découvertes sont des termes corrélatifs. Supprimez les laboratoires, les sciences physiques deviendront l’image de la stérilité et de la mort ».
Puis il travaille sur le ver à soie, la maladie du charbon, la gangrène, la septicémie, la fièvre puerpérale, le choléra des poules et enfin la rage.
Pasteur établit la relation entre une maladie et un agent pathogène et met au point la vaccination.

1840 : collège royal de la Franche Comté
1843 : il entre à l’Ecole normale supérieure
1848 : travaux sur la déviation de la lumière polarisée par les substances organiques
1854 : professeur et doyen de la nouvelle faculté de Lille – Biot : le « maître » de Pasteur entre à l’Académie française
1857 : mémoire sur la fermentation lactique et retour à l’Ecole normale
1860 : Pasteur porte un coup fatal à la génération spontanée
1867 : Exposition universelle, grand prix à Pasteur pour ses études sur le vin
1881 : entre à l’Académie française
1885 : vaccin contre la rage
1888 : création de l’Institut Pasteur

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