L’homme descend-il du singe?

L'origine des espèces de Darwin - caricature

L’origine des espèces de Darwin – caricature

– « L’Origine des espèces, s’il vous plaît ? »
– « C’est épuisé. »
– « Mais, c’est un livre paru la semaine dernière. »
– « Epuisé. Les 1 250 exemplaires ont été vendus dans la semaine. »
– « Et..euh..vous croyez que nous descendons vraiment du singe ? »
– « Impossible ! Que faites-vous de l’origine divine de l’homme ? »
– « Moi, je préfère être un singe perfectionné plutôt qu’Adam dégénéré. »
… Et la polémique, violente et passionnée reprend de plus belle !
Darwin, à force d’accumuler des matériaux, de rédiger, de perfectionner et d’hésiter à publier, a bien failli se faire doubler par le naturaliste Alfred Russel qui dans son mémoire expose clairement le principe de sélection comme base de la diversification des espèces.Quand Darwin reçoit ce mémoire, il bâcle un exposé qu’il réussit à présenter en commun avec Russel le 1er juillet 1858. Dès l’année suivante, il publie son livre.
C’est déjà une vraie révolution, mais le principe capital de mutation-sélection ne sera annoncé qu’en 1903 :
1. Les formes vivantes dérivent les unes des autres par évolution ; leur variabilité est indéfinie et illimitée.
2. Le régulateur de cette évolution est la sélection naturelle par concurrence vitale.
3. Les caractères acquis se transmettent par hérédité.

Aujourd’hui, les progrès de la génétique ont montré que les mécanismes étaient plus complexes, mais ces principes, dans leurs grandes lignes, n’ont jamais été remis en cause.

La philosophie en contrepoint de la science : L’Évolution créatrice de Bergson

« Le philosophe doit aller plus loin que le savant »
L’Évolution créatrice est le livre de la synthèse achevée.
Contre le rationalisme rétréci et le positivisme, au-delà des théories de Darwin, de Lamarck, de Spencer, au-delà de l’exposé des découvertes scientifiques, Bergson développe sa philosophie de l’élan vital. Il rappelle que la vie s’inscrit dans la mémoire, le temps dans la durée.
« L’histoire de l’évolution de la vie, si incomplète qu’elle soit encore, nous laisse déjà entrevoir comment l’intelligence s’est constituée par un progrès ininterrompu, le long d’une ligne qui monte, à travers la série des vertébrés, jusqu’à l’homme. »

Charles Darwin

Charles Darwin

Darwin Charles, naturaliste anglais
1809 (Shrewsbury, Shropshire) – 1882 (Down, Kent)

« Comme j’aimais chasser ! Et ma plus grande source de plaisir était de collectionner les coléoptères, simple passion de la collection. Considérant maintenant avec quelle brutalité j’ai été attaqué par les orthodoxes, il semble grotesque que j’aie eu autrefois l’intention d’être pasteur, intention et souhait qui s’éteignirent tout naturellement lorsque je m’embarquais sur le « Beagle » comme naturaliste, à mon départ de Cambridge.
Déterminant pour toute ma carrière, le voyage du Beagle fut de loin l’événement le plus important de ma vie. Il m’a donné la première éducation, la première formation intellectuelle réelle et mes facultés d’observation, quoique déjà bien développées, s’améliorèrent.
De mon retour en Angleterre à mon mariage, l’incrédulité m’envahit très lentement, pour devenir finalement totale.
Le vieil argument d’une finalité dans la nature, qui me semblait autrefois si concluant, est tombé depuis la découverte de la loi de sélection naturelle. La totalité, ou au moins la plupart des êtres vivants se sont développés par sélection naturelle d’une manière telle que les sensations de plaisir leur servent de guides habituels.
De mon mariage à notre départ de Londres, la plus grande partie de mon temps (quand je pouvais faire quelque chose) était consacrée à mon travail sur les récifs de corail.
A Down, peu de gens ont vécu plus retirés que nous. Mon principal plaisir et ma seule occupation dans la vie a été le travail scientifique.
En octobre 1838, il m’arriva de lire l’essai de Malthus sur la population, l’idée me vint tout à coup que les variations favorables auraient tendance à être préservées et les défavorables à être détruites. J’avais donc enfin trouvé une théorie sur laquelle travailler.
En septembre 1858, sur les conseils de Lyell, je m’attelai à la préparation d’un volume sur la transmutation des espèces ; il fut publié sous le titre De l’origine des Espèces. C’est sans aucun doute mon principal ouvrage. Dans l’ensemble j’estime que mes œuvres ont été souvent surestimées. Je me réjouis d’avoir pu éviter les controverses.
Je n’ai jamais réussi en métaphysique, ni en mathématique ; ma mémoire est vaste mais vague. Du côté favorable de la balance, mon aptitude à remarquer des faits qui échappent facilement à l’attention, à les observer soigneusement, puis à savoir comment les réunir. » -Darwin-

1828-31 : élève à Cambridge
27 décembre 1831 – 2 octobre 1836 : voyage (les atolls, le désert de Patagonie, la Terre de Feu)
1836-39 : secrétaire honoraire de la Société Géologique.
29 janvier 1839 : il se marie
1840-43 : publication des notes de voyage Zoologie du voyage du Beagle.
Juin 1842 : premier résumé de sa théorie en 35 pages
14 septembre 1842 : la retraite à Down
Octobre 1846 : commence le travail sur les cirripèdes
Eté 1858 : M. Wallace lui envoie un essai Sur la tendance des
variétés à s’écarter indéfiniment du type original
1859 : De l’origine des espèces par voie de sélection naturelle
1862 : De la fécondation des orchidées par les insectes et les bons effets du croisement
1871 La Descendance de l’homme et la sélection sexuelle
1872 : L’Expression des émotions chez l’homme et les animaux

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