Encens

encens

encens

L’encens mâle ou encens d’Afrique, Boswelia carterii Birdw, de la famille des Burseraceae, est la gomme-résine d’un petit arbuste des régions subdésertiques d’Arabie. Il est cultivé et récolté par les somalis qui traversent le golfe pour le vendre dans les comptoirs d’Aden, de Djibouti, Makulla, Zeilah.

Cet arbuste a des rameaux terminaux pubescents ou tomenteux, des feuilles composées à 7-10 folioles ondulées, des fleurs blanches en longues grappes simples, dressées, axillaires. Le fruit est une §drupe§ trigone déhiscente. Le tronc renferme plus ou moins profondément des canaux sécréteurs fournissant des oléorésines gommeuses et odorantes lorsqu’on l’incise.
La partie utilisée est cette résine sous forme de « larmes »et de « marrons »(larmes tombées au sol avec les impuretés). La récolte a lieu tous les 15 jours, en saison sèche (fév.-mars). Les larmes varient beaucoup de forme mais non de taille (2cm) : elles sont jaune pâle à jaune rougeâtre et les plus appréciées sont presqu’incolores, parfois légèrement verdâtres. Leur cassure est cireuse  ; très friables, elles se transforment en une poudre blanche. Leur odeur est nette, aromatique, térébenthinée ; elle se développe surtout par la chaleur.

Usages

L’encens brûle avec une fumée très odorante d’où son usage séculaire dans les cérémonies religieuses.
Il n’a cessé d’être utilisé en médecine comme stimulant, excitant.
On en faisait des fumigations dans les affections respiratoires et les douleurs rhumatismales.
En médecine populaire on l’emploie encore contre les maux de dents en le mastiquant.

L’École de Salerne définit ainsi son action :

« Il accroît la mémoire,
il éclaircit la vue,
il expulse le flegme ; il guérit la verrue,
la gerçure gênante et l’ulcère irrité
du filet de la langue adoucit l’aspérité,
chez une jeune fille arrête un flux stérile
et réprime le lait dans un sein trop fertile. »

Composition chimique et usages actuels

L’exsudat est une gomme-résine. Il contient :
– des glucides, plus particulièrement :
. des oses (arabinose, galactose et un dérivé de l’acide glucuronique)
. des osides (gomme, 25 à 35 % de mucilages)
– 3 à 9 % d’huile essentielle composée de :
. terpénoïdes représentés par :
. des monoterpènes (bornéol, acétate de bornéol, carvone, p-cymène, myrcène, alpha et beta phellandrène, alpha et beta pinène, alpha-thuyone, verbénone, verbénol, carvéol) ;
. des sesquiterpènes (beta-caryophyllène, farnésol, humulène, beta-cadinène, alpha-copaène) ;
. des triterpènes (épi-alpha-amyrine, acide alpha et beta boswellique)
– de l’anisaldéhyde (aldéhyde anisique)
»L’encens a des propriétés anti-acné et cicatrisantes.
On lui attribue également des activités antitussives et expectorantes. On reconnaît aussi à l’encens des vertus hémostatiques et vasodilatatrices.
De plus, l’encens est réputé anti-dépresseur.

Utilisations pharmaceutiques
L’encens est employé comme fumigatoire contre l’asthme, les bronchites catarrhales. Ses propriétés épithélisantes se montrent efficaces dans la cicatrisation des ulcères et des plaies.
L’encens est aussi conseillé lors de troubles nerveux (dépression nerveuse).

Utilisations cosmétiques
L’encens est un régulateur de la transpiration, par conséquent il possède des activités anti-perspirantes et déodorantes. Il a par ailleurs des propriétés antiseptiques, astringentes et régénérantes.

Les extraits d’encens sont recommandés dans :
– des produits capillaires, shampooings et lotions pour cheveux gras à tendance pelliculaire
– des huiles de massage pour le corps
– des produits pour les mains
– des produits pour le soin du visage destinés aux peaux acnéiques, grasses et matures
– des produits de massage pour les pieds et les jambes

Folklore

L’usage de l’encens remonte à la plus haute Antiquité : des peintures  racontent le commerce d’encens existant entre Saba et l’Égypte, dix-sept siècles av. J.-C. : on exportait les arbres, plantés en caisse.
D’après Pline, 300 familles arabes détenaient le monopole héréditaire de l’encens. Les individus qui le récoltaient devaient être exempts de toute souillure (commerce avec les femmes, assistance à des funérailles…) et ceci augmentait la valeur du produit.
L’encens récolté était apporté à dos de chameau à Sabota, où une seule porte était ouverte à cet usage. S’écarter de la route était puni de mort.
A cette porte se tenait un prêtre qui prélevait la dîme ; il était interdit d’en vendre avant cette opération.

Avant de partir à la conquête du monde, Alexandre-le-Grand chargea d’encens les autels, conformément aux conseils de son précepteur Léonidas qui lui avait démontré l’importance de conquérir en premier lieu les pays producteurs d’encens. Après la conquête de l’Arabie, Alexandre lui envoya un navire entier chargé d’encens pour remercier les dieux.

L’encens élève l’esprit des fidèles en annihilant les vibrations négatives. L’encens pur est le parfum « spirituel » par excellence et il fut employé de tous temps chez tous les peuples pour honorer leurs dieux.

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