Dostoïevski, le bagne, la perdition et le rachat

EVT109a Sur le bagne: un témoignage et un message
« Le bagne est une bonne école de patience » : précipité dans l’univers de la misère, de la déchéance, de la brutalité – mais non admis comme un des leurs par les bagnards – Dostoïevski a su garder sa faculté d’étonnement, son besoin d’apprendre.
« On a soif de foi et on la trouve, au fond, parce que, dans le malheur, la vérité s’éclaire ».
Les Souvenirs de la maison des morts, commencés dès sa sortie du bagne, mûris pendant cinq ans, publié en 1860, se présentent comme le récit d’un inconnu, Alexandre Pétrovich. Il raconte la vie quotidienne, l’horreur ordinaire, mais derrière ses impressions et ses descriptions, il parle du peuple russe, des types humains qui se révèlent dans leur simple vérité, du mal et du bien qui coexistent, de la foi et de la liberté.
« Ma personnalité disparaîtra… ce seront les notes d’un inconnu. Il me semble toujours que je commence seulement à vivre. »

L'illustration, théâtre 1933.- Sonia et Raskolnikov- Raskolnikov : "Il ne me reste que toi, plus que toi, si tu veux me rester."  Photo Lipnitzki

L’illustration, théâtre 1933.- Sonia et Raskolnikov- Raskolnikov : « Il ne me reste que toi, plus que toi, si tu veux me rester. » Photo Lipnitzki

Sur la perdition et le rachat
Crime et châtiment, le premier des grands livres de Dostoïevski, publié en 1866, remarquablement composé, est le roman de la perdition et du rachat : peu de décors, peu de description, l’intrigue compte peu ; mais une confession, des dialogues, des portraits.
L’étudiant pauvre Raskolnikov sera-t-il un des « hommes nouveaux » que suscite la ferveur révolutionnaire ? Il garde l’idéal de charité évangélique et de justice sociale, mais il est aussi fasciné par la théorie du surhomme, de l’élu qui peut disposer de la vie des « créatures tremblantes ».
Le meurtre de l’usurière (le crime} n’est qu’un lamentable échec ; l’amour et la foi d’une prostituée au cœur pur, amènent Raskolnikov à avouer et à revendiquer son châtiment. Quant au salut, c’est l’amour qui le donne, et la société la plus horrible, celle du bagne qui, apaisée, l’accorde. Mais ici commence une nouvelle histoire de la régénération progressive d’un homme.

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