La résistance par la création

fresque de Boris Taslitzky

fresque de Boris Taslitzky

Nulle part je n’ai eu une émotion aussi intense qu’au Site mémorial du camp des Milles à Aix-en-Provence. On y ressent la mise en marche de l’engrenage de l’horreur. On y montre aussi à quel point l’art était un moyen de survivre et de résister. Il n’y a pas qu’au camp des Milles que les artistes se sont exprimés, en témoigne cette fresque réalisée par Boris Taslitzky au camp de de Saint-Sulpice-la Pointe en 1944. « On reste ébahi devant le courage désinvolte de ce prisonnier patriote, communiste, qui, dans un camp d’internement vichyssois, au centre d’un bourg grouillant de SS, a composé ces vastes fresques, pour l’exaltation de ses camarades. » (Jean Cassou – 1945)

Que feriez-vous dans un camp de prisonniers?

Il y a ceux qui gardent les cendres de cigarettes pour dessiner sur les murs ou arrachent des bouts de ferrailles à leur sommier pour graver sur le mur.

Il y a ceux, seuls dans leur cellule, qui jouent aux échecs en tapant sur le mur, d’une cellule à l’autre.

Il y a ceux, plus chanceux qui peuvent avoir du charbon ou de la craie pour dessiner, voire du papier et ceux qui sont plusieurs dans une cellule ce qui permet une plus grande variété d’échappatoires, dont la parole.

Les exemples que je cite sont récents. Oui, il existe des personnes vivant aujourd’hui en France et qui ont été prisonniers politiques. Le monde n’est pas à l’abri d’un retour à la barbarie au nom d’idéologies ou de religions.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-Spam Quiz: