Association internationale des travailleurs

EVT132_1Une grande âme dans un petit corps

La France est un des premiers pays où s’implante l’Association Internationale des Travailleurs, fondée par Lassalle en 1862. On ne peut pourtant parler, au sens propre, d’une section française de l’A.I.T., mais de plusieurs sections qui correspondent entre elles, comme avec le Conseil général de Londres.
Les plus actives au début ? Caen, Lyon surtout. Et Paris où la section, constituée en février 1865 compte alors environ 500 membres.
C’est en fait à peine une organisation, car la législation française en interdit la constitution libre. Les adhérents s’appellent membre de l’A.I.T. résidant à Paris :( l’AIT se veut « parti mondial »). Ils élisent cependant un bureau renouvelé chaque année, composé de militants mutualistes et coopérateurs, admirateurs de Proudhon : Tolain, Fribourg, Limousin, Varlin. Difficile de s’associer sans s’organiser.L’Empire s’en inquiète. D’autant que les Internationaux soutiennent les grèves, notamment celle des ouvriers en bronze, et que beaucoup s’éloignent du strict mutualisme pour adopter des positions collectivistes.
La période de tolérance s’achève. En mars 1868, est prononcée la dissolution de l’AIT « établie sous le nom de bureau de Paris ». Échec donc, des tentatives faites autour de Napoléon III pour rallier au régime les ouvriers socialistes. Et succès pour l’AIT en France car un nouveau bureau est aussitôt constitué avec Varlin et Malon. Dissolutions et phases d’expansion vont alterner jusqu’en 1872 et enfin jusqu’à la « loi contre l’Internationale ».

L'Internationale

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En Angleterre, les Trade-Unions: un congrès tous les ans
En Angleterre, les organisations syndicales, les Unions de métiers ont avant tout des préoccupations économiques et sociales ; elles préfèrent la conciliation à la grève, évitent le conflit et ne remettent pas en cause la société libérale.
Marx s’appuiera tout de même sur les premières Trade-Unions pour fonder la 1ère Internationale à Londres en 1864. L’action des différentes « unions » se coordonne peu à peu. La grève du bâtiment en 1859 en est le ciment. Le Conseil des Métiers de Londres se constitue en 1860.
Sous le nom de Junte apparaît une sorte de cabinet du mouvement qui se réunit à Londres. Le Premier Congrès général des Unions a lieu en 1868 : trente quatre délégués y assistent qui représentent pour la plupart des conseils de métiers de province. La Junte londonienne et la province se rapprochent. Les travaux portent sur l’examen de projets législatifs. C’est en 1871 que sera inaugurée la tradition de réunir un congrès tous les ans. Cela dure toujours.

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