Fucus vésiculeux

fucus vésiculeux © Secrets de plantes

fucus vésiculeux © Secrets de plantes

Le fucus vésiculeux, Fucus vesiculosus, de la famille des Algues, est une algue brune dioïque aisément identifiable aux flotteurs qui parsèment son thalle. Il habite en grandes masses les côtes de l’Atlantique ou de la Manche. Il s’en détache aux marées de printemps et vient échouer sur les plages.

Il se reproduit en mai par un double cycle de générations dont seule une partie est visible sous formes d’excroissances dorées à l’extrémité des thalles.

Usages

Le fucus est utilisé depuis très longtemps. Une vieille histoire raconte comment Merlin l’Enchanteur guérit un matelot qui venait d’être blessé en appliquant sur la plaie un morceau d’algue réhydraté.
Jadis, pour résoudre des problèmes d’anémie et de déminéralisation, les gens de la côte roulaient  les enfants rachitiques, nus, dans le goémon ou leur administrait quotidiennement du jus d’algue frais. Plus tard, on découvrit, à Berck, que l’air marin chargé d’iode et le contact des algues avaient le pouvoir de guérir la tuberculose.
Traditionnellement,  le fucus sert de litière aux huîtres, servies dans les restaurants ou à l’étal du poissonnier. On l’emploie dans la cuisson des crustacés et des poissons afin qu’il leur transmette son goût d’iode mais toutefois, on ne le consomme pas.

Les algues avaient de nombreux emplois dans les pays pauvres des bords de mer : on a longtemps dormi sur des paillasses de varech dont on vantait les propriétés antirachitiques et en cas de pénurie, on employait des algues sèches comme combustible.

Composition chimique et usages actuels

Le thalle contient :
– 55 à 65 % de glucides, particulièrement :
. des oses : fucose, mannitol, sorbitol
. des osides : cellulose, mucilages dont 18 à 30 % d’acide alginique et d’acide polymannuronique, 60 % de fucoïdane (polymère de fucose), laminarane
– 4 à 10 % de protides : acides aminés libres, peptides et enzymes
– 1 à 2 % de lipides : triglycérides constitués d’acides gras tels que acide arachidique et acide eicosapentaènoïque (EPA), des phospholipides
– 15 % de matières minérales avec une forte teneur en chlore, en brome et en iode, puis de l’arsenic, du calcium, du fer, du magnésium, du phosphore, du potassium, du silicium, du sodium et du soufre
– des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C)
– des composés phénoliques représentés par :
. des phénols
. des quinones, notamment des phloroglucinols et leurs oligomères
– des triterpènes : stéroïdes (fucostérol) et squalène, des caroténoïdes (beta-carotène, fucoxanthine, néoxanthine)
– de l’allantoïne
Le fucus est reconnu pour ses propriétés laxatives et anti-rhumatismales. On lui attribue aussi des activités amaigrissantes liées à sa forte teneur en iode.
Sa richesse en sels minéraux lui confère des vertus anti-asthéniques.
On lui reconnaît par ailleurs des activités hémostatiques et hypocholestérolémiantes grâce à sa teneur en acide alginique.

Utilisations pharmaceutiques

Le fucus est traditionnellement utilisé pour faciliter la perte de poids, en complément de mesures diététiques. En effet, il apporte un supplément d’iode qui stimule le métabolisme et élimine les excès de lipides.
De plus, la diététique l’utilise comme coupe-faim dans le traitement de l’obésité. Par ailleurs, le fucus est un excellent laxatif mécanique et un remède efficace contre le reflux gastrique.
Le fucus est aussi recommandé dans le traitement des rhumatismes, contre les hémorragies externes et les épistaxis.
Les alginates sont fortement appréciés en pharmacotechnie, en raison de leurs propriétés liantes que l’on utilise en odontologie pour la réalisation d’empreintes dentaires.

Utilisations cosmétiques

Le fucus présente des activités adoucissantes, hydratantes et reminéralisantes en raison de sa teneur en alginates et en matières minérales. On lui attribue en outre des vertus amincissantes.
Il est par ailleurs gélifiant et épaississant. Il possède aussi d’excellentes propriétés filmogènes et gainantes.
On recommande l’utilisation des extraits de fucus dans :
– des lotions pour cheveux secs, abîmés ou fragiles
– des gels adoucissants pour le contour des yeux, notamment pour peaux abîmées et matures
– des crèmes hydratantes pour peaux sèches et sensibles
– des produits pour les mains
– des bains moussants, des gels douche
– des crèmes amincissantes

Folklore

Fucus et laminaires forment ce que l’on appelle le goémon en Bretagne, le varech sur les côtes normandes ou charentaises.
La mer était jadis le domaine du diable et du vent et c’est avec suspicion qu’étaient considérées ces algues, scientifiquement étudiées depuis un  siècle seulement.
Récoltées, selon des lois strictes et inchangées depuis Colbert, par les inscrits maritimes, les goémoniers, elles étaient enfouies dans les champs, fertilisant les terres ingrates de la côte. Cet usage séculaire est à l’origine de cette « ceinture dorée »du nord de la Bretagne où poussent les légumes abondants et précoces de nos marchés.
Au XIXe siècle, on fit brûler le goémon dans de grandes tranchées recouvertes de pierres plates pour en tirer des pains de soude. Courtois, en 1810, découvrit de l’iode dans ses cendres et désormais on l’en extraira par incinération jusqu’à ce qu’une fabrication plus moderne vienne ruiner ces industries.

Fucus et laminaires sont aujourd’hui la source des alginates employés  en cosmétique comme en alimentation.
Après avoir un temps abandonné ces pratiques ancestrales, les bretons fabriquent aujourd’hui des engrais biologiques à base de goémon : ils les  emploient dans leurs cultures, leur conférant ainsi une qualité « bio » très recherchée à l’heure actuelle ou les vendent sous ce même label.

Recettes

thé d’algues

Il est agréable de boire un thé de fucus ; les japonais, grands maîtres en la matière, produisent quant à eux, un thé d’algues dont le goût rappelle, en plus fin, le bouillon cube.

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