Le Sultan avait trop chaud – chap 3

désert © Secrets de plantes

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Quand le Sultan apprit par la bouche de son serviteur que, sa fille à peine sortie de chez lui, avait été rendre compte aux femmes du palais des résultats de son entretien avec son père et de tout ce qui en découlerait pour le bien de tous, il entra dans une grande colère que le vizir eut beaucoup de mal à contenir.
Il voulait dans sa cruelle simplicité couper la tête à toutes ses femmes qui avaient, pour leur malheur, l’âge de sa fille, et à toutes celles qui avaient eu le tort de l’écouter, et à toutes les filles de toutes ces femmes pour que la rumeur soit éteinte à jamais. Heureusement pour tous, ce jour-là, un vent frais descendait des plateaux sur la plaine et il suffit au vizir de proposer au sultan un rafraîchissement sur la terrasse ouest pour qu’il s’adoucit.
Il oublia l’incident en aspirant par la paille de son verre une orangeade fraîche et, ce faisant, demanda le plus simplement du monde au grand vizir de convoquer sa fille pour le lendemain matin.
Très en harmonie avec les désirs de son père, le sultan, Azaïra parut le lendemain aux portes du palais à l’heure dite.
Il ne fut fait aucune allusion à l’incident de la veille ; en haut lieu on semblait ne pas vouloir lui accorder la moindre importance.
– Ô ma fille chérie, tu n’as point trompé l’immense confiance que j’ai en toi et tu mérites, chaque jour que Allah illumine de ses bienfaits, le grand amour que je te porte depuis ton apparition sur cette terre. Sache que je suis entré en grande rumination de ton idée d’architecture et qu’Allah m’a aidé de ses lumières pour prendre les décisions que voici :
Le fruit mûr de mes réflexions m’a conduit à faire organiser un concours d’architectes de toutes nationalités pour trouver un remède aux duretés du climat et améliorer le confort intérieur de nos palais. Ce grand appel sera lancé dans les prochains jours sous la haute direction et l’immense responsabilité du grand vizir.
Il sera le grand initiateur des contraintes du règlement et des récompenses allouées aux projets les plus pertinents.
Je te réserve une grande surprise que tu connaîtras au moment de la publication des modalités du concours.
Plaise au ciel  surtout qu’aucun grand architecte ne me contrarie, sinon je le ferai mourir de la pire mort.
Affolée par l’expression de tant de brutalité, Azaïra supplia son père de ne pas prendre de mesures cruelles tant que le concours ne serait pas clos.
Le sultan ne semblait déjà plus l’écouter, il l’embrassa d’une oreille distraite et la congédia comme n’importe quel chambellan dont les avis lui importent peu.

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