Gaillet gratteron

Gaillet gratteron © Secrets de plantes

Gaillet gratteron © Secrets de plantes

Le gaillet gratteron, Galium aparine, Aparine hispida de la famille des Rubiaceae, est une plante herbacée annuelle, très commune. Il pousse dans les haies, près des buissons, dans les champs cultivés, les jardins, sur les vieux murs. On le trouve partout en Europe, en Asie occidentale et boréale, en Afrique septentrionale.

Sa racine est grêle. La tige de 20 cm à 1 m de haut, à 4 angles, est très accrochante, velue et hérissée aux noeuds. Les feuilles sont verticillées par 6-8, hérissées de poils crochus. Les fleurs sont blanchâtres, groupées en petites cimes axillaires pédonculées et dépassant les feuilles. Les fleurs ont 2 carpelles globuleux soudés en leur milieu qui donneront un fruit gros, couvert de poils crochus.

Usages

La plante entière est utilisée depuis les temps anciens. Ainsi Dioscoride employait-il le suc de la plante contre les morsures de serpent, les maux d’oreilles et, en pommade, contre les scrofules.
A la Renaissance, on lui découvre des actions vulnéraires dans la cicatrisation des plaies, des ulcères, des gerçures du mamelon et en cas de dysenterie. Au XVIIe s., le gratteron est préconisé contre le rachitisme et les engorgements de la rate ; au siècle suivant, contre l’hydropisie et le scorbut.
Enfin, Cazin, au XIXe, démontre son action diurétique, prompte, puissante et durable en cas de rétention d’eau.
En fait tous les gaillets ont une action légèrement sédative (ils sont reconnus comme antispasmodiques) puis excitante (diurétique et sudorifiques).
Le gratteron est utile dans les dermatoses carcinomateuses et les affections scrofuleuses. C’est surtout un vulnéraire remarquable dans la cicatrisation des plaies et dans la résolution de maladies de peau. On l’a même utilisé pour résoudre les loupes.
Ses toutes jeunes pousses sont comestibles en légume. Ses fruits, torréfiés, sont un bon succédané de café et sa racine était consommée comme la chicorée en Irlande.
C’est un bon fourrage pour chèvres et moutons.
Son aspect abrasif l’a fait employer pour récurer la vaisselle.
Sa racine permet de teindre en rouge, comme la garance qui est un gaillet (plantes du genre Gallium).

Composition chimique et usages actuels

Les parties aériennes renferment :
– des glucides notamment des osides (amidon)
– des acides organiques tels que l’acide citrique
– des composés phénoliques constitués :
. d’acides phénoliques dont l’acide gallique
. de flavonoïdes
. de coumarines
. de quinones: des dérivés anthracéniques
– des terpénoïdes : iridoïdes (aspéruline)
Le gaillet gratteron possède des propriétés anti-asthéniques, anti-rhumatismales, diurétiques et dépuratives.
On lui attribue également des activités antispasmodiques, stomachiques et cicatrisantes.
Il est par ailleurs veinoprotecteur.

Usages pharmaceutiques

Il est employé comme diurétique et présente une activité bénéfique dans les affections des veines et des vaisseaux lymphatiques.
Par ailleurs, il est traditionnellement utilisé pour réduire la nervosité des adultes et des enfants, notamment en cas de troubles mineurs du sommeil.

Usages cosmétiques

Les extraits sont recommandés pour leurs activités astringentes, purifiantes, régénérantes et tonifiantes.
Ils entrent dans la composition de :
– produits capillaires destinés aux cheveux gras, mous et plats
– produits de soin du visage, crèmes astringentes pour peaux grasses et mixtes, crèmes régénérantes pour le contour des yeux et pour les peaux matures, fatiguées ou ternes

Folklore

Galium comme gaillet vient du grec « galion » qui désigne la plante, mot lui-même issu de « gala », lait parce que l’on employait cette plante pour faire cailler le lait. Aparine, autre nom grec de cette plante et qui signifie agrippant, vient de « apairo », je prends.
Un « mai »(bouquet offert, subrepticement, jadis, le 1er mai, aux jeunes filles) de gratteron sur le rebord d’une fenêtre signifie que la jeune fille est constamment demandée en mariage mais fait la difficile et refuse tout le temps.
Pour charmer une belle, les jeunes paysans des États-Unis avaient coutume de se parfumer avec du jus de gaillet.
Le fait que cette plante s’accroche ainsi aux vêtements et même à la peau lui a valu le surnom de « philanthrope ».
Les puritains faisaient porter à même la peau une ceinture de gratteron aux filles qui s’étaient mal tenues en public.
En France, les jeunes filles ne devaient pas jouer à la mariée en s’ornant de guirlandes de gratteron car cela leur aurait porté malheur.

Recettes

Café

On a essayé de remplacer le café en torréfiant des graines de gaillet gratteron.

Teinture

On avait coutume de teindre les oeufs de Pâques avec des teintures végétales dont la racine de gaillet, qui donne un beau rouge.

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