Le M.I.T.

MIT

MIT

Oui, les mauvaises décisions ont été prises en France dès le milieu du XIXe siècle. Au lieu de former des ingénieurs, on a formé des cadres de l’État. Les Américains ont compris avant nous (qui n’avons toujours pas compris) qu’il fallait adapter les formations aux gisements d’emplois.

Le MIT (Massachusetts Institute of Technology), une usine scientifique de formation

Deux géologues irlandais William et Henry Rogers, immigrés aux États-Unis, s’installent à Boston et poursuivent avec acharnement leur idée : ils veulent organiser une éducation scientifique plus rigoureuse et plus pratique, incluant des travaux de laboratoire.
Ils arrivent à leurs fins en 1861 : l’État de Massachusetts fonde le M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology), dont William Rogers sera le premier président. Quatre ans plus tard, le M.I.T. accueille ses premiers élèves pour un enseignement, doublé d’une pratique de la recherche, dans lequel seront associés le pratique et le possible.
Le M.I.T. servira de modèle à toute une nouvelle génération d’écoles indépendantes assurant un enseignement scientifique et technique original et moderne, et sourtout proche des réalités. Il « fera école » non seulement aux États-Unis, mais aussi en Angleterre et en Allemagne. En France, en revanche, jusque dans les années 1880, les grandes écoles servent plus à former des cadres de l’État que des ingénieurs.

L’enseignement supérieur et la recherche en France au XIX ou comment nous avons raté tous les coches!

L’activité scientifique devient phénomène social, le métier de chercheur se professionnalise. Les laboratoires doivent s’équiper et pour couronner ces efforts, la recherche doit diffuser ses résultats aux savants et au public. Les Anglais le comprennent, la multiplication des sociétés savantes et des sociétés pour l’avancement des sciences entretiennent un climat d’échanges favorables à l’innovation; de la même façon, les universités allemandes s’équipent, les laboratoires de recherche se développent, des congrès internationaux sont organisés.
Pendant ce temps, la France va perdre de son rayonnement scientifique par excès de centralisation, par la rigidité de ses programmes d’enseignement, par la place insuffisante de la recherche et l’indigence des équipements, mais aussi par positivisme. Un peu de positivisme favorise le développement de la méthode expérimentale, beaucoup de positivisme empêche l’éclosion de la physique moderne.
Les grandes Écoles françaises forment des cadres de l’État et des directeurs de grandes compagnies (Polytechnique, Centrale), des hommes de lettres et des savants (École normale supérieure), des journalistes et des hommes politiques (École libre des Sciences politiques (1870-71)), mais peu d’industriels et d’hommes d’affaires, malgré la création de l’École des Hautes Études Commerciales par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (1881).
Certes, au Collège de France, au Muséum, à l’École de Médecine des professeurs de renom dispensent un enseignement de prestige, l’Académie des sciences reste un foyer actif, mais les universités s’éveillent trop lentement et le carcan administratif étouffe souvent les recherches originales.
Pourtant, au début du XXe siècle, l’École pratique des hautes études, l’École d’anthropologie sont signes de renouveau et les nouvelles générations de savants comme Curie, Perrin, Langevin ouvrent des voies prometteuses à la recherche française.

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