Ugolin et ses fils de Carpeaux

Ugolin et ses fils - Carpeaux

Ugolin et ses fils – Carpeaux

Un monument épique

« Pour le sculpteur comme pour le musicien, pas de milieu : la vie grâce aux bustes, aux plates figurines, aux romances, aux morceaux, ou la mort s’ils se vouent aux groupes, aux grandes figures, à la symphonie, aux oratorios. Je salue ceux qui luttent contre notre indifférence en matière d’art et nos mesquines tendances, préfèrent l’épique au joli et le terrible au gracieux. M. Carpeaux est un artiste dans la grande acception du mot ; il n’eut pas obtenu le succès mérité auquel ont applaudi tous ses confrères qu’il eut continué la lutte ».« Pour son bas relief d’Ugolin, Carpeaux avait recueilli dans son atelier une famille de paysans pouilleux et déguenillés qui y vivaient, mangeaient et dormaient, le tout à ses frais. » Un reportage en direct pour réaliser un Ugolin qui se mord les mains de rage et de douleur, à la vue de ses enfants mourant de faim. Le bronze commandé par l’état en 1862 figure au salon de 1863. Le groupe réalisé en marbre est très remarqué à l’Exposition universelle de 1867.

Jean-Baptiste Carpeaux

Jean-Baptiste Carpeaux

Carpeaux Jean-Baptiste, sculpteur français
1827 (Valenciennes) – 1875 (Courbevoie)
Carpeaux est issu, comme beaucoup de sculpteurs, d’un milieu pauvre. La petite maison péniblement acquise par ses parents en Californie, doit être vendue pour permettre d’achever son envoi de dernière année de la Villa Medicis !
Prix de Rome grâce à cette générosité, Carpeaux a surtout la chance de rentrer en France à l’heure des grands chantiers impériaux qui vont lui permettre de réaliser son chef-d’œuvre, La Danse destiné à la façade de l’Opéra et d’exprimer ainsi pleinement ses élans d’enthousiasme qui découragent presque ses amis et attirent sur lui la critique.
On lui reproche d’introduire le réalisme dans la sculpture, comme si Rude ne l’avait pas déjà fait et comme si ce n’était pas la vie elle-même qu’il sculptait. En cela, il demeure un artiste romantique glorifiant l’excès :
« Tu me dis que je suis trop enthousiaste, eh caro mio, si je n’avais pas ces transports d’admiration que le public prend pour de l’exagération, je ne ferais rien d’expressif. Cet enthousiasme, c’est mon cri vers le sublime, c’est ma puissance  » avoue-t-il à Foucart le 29 juin 1861, quelques années avant La Danse, quelques années avant sa mort, à l’âge de quarante-huit ans.

1844 : atelier de Rude
1854 : grand prix de Rome
1857-58 : Le Pêcheur à la coquille
1861 : Ugolin et ses enfants
1862 : Buste de la princesse Mathilde
1869 : La Danse
1874 : Les quatre parties du monde, fontaine pour les jardins de l’Observatoire, commandée par le baron Haussmann en 1867

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