La naissance de la Petite Reine

vélocipède Michaux

vélocipède Michaux

D’abord objet de curiosité et signe d’originalité, la bicyclette devient moyen de transport ; elle invite ainsi à l’évasion, au voyage (cyclotourisme, vélo tout terrain). Accessoire de spectacle (cirque) et facteur de santé, elle encourage au sport et à la compétition. Symbole d’innovation, elle est toujours à l’image des progrès techniques de l’époque.

Depuis les essais très raillés du pauvre baron de Drais en 1818, et la folie du hobby-horse en Angleterre, le vélocipède est tombé dans l’oubli.
En 1861, le Français Michaux adapte une pédivelle sur une draisienne, c’est la Michauline. L’Empereur Napoléon III s’y intéresse ; les manèges où l’on prend des leçons de vélocipède font fureur. Au bois de Saint-Cloud, les vélocipédeurs s’essayent aux premières courses, le Paris-Rouen consacre le succès de James Moore à douze km/h de moyenne. « Avec le vélocipède, les troupes françaises mettront moins de dix jours pour atteindre Berlin! ». En attendant, la guerre de 1870 a chassé le vélocipède de France, et ce sont les Anglais qui vont donner au bicycle sa forme définitive : démultiplication, roulement à bille, pneumatiques gonflables. La Reine Victoria sort avec ses dames en tricycle, symbole de la libération de la femme. Pendant ce temps, un polytechnicien remarque avec une imperturbable logique que, « pour aller plus vite, il suffit d’agrandir la roue avant », et voilà le grand-bi des année 1870, l’araignée : quels frissons!
Mais la démultiplication, en ramenant le vélocipède à une taille confortable pour tous, gagnera. Le 28 janvier 1886, le « Véloce-Sport » parle pour la première fois de bicyclette. Devenue populaire, elle va permettre le développement du sport. Équipée de pneumatiques et de rayons en acier, fabriqués selon la technique de tréfilage mise au point pour les filaments des lampes d’Edison, elle ne pèse plus que dix kilos.

Les grandes étapes

Vélocipède Michaux

Vélocipède Michaux

Le vélocipède Michaux
L’essor des chemins de fer n’arrangent pas les affaires des carrossiers comme Pierre Michaux et son fils Ernest. Aussi ont-ils tout le loisir de réparer le vélocipède de Monsieur Brunel.
Cela fait longtemps qu’on ne voit plus de ces draisiennes du début du siècle dont le mode d’emploi est cependant fort simple : « on pose légèrement les pieds sur le terrain, on fait de grands pas en direction parallèle avec les roues. »
Les Michaux se posent tout simplement la question mais « si on faisait des repose-pieds en prolongeant l’essieu de la roue avant… ce serait moins fatiguant…et si on y adaptait un axe coudé ! ».
Muni de cette pédivelle (l’ancêtre de la pédale), le vélocipède ne s’arrêtera plus sur le chemin du succès.

Vélocipède à chaîne Guilmet et Meyer

Vélocipède à chaîne Guilmet et Meyer

Les débuts d’une grande chaîne

« Pour obtenir une plus grande vitesse, il suffit d’établir une multiplication quelconque sur l’axe de la roue motrice, au lieu de continuer à agrandir la roue avant des vélocipèdes ».
L’horloger Guilmet a depuis longtemps une grande habitude de la chaîne et de la multiplication, il propose à son ami le mécanicien Meyer, de construire un « vélocipède » à chaîne.
Cette nouveauté, modèle unique, est exposée en 1869 ; personne ne le remarque et Guilmet meurt pendant la guerre de 1870.
En 1874, l’Anglais Harry Lawson dépose un brevet de chaîne pour bicycle qui sera commercialisé par l’industriel Starley, créateur des premiers modèles de bicycles pratiques, sûrs et appréciés.
En 1886, le vélocipède se popularise et s’appelle bicyclette.

 

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