Claude Bernard et la méthode expérimentale

La leçon de Claude Bernard

La leçon de Claude Bernard

Quelle belle leçon pour le temps présent qui voit les croyances prendre le pas sur les connaissances!

La tête et la main ne doivent pas être séparées
Le fait suggère l’idée, l’idée dirige l’expérience, l’expérience juge l’idée. Claude Bernard adapte la méthode expérimentale à l’étude de la vie et pense que la spontanéité des corps vivants ne s’oppose pas à l’expérimentation et que le procédé expérimental est beaucoup plus dans le but que l’esprit se propose, que dans les moyens dont on fait usage. Le Sénat s’émeut et lance une pétition contre les doctrines matérialistes qui se font jour à la faculté de médecine.
Claude Bernard est traité de vivisecteur ; le commissaire de police, dont il a emprunté le chien pour lui pratiquer une fistule gastrique avec robinet d’argent apparent, s’est chargé d’amplifier cette réputation !L’introduction à l’étude de la médecine expérimentale, publiée en août 1865, devait servir d’introduction à un grand ouvrage plus ambitieux, demeuré inachevé. Claude Bernard y fait un exposé analytique de ce que représente la méthode expérimentale ; il montre dans quelles conditions et avec quelles précautions elle peut être adaptée aux êtres vivants et enfin il donne de nombreux exemples.
Pour la première fois, attitude scientifique et interrogation philosophique sont clairement distinguées, mais englobées dans une même démarche ; chez Claude Bernard, on ne peut dissocier le philosophe du savant ou plutôt le méthodologiste de l’expérimentateur.

Claude Bernard

Claude Bernard

Bernard Claude, physiologiste français
1813 (Saint-Julien) – 1878 (Paris)

Je vous félicite mais croyez moi : en attendant d’être joué par Mlle Mars ou Frédérick Lemaître, prenez une profession lucrative, retournez à votre pharmacie. C’est ainsi que Saint-Marc Girardin accueille le jeune provincial lyonnais de vingt et un ans qui débarque à Paris avec une tragédie, Lucrèce, couronnant une série de vaudevilles. Au lieu de retourner à sa préparation de médicaments, Claude Bernard s’inscrit à la Faculté de Médecine, est reçu interne des hôpitaux en 1839 et entre à l’Hôtel Dieu comme préparateur de Magendie, personnage fort peu commode, empiriste strict qui se sert de ses sens et consigne des observations, mais qui néglige totalement la théorie.
Claude Bernard en tire la leçon qui guide tous ses travaux : la méthode expérimentale ne doit pas être autre chose qu’un raisonnement à l’aide duquel nous soumettons méthodiquement nos idées à l’expérience des faits. L’expérience des faits est justement à l’origine du drame personnel de Claude Bernard. Pour étudier la vie, il faut expérimenter sur la vie, et avec les moyens techniques dont on dispose alors, expérimentation signifie vivisection.
Ses activités de vivisecteur lui valent nombre de reproches et la séparation définitive avec sa femme dont il ne se consolera pas.
Pasteur énumère ainsi les mérites de Claude Bernard: distinction de sa personne, beauté noble de sa physionomie empreinte d’une grande douceur, d’une bonté aimable, séduisant au premier abord ; nul pédantisme, nul travers de savant …
Savant, il l’était, ce législateur de la physiologie. Il combat l’idée de force vitale : Toute manifestation de l’être vivant est un phénomène physiologique et se trouve liée à des conditions physico-chimiques déterminées. Bien loin que les manifestations de l’âme échappent au déterminisme physico-chimique, elles s’y trouvent assujetties étroitement et ne s’en écartent jamais, quelle que soit l’apparence contraire .
Claude Bernard, en précurseur, pressent le rôle du code génétique.
C’est toujours ma vieille idée de refaire des êtres, non par
génération spontanée, comme on l’a rêvé, mais par la répétition
de phénomènes organiques dont la nature garderait le souvenir.
A la mort de Claude Bernard, Paul Bert refuse le lourd fardeau de lui succéder au Collège de France – c’est Charcot qui sera nommé -.

Novembre 1834 : Claude Bernard à Paris
1843 : docteur en médecine
1845 : mariage de Claude Bernard (1857 séparation)
1847 : professeur au Collège de France
1865 : Introduction à l’étude de la médecine expérimentale
1868 : professeur de physiologie comparée au Muséum d’histoire naturelle
1869 : entre à l’Académie française et au Sénat
1867 :Rapport sur les progrès et la marche de la physiologie en
France.
1878 : La Science expérimentale
1879 : Leçons de physiologie opératoire
1880 : Leçons de pathologie expérimentale

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