Herniaire

Herniaire © Secrets de plantes

Herniaire © Secrets de plantes

On trouve l’herniaire, Herniaria glabra, de la famille des Caryophyllaceae, dans presque toute l’Europe, en Asie occidentale et boréale, en Afrique du Nord. Elle est très répandue en France, abondante dans les plaines, rare dans le nord et l’est, absente localement et en région de haute montagne.
C’est une petite plante herbacée des sols sablonneux ; elle aime les champs en friche, les endroits incultes, les pelouses sèches, les chemins jusqu’à 1 600 m d’altitude. Ses tiges couchées, étalées en cercle, ont des feuilles oblongues vert clair, munies de petites stipules membraneuses. Toute la plante est glabre. De mai à septembre, des fleurs sessiles, très petites et réunies en glomérules sont disposées en grappes le long des ramuscules. Sa corolle est verdâtre, de forme rudimentaire, filiforme. Le fruit, recouvert par le calice persistant, est une capsule indéhiscente à une seule  graine.

Usages

On utilise la plante entière, récoltée à la floraison ; elle est plus efficace fraîche.
L’herniaire est avant tout diurétique. Elle était réputée pour réduire et expulser les calculs rénaux, et même les pierres de la vessie.
L’herniaire est utilisée dans certaines maladies de la peau (eczéma, psoriasis) et sa décoction mousseuse sur les plaies indolentes et divers ulcères.

Composition chimique et usages actuels

La plante entière contient :
– des glucides : des oses
– des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C)
– des composés phénoliques constitués de :
. flavonoïdes, principalement :
des flavonols : glucoside de l’isorhamnétine, glucoside de la quercétine, isorhamnétine 3-rutinoside (narcissine) et rutine
. des tanins
. 0,1 à 0,4 % de coumarines simples : 3 % d’herniarine et ombelliférone
– des terpénoïdes : triterpènes dont 11,5 % de saponines : dérivés de l’acide médicagénique, de l’acide gypsogénique et de l’acide 16 alpha-hydroxymédicagénique
– des alcaloïdes : paronychine
– des traces d’huile essentielle
Les flavonoïdes et les saponines contenus dans la plante entière sont responsables de son activité diurétique et dépurative.
Les coumarines confèrent à la plante des propriétés antispasmodiques des voies urinaires.
On attribue également à l’herniaire des vertus antibactériennes et antitussives.

Usages pharmaceutiques
Pour ses effets diurétiques et antispasmodiques, l’utilisation de la plante est recommandée dans les maladies des voies urinaires, des troubles du système respiratoire et dans les cas d’oedèmes.
On a également signalé les effets bénéfiques de la plante dans les catarrhes bronchiques et la tuberculose.
En raison de sa richesse en saponines, l’herniaire est employée dans certaines affections de la peau (eczéma, psoriasis entre autres).

Usages cosmétiques

Ses activités antiseptiques et astringentes font de l’herniaire un actif conseillé dans le soin des peaux grasses à tendance acnéique, l’entretien des cheveux gras et pelliculeux.
La richesse en saponines confère à la plante des vertus détergentes et purifiantes d’où son intérêt dans les produits capillaires pour tous types de cheveux et dans les préparations pour l’hygiène intime.
C’est aussi un ingrédient destiné aux crèmes de massage pour les pieds et les jambes lourdes.

Folklore

Herniara vient de hernie, l’usage en Russie étant de soigner ces accidents par l’application ou la potion de cette plante.
Au XVIe siècle, on vante déjà les vertus diurétiques de l’herniaire ; elle tombe ensuite dans l’oubli pour être ré-accréditée vers 1855.
Montaigne raconte avoir pris deux ou trois fois des « bouillons communs de l’Eringium et de l’Herbe du Turc », par pure politesse pour les dames qui, le sachant atteint de gravelle, lui offraient la moitié de leur potion.

Sources : voir l’article sur l’erysimum

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