Le Sultan avait trop chaud – chap 25

Orchidée © Secrets de plantes

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Azaïra répondit à ce geste, qui pour elle engendrait une terrible angoisse, par un acte de désespoir et d’abandon : elle tomba évanouie.
Alors on s’approcha d’elle et l’on prit soin de lui jeter de l’eau sur la figure pour la faire revenir à elle-même. Sans succès. Elle semblait tombée dans une léthargie dont il était difficile qu’elle sorte aisément.
Razi gardait cependant un doute, car il connaissait bien la forte constitution de sa maîtresse. Il la secoua un peu plus fort. À sa grande surprise, un œil seulement s’ouvrit et se mit à cligner discrètement. Il continua à la secouer, mais moins fort, pour se donner une contenance, puis s’arrêta. Les autres continuaient à l’asperger et à la tapoter doucement. Razi obtint qu’ils cessent, les persuadant qu’elle devait être plus gravement atteinte qu’il n’y paraissait et qu’il valait mieux ne pas la secouer si elle n’était pas sujette à un simple évanouissement.S’approchant d’elle, il lui fit un clin d’oeil qu’Azaïra perçut parfaitement, car elle observait toute la scène à travers ses cils.
Alors Razi la prit dans ses bras comme un enfant qu’il aimait et la conduisit sur un sofa sur lequel il l’allongea. Elle profita de ce court intermède pour lui glisser à l’oreille qu’il fallait absolument qu’elle passe un message urgent à Julien, que par conséquent, il fallait que l’on gagne du temps, à tout prix.
Razi fit tout pour ralentir le déroulement des événements.
– À peine son œil se fermera pour le repos, qu’aussitôt l’insomnie le rouvrira et la fièvre s’emparera de son corps pour ne plus l’abandonner. Faites attention, mes frères de ne pas la condamner en voulant lui apporter des soins qu’elle ne demande pas, puisque sa conscience s’est envolée. Ayez pitié d’un corps choqué par l’émotion et qui doit être protégé le temps qu’il recouvre ses esprits.
Et Razi parlait, parlait pour capter l’attention et faire diversion, se lamentant :
– Il aurait mieux valu pour nous ne pas entrer dans cette cour, même au risque de déplaire au sultan le tout puissant, mieux vaudrait coucher toute l’année sur un tas de terre, loin des bruits de la ville et ne pas connaître tout ce spectacle qui nous chagrine à nous démolir l’épine dorsale.
Quand il fut en possession du message, il desserra l’étau et curieusement Azaïra fut prise de quelques mouvements, sorte de réflexes annonciateurs d’un proche réveil.
Le message allait passer, elle pouvait se réveiller, il ne restait plus qu’à piloter Razi jusqu’à Julien et que celui-ci comprenne bien d’où venait le message.

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