Le Sultan avait trop chaud – chap 26

rosier muscat © Secrets de plantes

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Très lentement, elle développa son long corps souple, ouvrit un œil, puis l’autre. Elle avait l’air choqué, mais ni blessée ni atteinte d’une maladie mystérieuse inconnue du Coran. Elle s’approcha des gardes et très faible, balbutia ces quelques paroles :
– Il m’est parvenu, ô sultan fortuné, que lorsque tous ces jeunes et beaux architectes furent prêts à sacrifier leur vie pour moi, ils se virent chacun le seul et unique gagnant de ce concours terrible et que seule une grande colère de ma part pût les empêcher de faire cette erreur qu’ils risquaient de payer de leur vie. Je n’en ai pas eu la force et la tension trop élevée de mes nerfs m’a fait perdre conscience. Qu’Allah vous protège ! Je ne jure qu’une chose : je rendrai heureux celui que le doigt du prophète désignera pour son amour de l’art et pour sa compétence.Ô grand vizir, je te demande, en digne serviteur de mon très honoré père, de bien vouloir accepter mes excuses. Tu te dois d’être plein de mansuétude et de bonne volonté à mon égard, car tu sais que j’ai toujours obéi à mon père avec amour parce que je le respecte et le vénère, et que tout ce qui concerne le bien du royaume me concerne. Sous tes ordres, je ferai tout ce que tu me demanderas, puisque tu es son bras droit. Sache-le, je serai une fille obéissante ; car tu es le plus considéré et le plus grand du royaume.
Le grand vizir se laissa prendre à la comédie de Azaïra et flatté des excuses publiques qu’elle venait de lui faire, il ne se méfia pas de cette jeune gazelle qu’il savait pure, mais qu’il croyait naïve à l’excès. Il desserra légèrement l’étau, ce qui permit à Razi de s’éloigner et de rejoindre Julien. Il lui remit le parchemin de la part de Azaïra et devant le scepticisme de celui-ci, il lui enjoignit de jeter un regard dans la direction de la princesse. Il la vit de deux coups de paupière confirmer que le message venait bien d’elle et qu’il était de la plus extrême importance.
Alors, dans un état de joie et de félicité extrême, il s’assit tout estourbi sur la première marche que foulait son pied.
Les gardes ramenèrent Azaïra dans ses appartements. Elle devait maintenant être protégée nuit et jour par les sbires du grand vizir. Même Razi, lui aussi, était constamment surveillé.

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