Le Sultan avait trop chaud – chap 28

sultan38Razi exécuta, malgré tout, les consignes du père cruel et fit enfermer Azaïra dans un petit palais où beaucoup auraient aimé vivre, mais dont elle ne pouvait sortir. Le portail tout en marbre rose était surmonté d’une coupole soutenue par des arceaux d’albâtre. Les corridors étaient tendus de tapis et de tentures, et au plafond des lampes colorées étaient suspendues et éclairées, et des flambeaux allumés étaient posés tout le long, de sorte qu’il n’y avait aucun petit coin noir où l’on aurait pu se cacher et ainsi s’échapper à la surveillance des gardes qui commandaient tous les couloirs et salles.
Ces dernières étaient si petites et si merveilleuses qu’il est difficile de les décrire. Au milieu de la chambre à coucher, très simple mais toute tendue de soieries, il y avait un lit en bois de rose recouvert d’une moustiquaire en satin blanc.Telle était la prison de Azaïra, une prison dorée, mais une prison d’où l’oiseau d’Orient ne pourrait s’envoler et où il risquait de s’étioler en voletant de ci de là. Heureusement, elle gardait Razi près d’elle ; c’était dans son malheur un atout primordial et qui prouvait que le sultan n’était pas entièrement cruel.
– Ô mon serviteur bien-aimé et chéri depuis toujours, il faut que demain tu ailles au rendez-vous que nous avons fixé avec le Français dans le souk. Tu iras, n’est-ce pas ? Puis, tu l’emmèneras voir Shamir. Tu te rappelles Shamir, le marchand qui vendait des boissons fraîches. Personne n’a jamais su comment il faisait pour réussir ce miracle par les plus grandes canicules. Tu lui diras que tu viens de ma part et pour qu’il te croie, tu lui montreras ma bague que je te confie. Il se la rappellera, c’est un objet important qui a marqué sa vie. Il me racontait comment il avait ainsi « rafraîchi » le sultan qui régnait avant mon père sans jamais lui livrer son secret malgré les menaces et même un début de mise à la question. Il n’a jamais cédé, il ne voulait pas perdre son fonds de commerce. Il savait bien que sa fortune tenait dans son silence, car le secret une fois lâché, le sultan qui était très cruel lui aurait fait couper la langue pour l’empêcher de parler. Qu’il parle avec Shamir, il l’aidera dans ses projets, j’en suis sûre ; il a une dette envers moi. Il ne peut me refuser ce service. Allez, maintenant, va rendre compte de tes méfaits à ton maître et sultan qui dit m’aimer et n’oublie pas le rendez-vous de demain. Je peux compter sur toi ? Sinon, il ne me reste plus qu’à pleurer si fort que je transformerai ce palais en une fontaine d’eau de mer.
– Ne t’inquiète en rien princesse d’amour, je ferai exactement et scrupuleusement ce que tu m’as dit. Tes désirs sont des ordres. Tu es enfermée sous ma garde ; tu n’es pas abandonnée. Demain, j’y serai.

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