Le Sultan avait trop chaud – chap 30

harem3Julien se promenait dans le souk depuis une heure déjà, cherchant par quelle ruelle pourrait bien apparaître Azaïra. À l’idée de la voir seulement quelques secondes de plus, si jamais elle était en avance, son cœur tressautait d’allégresse et faisait des bonds dans sa poitrine oppressée par l’angoisse de l’attente.
En fait il tournait en rond, car il n’osait pas s’éloigner de peur de la manquer et comme il ne pouvait pas rester en place, il bougeait sans arrêt d’une ruelle à l’autre.
Quand, à trois heures, il ne vit personne, il s’inquiéta doublement et commença à craindre d’avoir mal compris le lieu du rendez-vous. Son inquiétude augmenta vraiment quand un quart d’heure plus tard il ne vit toujours rien, même pas un petit messager pour expliquer le retard de la princesse. L’angoisse atteignit son paroxysme quand apparut Razi, seul.
Celui-ci s’inclina dès l’abord, sans dire un mot, s’assit aux pieds de Julien et commença à les lui masser. Peu à peu, l’angoisse quitta Julien qui se détendit et parvint même à sourire. Il se sentait plus rassuré et un peu calmé.
Alors Razi dit :
– Qu’Allah te protège, jeune seigneur français, je te souhaite également la protection de ton Dieu. Ma maîtresse et reine m’a chargé de plusieurs messages pour toi. Je me suis hâté de venir comme elle me l’a demandé, mais son père m’a fait mander, juste comme je partais et j’ai eu beaucoup de mal après à me débarrasser de l’esclave qu’il a mis à ma suite pour surveiller mes déplacements. Nous avons peu de temps. Il faut agir vite.
À ces mots, il prit Julien dans ses bras pour lui transmettre l’affection de Azaïra, puis il l’entraîna dans les ruelles sombres du souk à la recherche du vieux Shamir, le vénérable vieillard, ami de Azaïra.
Alors ils s’arrêtèrent à la boutique d’un jeune marchand de soieries que tout le monde recommandait pour la qualité de ses étoffes et que Azaïra connaissait depuis longtemps. C’était un jeune garçon qui à la mort de son père avait hérité de beaucoup d’argent et de richesses et qui courtisait Azaïra depuis qu’elle avait quatorze ans. Sans succès, car le sultan n’en voulait pas et Azaïra le préférait comme ami. Razi dit :
– Fais voir ce que tu as de mieux et de plus cher, parmi toutes tes étoffes, car c’est pour un ami très aimé.
Et tout en disant ces paroles, il ajouta, mais plus bas :
– Sais-tu où est Shamir, voilà plusieurs mois que je ne l’ai vu.
Le jeune marchand se mit à déployer de belles étoffes et, sur le dessin de l’une d’entre elles, expliqua à  Razi où se trouvait l’échoppe du vieillard. Ce n’était pas loin. Il confia à l’eunuque un foulard en soie indienne à offrir à sa maîtresse, Azaïra.
En quelques instants, ils rejoignirent la rue indiquée ; ils marchèrent ainsi jusqu’à atteindre une rue large et bien arrosée et où la brise fraîche jouait parmi les soieries et les tentures. Mais la boutique, bien qu’il ne fut pas encore tard dans l’après-midi, avait le rideau baissé.

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